Les taux de la Banque centrale européenne sont encore « loin » d'un niveau qui « aidera à ramener l'inflation à 2% », a affirmé la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, jeudi après que l'institution monétaire a annoncé une hausse de ses taux directeurs de 75 points de base. En d'autres termes, ce deuxième resserrement monétaire, après un premier de 50 points en juillet, ne sera pas le dernier pour atteindre ce niveau de 2%, synonyme de stabilité des prix pour assurer l'équilibre de l'économie, la principale mission de la BCE. Un niveau retenu il y a une vingtaine d'années par plusieurs banques centrales du monde qui assure une marge de protection contre la déflation, impossible à tenir si la cible était à zéro.
Jusqu'où ira donc la BCE dans la hausse des taux d'intérêt pour atteindre ce niveau de 2% ? Christine Lagarde, la présidente de la banque centrale européenne est restée vague. Car, ces hausses ne sont pas sans conséquence. Au regard de son impact sur l'activité économique, ce durcissement pourrait provoquer une récession d'autant plus douloureuse pour l'économie européenne qu'elle subit de plein fouet la hausse des prix de l'énergie depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.
Pour Patrick Artus, conseiller économique chez Natixis, trois scénarios se présentent à la BCE. Le premier, celui d'un retour à une inflation à 2% sans aucune autre intervention sur les taux, apparaît aujourd'hui bien peu réalisable tant la hausse des prix atteint chaque mois de nouveaux records. En août dernier, elle se situait à 9,1% sur un an contre 8,9% en juillet dans la zone euro (les 19 pays ayant adopté la monnaie unique). Selon l'économiste, la barre des 10% devrait être atteinte début 2023 avant de diminuer à 5% à la fin de la même année grâce à une baisse des prix de l'énergie, soit une inflation moyenne sur l'année aux alentours de 7,5%.