En Grèce, malgré l'accord, les banques restent closes

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Face aux risques d'échec des négociations entre le gouvernement grec et ses partenaires, la BCE avait décidé le 6 juillet de maintenir ces crédits d'urgence au même niveau, tout en durcissant les conditions d'octroi pour tenir compte de la dégradation de la situation en Grèce.
Face aux risques d'échec des négociations entre le gouvernement grec et ses partenaires, la BCE avait décidé le 6 juillet de maintenir ces crédits d'urgence au même niveau, tout en durcissant les conditions d'octroi pour tenir compte de la dégradation de la situation en Grèce. (Crédits : © Wolfgang Rattay / Reuters)
Les 19 pays de la zone euro sont parvenus à un accord pour un troisième plan d'aide à la Grèce, mais la BCE maintiendra le plafond de son mécanisme de fourniture de liquidités d'urgence (ELA) aux banques grecques. En Grèce, le contrôle des capitaux et les retraits bancaires plafonnés à 60 euros par jour sont donc maintenus.

Certes, la perspective d'un "Grexit" s'est éloignée ce matin avec l'annonce d'un accord européen... Pour autant, l'amélioration de la situation économique du pays, au bord de l'asphyxie, n'est pas encore à l'ordre du jour. La Banque centrale européenne a fait savoir qu'elle maintenait à son niveau actuel le plafond de son aide à la liquidité d'urgence.

Une annonce dont les conséquences n'ont pas tardé. Dans la foulée, le ministre adjoint des Finances grec, Dimitris Mardas et les directeurs des principales banques grecques ont  fait savoir que le contrôle des capitaux et la fermeture des banques étaient maintenus. Il faudra attendre ce soir pour que cette durée soit précisée par décret, alors que le pays a obtenu - avec de lourds compromis - un accord pour un troisième plan d'aide sur trois ans. Deux responsables du secteur bancaire grec ont néanmoins rapporté à Reuters que "l'objectif est de rouvrir les agences jeudi".

Le pays est donc une fois encore contraint à l'attente... d'une nouvelle annonce. Depuis le 29 juin, les portes des établissements bancaires grecs sont closes, et les Grecs sont contraints à un plafond de retrait de 60 euros par jour et par personne. Les virements effectués depuis la Grèce sont soumis aux contrôles des capitaux. Cette situation paralyse l'économie. En plus des retraits rationnés, les entreprises sont nombreuses à ne pas pouvoir payer leurs fournisseurs. Quant aux particuliers, ils n'ont plus accès à certains services de paiement en ligne à l'instar de Amazon ou iTunes.

La Grèce sous perfusion

Il y a tout juste une semaine, le 6 juillet, la BCE avait fait savoir qu'elle durcissait le ton sur les conditions d'octroi de ces aides. Dans un communiqué, elle assure qu'il n'est pas question de relever le plafond d'aide décidé le 26 juin, qui s'élève à environ 89 milliards d'euros. La Banque de Grèce avait pourtant demandé une augmentation de 3 milliards d'euros.

"L'ELA peut seulement être octroyé en échange de collatéraux suffisants", indiquait la BCE le 6 juillet dans un communiqué.

Pour autant, l'aide a bien été maintenue pour éviter à la Grèce de sombrer. Il faut dire que les établissements bancaires grecs sont dépendants de cette aide d'urgence, ultime moyen pour obtenir de l'argent frais. Son plafond a été relevé à plusieurs reprises au mois de juin. Et pas moins de 16 fois en cinq mois ! Face à l'incertitude qui menace le pays, ces multiples relèvements de l'aide aux banques grecques sont devenus indispensables.

A Francfort, des sources bancaires avaient auparavant laissé entendre que le plafond de l'ELA serait maintenu jusqu'à ce que le pays adopte les lois nécessaires à la mise en oeuvre des réformes exigées par les créanciers de la Grèce en échange d'une aide financière. Désormais, l'institution de Francfort attend que "l'accord soit sécurisé", autrement dit qu'il soit approuvé par les différents parlements européens dans la semaine.

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Commentaires
a écrit le 14/07/2015 à 21:30 :
Donc si je comprens bien Dragi avec la BCE, c'est a dire notre argent fait de la politique.
Il s'imisse donc dans la politique grecque, fera t-il de méme avec l'Espagne l'Italie ou la Françe (comme l'aurais si bien dit Coluche, a partir de maintenant vous jouez avec votre argent). Lamentable cette Europe !!
a écrit le 14/07/2015 à 7:46 :
C'est Varoufakis qui a raison ils vont tuer la Grèce a petits feux le supplice de la goutte d'eau. Tsipras avec cet accord n'a plus aucun joker dans sa manche.
Cet entétement a vouloir rester dans la zone Euro a n'importe quel prix a quelque chose de sectaire a la limite du malsain, attendons la suite.........

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