Dispositifs médicaux : Pékin ferme son marché public aux entreprises européennes
latribune.fr
L'Union européenne estime que ses marchés publics sont ouverts à 95 % à la concurrence internationale, tandis que les entreprises européennes rencontrent encore de nombreuses entraves en Chine.
Dado Ruvic
En réponse aux restrictions imposées fin juin par Bruxelles, la Chine annonce l'exclusion des entreprises européennes des appels d'offres publics portant sur certains dispositifs médicaux. Une escalade qui reflète la crispation commerciale croissante entre les deux blocs.
La Chine contre-attaque. Dans un communiqué publié dimanche, le ministère chinois des Finances a indiqué que les entreprises de l'Union européenne ne seraient plus autorisées à participer aux appels d'offres publics s pour l'achat de dispositifs médicaux dépassant un budget de 45 millions de yuans, soit environ 5,3 millions d'euros.
La mesure, entrée en vigueur immédiatement, couvre une vaste gamme de produits, des instruments chirurgicaux aux prothèses, en passant par les équipements d'imagerie et de diagnostic. Elle s'applique à l'ensemble des entreprises européennes, à l'exception de celles disposant d'une implantation directe en Chine. Par ailleurs, dans les offres émanant de pays tiers, la part des produits importés de l'UE ne devra pas excéder 50 % du montant total.
Selon Pékin, cette décision constitue une réponse directe aux restrictions décidées par la Commission européenne le 20 juin dernier. Bruxelles avait alors limité l'accès de plusieurs entreprises chinoises aux appels d'offres dans le secteur de la santé, invoquant un manque de réciprocité dans l'ouverture des marchés publics.
Pékin «contraint de prendre des mesures de restriction réciproques ».
Dans un communiqué distinct, le ministère chinois du Commerce a expliqué que Pékin avait « exprimé à plusieurs reprises, par le biais du dialogue bilatéral, sa volonté de résoudre de manière appropriée ces différends à travers des consultations, le dialogue et des arrangements bilatéraux dans le domaine des achats publics ». Mais, ajoute-t-il, « malgré la bonne volonté et la sincérité manifestées par la Chine, la partie européenne a souhaité persister dans cette voie, en prenant des mesures restrictives et en érigeant de nouvelles barrières protectionnistes ». Pékin estime dès lors avoir été « contraint de prendre des mesures de restriction réciproques ».
Cette montée de tensions s'inscrit dans un contexte plus large de crispation entre Bruxelles et Pékin. Depuis trois ans, les conflits commerciaux se multiplient dans plusieurs secteurs stratégiques : véhicules électriques, industrie ferroviaire, panneaux solaires ou encore éoliennes.
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En avril 2024, la Commission avait lancé une enquête sur les pratiques discriminatoires présumées de la Chine dans ses marchés publics de dispositifs médicaux. Il s'agissait d'une première mise en œuvre du nouveau règlement européen sur l'accès des entreprises européennes aux marchés étrangers, adopté en 2022 pour corriger les déséquilibres.
L'Union européenne estime que ses marchés publics sont ouverts à 95 % à la concurrence internationale, tandis que les entreprises européennes rencontrent encore de nombreuses entraves en Chine. Pékin, en durcissant sa position, semble vouloir rappeler qu'elle dispose d'instruments de pression comparables.