Crise grecque : Merkel accueille Tsipras à Berlin

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L'annonce de ce déplacement en Allemagne peut sonner comme une volonté d'apaisement de la part des deux dirigeants.
L'annonce de ce déplacement en Allemagne peut sonner comme une volonté d'apaisement de la part des deux dirigeants. (Crédits : REUTERS/Francois Lenoir)
Il s'agit de la première visite officielle du chef de gouvernement grec en Allemagne. Ce lundi, Alexis Tsipras doit rencontrer Angela Merkel dans ses quartiers. Pour apaiser les relations entre les deux pays ?

| Article publié le 16 mars à 17h54, mis à jour le 23 mars à 10h46.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras se rend lundi 23 mars à Berlin pour sa première visite en Allemagne depuis son arrivée au pouvoir. Selon un communiqué du cabinet du Premier ministre publié le 16 mars, le chef du gouvernement grec a répondu positivement à l'invitation de la chancelière allemande, dans un contexte de tensions diplomatiques entre les deux pays.

La chancelière, qui a déjà rencontré son homologue en fin de semaine lors d'un mini-sommet à Bruxelles, a affirmé "se réjouir" de sa venue et dit souhaiter poursuivre leurs échanges "avec l'idée que les divergences d'opinion peuvent se muer en convergence".

"C'est important car nous pourrons ainsi discuter de sujets qui mettent à mal l'Europe, ainsi que de l'amélioration des relations entre nos deux pays", a affirmé de son côté dimanche au quotidien grec Kathimerini, Alexis Tsipras, se disant heureux d'une "rencontre qui ne se fera pas sous la pression d'une quelconque négociation".

L'annonce de ce déplacement en Allemagne peut sonner comme une volonté d'apaisement de la part des deux dirigeants. Depuis début mars, la guerre des mots n'a cessé de s'amplifier entre Athènes et Berlin sur fond d'âpres négociations européennes quant au programme économique du gouvernement de gauche radicale Syriza.

Antagonisme accru

La Grèce veut s'affranchir des mesures d'austérité qui accompagnent l'aide financière de ses partenaires de la zone euro, alors que ces derniers, Allemagne en tête, sont réticents à relâcher la pression sur le pays.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras a d'ailleurs accru l'antagonisme avec Berlin en ravivant le sujet des réparations de guerre dues selon lui par l'Allemagne à la Grèce. Plusieurs dirigeants grecs ont pris à partie les responsables politiques allemands, et notamment le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, accusé de mener la ligne dure contre la Grèce parmi les pays de la zone euro.

Lire aussi : L'Allemagne doit-elle vraiment des réparations de guerre à la Grèce ?

L'aide financière suspendue aux réformes

Dans une interview lundi, Alexis Tsipras lui-même a mis en cause, sans les nommer, les "forces qui préfèreraient l'affrontement pour permettre la poursuite de l'austérité et qui, pour cette raison, bloquent l'application de l'accord du 20 février", accord qui a décidé de la poursuite de l'aide financière à la Grèce.

Mais le versement d'une tranche de 7,2 milliards d'euros d'aide internationale qui matérialiserait la poursuite de cette aide est suspendu à la mise en oeuvre par le gouvernement Tsipras de réformes concrètes. La Grèce fait face à un calendrier serré d'obligations financières qui rendent sa situation précaire sans apport de liquidités.

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Commentaires
a écrit le 23/03/2015 à 19:16 :
C'est triste à dire, mais ... Les Grecs se sont faits considérés chez.
a écrit le 23/03/2015 à 16:11 :
Si l'on me coupe les deux mains, il me serait difficile de travailler pour rembourser!
a écrit le 23/03/2015 à 12:52 :
Aucune chance que les grecs remboursent leurs dettes existantes. Arrêtons les frais, cela va coûter chère à l'Europe ainsi qu'aux citoyens payant des impôts.
Je suis les Allemands sur cette politique de fermeté vis à vis des grecs.
a écrit le 23/03/2015 à 11:00 :
avant sa visite il a bien pris soin d'envoyer une lettre expliquant qu'il ne pourrait pas tenir ses echeances, et que c'est la faute de la bce qui refuse de lui preter ( l'argent dont il a deja dit qu'il n'allait pas le rembourser!!!)
les grecs auront la satisfaction de finir en faillite grace au gouvernement qu'ils ont democratiquement choisi, et ca au moins c'est rassurant ;-)
a écrit le 17/03/2015 à 10:51 :
Délit d'entente...Est-ce que cela existe? Aucune chance n'est laissée au gouvernement démocratiquement élu de M TSIPRAS, pour appliquer un programme de réformes par certains aspects novateur . C'est l'entente de l'eurogroupe pour tuer dans l'œuf ce qui émerge en Grèce, l'affranchissement d'une tutelle autocratique et la mise en responsabilité d'un peuple qui deviendra citoyen. Si la Grèce gagnait la bataille, imaginez la déroute de l'eurogroupe qui depuis 7 ans et plus...met les pays de l'Europe sous la coupe de ces théoriciens absolutistes qui assèchent l'initiative et bureaucratisent à marche forcée. Je ne sais si l'entente de l'eurogroupe pour mettre à mort la coalition SYRIZA l'emportera, mais l'histoire nous enseigne que même en détruisant un gouvernement l'on ne résout pas pour autant la destinée des peuples, et un jour ou l'autre, les peuples finissent TOUJOURS par émerger et les ententes par se désunir.
Réponse de le 17/03/2015 à 12:33 :
@Délit..: 1) le parti de la Cerise est allié à l'extrême droite, car il n'a pas la majorité absolue pour gouverner. Cela ne manquera pas de poser de gros problèmes prochainement. 2) Parler d'entente avec un pays qui ne respecte pas ses engagements relève de la farce, non :-)
Réponse de le 23/03/2015 à 12:14 :
@patrickb
Le petit parti allié de SYRIZA est certes de droite mais pas d' extrême droite et à toujours contesté le dictateur de la troïka . Par contre le parti LAOS qu' à participé au gouvernement de Papadimos en 2012(suite à la démission forcée de Papandreou) était bien issu de l' extrême droite. Je ne vous ai pas entendu de vous lamenter. Discréditer Syriza parce que gouverne avec un parti que n' aucune casserole derrière son dos n'est pas justifié.
Concernant qui des Grecs ou de l' Eurogroupe ne tient pas sa parole, je vous invite que quand vous attendez des infos prenez de temps de réfléchir. Vous donnez l'image d'un fondamentaliste dogmatique qui a mis à l' écart l'analyse et le respect de l' autrui.
Réponse de le 23/03/2015 à 16:17 :
@ Patrickb:"Cela ne manquera pas de poser de gros problèmes prochainement."
Leur histoire le démontre, les grecs (même les plus antagonistes d'entre eux) réussisent toujours à s'unire face à ce qu'ils considèrent comme un adversaire ou une menace extérieur. On ne peux pas en dire autant des français.... peu importe la période historique chosie.

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