En Espagne, l’inflation ralentit pour le cinquième mois consécutif
latribune.fr

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez tente de réduire l'inflation dans son pays.
JON NAZCA
latribune.fr

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez tente de réduire l'inflation dans son pays.
JON NAZCA
La hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne et le soutien des gouvernement aurait-il déjà une influence sur l'inflation? C'est ce que laisse penser les derniers chiffres de l'Institut des statistiques (INE) espagnol publiés ce vendredi qui estime à 5,8% la hausse des prix sur un an en décembre.
L'inflation a continué de ralentir dans la péninsule en décembre puisque le pays connaissait une hausse de 6,8% en novembre, après un pic de 10,8% atteint en juillet, qui constituait un record depuis le début des séries statistiques il y a quelque 38 ans. Si le chiffre de décembre est confirmé le mois prochain par l'INE, il marquerait une chute spectaculaire de cinq points par rapport à juillet et la cinquième baisse mensuelle d'affilée. Pour rappel, le taux d'inflation de novembre en France, s'est établi à +6,2%, quand il était de 11,3% en Allemagne, et à 10,7% en Angleterre. Tous ces pays connaissent un léger recul des hausses de prix depuis l'été. Outre-Atlantique, les prix se sont aussi stabilisés à +5,8% sur un an en novembre d'après l'indice PCE et à 7,1% selon l'indice CPI.
L'indice des prix à la consommation de l'INE n'est pas la seule source pour mesurer l'inflation. Celui des prix à la consommation harmonisé (IPCA), qui permet les comparaisons avec les autres pays de la zone euro, s'est établi en décembre à 5,6%, soit « plus d'un point de moins que celle enregistrée le mois antérieur », souligne l'INE, aussi en charge de calculer cet indice. En revanche, l'inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte de certains prix -comme ceux de l'énergie- et est corrigée des variations saisonnières, a subi une nouvelle augmentation pour atteindre 6,9% sur un an (contre 6,3% en novembre, où elle avait déjà augmenté de 0,1 point).
Dans son communiqué, l'INE explique la nouvelle baisse par le fait que les tarifs de l'électricité ont augmenté « moins qu'en décembre 2021 » et que les prix des carburants « enregistrent une baisse supérieure » à celle du mois correspondant de l'année passée. En revanche, les prix ont moins diminué qu'en décembre 2021 dans le secteur des vêtements et des chaussures, alors que ceux des aliments transformés et du tabac ont augmenté, sans que le montant de la hausse soit précisé.
Le gouvernement espagnol a annoncé mardi 27 décembre des mesures pour aider les ménages les plus modestes à faire face à la hausse continue des prix des produits alimentaires. Le gouvernement de Pedro Sanchez a adopté l'annulation de la TVA sur les denrées de première nécessité et la diminution de moitié pour l'huile et les pâtes (de 10% à 5%). « La TVA baissera de 4% à 0% pour toutes les denrées de première nécessité », a précisé le Premier ministre en conférence de presse. Il a aussi a décidé d'accorder une aide de 200 euros versée une fois aux familles dont les revenus n'excèdent pas 27.000 euros par an, afin de « compenser la hausse des prix des produits alimentaires », a-t-il ajouté. Ces deux mesures coûteront 10 milliards d'euros à l'Etat ce qui porte à 45 milliards d'euros le total des mesures prises cette année par le gouvernement.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour combattre la hausse généralisée des prix, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé les taux directeurs de 250 points de base depuis juillet. Le ralentissement de l'inflation dans la zone euro a poussé la BCE à augmenter jeudi 15 décembre ses taux directeurs de 0,5 point de pourcentage, contre 0,75 point en septembre et octobre. Le taux rémunérant les liquidités bancaires non distribuées en crédit (sous 0% il y a un an) remonte ainsi à 2%, et celui sur les opérations de refinancement à court terme à 2,50%, au plus haut depuis fin 2008, a détaillé dans un communiqué la BCE.
Ce ralentissement important en décembre pour l'Espagne laisse augurer une victoire des politiques monétaires et budgétaires contre la hausse des prix. Dans ses prévisions publiées en septembre 2022, la Banque de France prévoit un taux d'inflation de 5,8 % pour 2022, après 2,1 % en 2021, et 0,5 % en 2020, dans l'Hexagone. Pour 2023, les projections font état d'un indice des prix à la consommation harmonisé dont la hausse serait comprise entre 4,2 % et 6,9 %. La probabilité que le pic d'inflation ait été atteint apparaît donc plus forte que la probabilité d'une poursuite de la hausse des prix ces prochains mois.
Une hypothèse confirmée par les économistes Fabien Tripier et Aymeric Ortmans dans une récente note publiée pour le Centre Pour la Recherche Economique et ses Applications (Cepremap). « Selon nos estimations, il y a 10% de chance que l'inflation dépasse 5,8 % entre octobre 2022 et septembre 2023 », indiquent-ils.
Mais la Banque centrale européenne reste prudente sur ces prédictions. « J'aimerais voir l'inflation avoir culminé en octobre mais je pense qu'il y a trop d'incertitudes » pour supposer que c'est le cas, a déclaré la présidente de la BCE, le 29 novembre. Mais, d'après elle, les « meilleurs économistes (au sein de la BCE) » voient encore le risque d'une inflation « en hausse », en 2023.
À lire également
(Avec AFP)
latribune.fr
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?
Japon, États-Unis, Europe… Les pays où le nombre de millionnaires a le plus augmenté en 2025