Covid-19 : la Moselle dans le viseur de Berlin

 |  | 1000 mots
Lecture 5 min.
Les 16.000 travailleurs français, qui se rendent chaque jour en Allemagne, devront présenter un test PCR négatif de moins de 24 heures pour passer la frontière franco-allemande.
Les 16.000 travailleurs français, qui se rendent chaque jour en Allemagne, devront présenter un test PCR négatif de moins de 24 heures pour passer la frontière franco-allemande. (Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)
Berlin a décidé de classer à partir de lundi soir le département de la Moselle en zone à risque maximale en raison de la circulation de variants du Covid-19. Cette mesure pourrait entraîner la fermeture de la frontière pour les 16.000 travailleurs français qui se rendent chaque jour en Allemagne.

L'Allemagne a décidé de classer à partir de lundi soir le département français de la Moselle en zone à risque maximale en raison de la circulation de variants du Covid-19, ce qui va se traduire par un durcissement des contrôles à la frontière, rapporte la radio France Bleu Lorraine. Cette mesure, qui s'applique aussi au Tyrol autrichien et à la République tchèque, pourrait entraîner la fermeture de la frontière pour les 16.000 travailleurs français qui se rendent chaque jour en Allemagne s'ils ne présentent pas un test PCR négatif de moins de 24 heures.

Une décision "unilatérale" et "brutale"

Le président de la région Grand-Est, Jean Rottner, a confirmé dimanche sur France Info que Berlin avait informé Paris de son intention, tout en précisant que d'intenses négociations se poursuivaient pour trouver une solution pour les travailleurs frontaliers. Déplorant une décision "unilatérale" et "brutale", l'ancien médecin urgentiste a notamment émis le souhait que des solutions alternatives au test PCR soient acceptées par les autorités de Berlin, comme les tests antigéniques ou les tests salivaires qui ne sont pas validés pour le moment en Allemagne.

"Nous ne souhaitons pas nous retrouver dans la situation de la Tchéquie et de l'Autriche dont les frontières ont été fermées de manière physique", a souligné Jean Rottner.

Le Premier ministre français, Jean Castex, a annoncé jeudi que la Moselle, un des 20 départements placés sous surveillance, comptait 60% de cas de variant sud-africain, plus contagieux et potentiellement plus résistant aux vaccins, un chiffre qui inquiète à Paris comme à Berlin.

Contrôles aux frontières avec Vienne et Prague

L'Allemagne avait justifié le 15 février sa décision d'imposer des contrôles à ses frontières avec la République tchèque et l'Autriche et défendu un prolongement du confinement face aux entreprises qui réclament une feuille de route pour la levée des mesures sanitaires. Imposés le 14 février, ces contrôles ont été présentés comme inévitables en raison de l'augmentation du taux d'incidence en République tchèque et au Tyrol autrichien. Ils ont suscité des protestations en Autriche, qui s'inquiète que d'éventuelles perturbations de la chaîne d'approvisionnement nuisent à son industrie manufacturière.

"Nous avons été contraints de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher les variants du virus (...) de se propager aussi rapidement en Allemagne qu'ils le font malheureusement dans les pays voisins", a déclaré lors d'une conférence de presse Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel. "Un retour à la normale est dans l'intérêt de tous", a-t-il ajouté.

L'Autriche, qui a jugé ces contrôles aux frontières de "disproportionnés" et d'"inacceptables", a convoqué l'ambassadeur d'Allemagne au ministère des Affaires étrangères à Vienne afin de discuter de la situation. Les constructeurs allemands craignent que les contrôles n'entravent l'assemblage d'automobiles à partir de pièces importées d'Europe de l'Est, mais BMW, Volkswagen et Audi ont indiqué lundi ne pas avoir été affectés jusqu'à présent. La pression des entreprises en faveur de la réouverture de l'économie s'accroît néanmoins sur le gouvernement.

Aucune date limite

Mi-février, le Land allemand de Bavière n'a fixé aucune date limite pour les nouveaux contrôles imposés aux personnes arrivant de République tchèque et du Tyrol autrichien, entrés en vigueur le 14 février pour tenter de prévenir la propagation de variants du coronavirus, a déclaré son ministre-président, Markus Söder. Il a jugé, lors d'une conférence de presse à Schirnding, à la frontière tchèque, que les régions frontalières concernées n'avaient pas pris les décisions adéquates pour endiguer l'épidémie. "Les mesures resteront en vigueur aussi longtemps que nécessaire", a-t-il dit. "Le régime d'entrée sera très strict."

La Bavière autorise l'entrée sur son sol de conducteurs de poids lourds, de ressortissants allemands et de travailleurs frontaliers à condition qu'ils puissent présenter un test de détection du coronavirus négatif ou se soumettent à un test dont le résultat est négatif. Dans tous les autres cas, l'entrée en Bavière est impossible. Ces mesures avaient été présentées comme inévitables en raison de l'augmentation du taux d'incidence en République tchèque et au Tyrol autrichien.

Le Covid-19 gagne à nouveau du terrain en France

La France a quant à elle enregistré 186 nouveaux décès liés au coronavirus en l'espace de 24 heures, selon les données communiquées samedi par Santé publique France, qui fait état d'un bilan total de 86.332 morts causés dans le pays par l'épidémie. Le nombre de nouvelles contaminations en 24 heures s'élève à 23.996, contre 25.207 vendredi. Le coronavirus gagne de nouveau du terrain en France notamment en raison de la présence de variants du virus.

Les villes de Nice et Dunkerque, particulièrement touchées par l'épidémie de Covid-19, sont soumises à un confinement depuis vendredi soir 18h00. Jusqu'à lundi à 06h00, les déplacements non justifiés par un motif dérogatoire sont interdits. Les deux métropoles seront de nouveaux confinées le week-end prochain aux mêmes horaires, du 5 au 8 mars. Vingt départements, dont Paris, sont sous surveillance renforcée en raison d'une situation épidémiologique et hospitalière inquiétante, a annoncé jeudi le Premier ministre Jean Castex, qui s'est entretenu samedi matin avec les préfets concernés.

En Allemagne, le nombre de cas confirmés de contamination au coronavirus a grimpé à 2.442.336, soit 7.890 cas de plus que la veille, selon les données rapportées dimanche par l'Institut Robert Koch (RKI) pour les maladies infectieuses. L'institut fait aussi état de 157 décès supplémentaires, ce qui porte le total à 70.045 morts depuis le début de l'épidémie dans le pays.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/03/2021 à 10:12 :
"En Allemagne, le nombre de cas confirmés de contamination au coronavirus a grimpé à 2.442.336, soit 7.890 cas de plus que la veille"

Bof, comme ici, 99,9% n'ont rien à part rester 7 jours chez soi avec du paracétamol ,et hop terminé.Nous avons l'exemple ici de Macron, sa femme ou Lemaire par exemple ,7 jours chez eux et ...plus rien.
a écrit le 28/02/2021 à 20:16 :
Soit les travailleurs transfrontaliers ne transmettent pas le virus (et il faudra nous expliquer pourquoi), et ils n'ont donc pas besoin de test contrairement aux autres citoyens. Soit ils sont comme tous les autres citoyens, transmettant le virus et doivent donc être soumis aux mêmes tests : mais pas seulement pour certaines régions ou certaines villes, pour tout le territoire national puisqu'il n'y a pas d'interdictions de circuler sur le territoire national. Ou alors, c'est que les mesures sanitaires allemandes répondent à d'autres considérations que sanitaires...
a écrit le 28/02/2021 à 19:44 :
Contrairement à ce que pensait le masque n.est pas obligatoire sur tout le territoire français,dans certains départements ,il n’y a que les centres villes des grandes villes où il est obligatoire. Commençons par le rendre obligatoire sur tout le territoire français,et nous verrons l’evolution de l’epidemie
a écrit le 28/02/2021 à 19:12 :
Ben c'est qu'ils ont un bon paquet de vieux les allemands.
a écrit le 28/02/2021 à 14:57 :
La mobilité humaine est le premier facteur de propagation du virus. Donc soit le virus est dangereux et on casse la mobilité, soit on maintient la mobilité et on cesse : confinements, couvre feux, amendes, masques obligatoires, ... Marre d'être enfermé parce que les élites veulent voyager/faire du fric et accuser le peuple de non respect des mesures sanitaires choisies/décidées
a écrit le 28/02/2021 à 12:19 :
C’est dommage de mettre une photo de Dunkerque (la place Jean Bart) pour nous parler de la Moselle !
a écrit le 28/02/2021 à 11:52 :
INHUMANITÉ. Forum Économique Mondial de K.Schwab le géniteur avec T Malleret de "Covid 19 The Great Reset" s'est carrément réjoui par tweet que «les confinements améliorent tranquillement les villes du monde entier», avec vidéo montrant rues désertes, usines vides, avions au sol. Tweet vite supprimé au vu du scandale. F Asselineau ce jour..
a écrit le 28/02/2021 à 11:29 :
la France cherche a gagner du temps et faire oublier un échec probable

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :