Face à la Chine, l’Union européenne se divise sur la ligne économique à adopter
Paul Marion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'ursula von der leyen
YVES HERMAN
Paul Marion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'ursula von der leyen
YVES HERMAN
« Un partenaire, un concurrent stratégique et un rival systémique ». Telle est la manière dont la Commission européenne qualifiait la Chine dans un document paru en mars 2019. Cette feuille de route fut suivie d'un renforcement des règles commerciales de l'UE avec les pays tiers, ciblé sur Pékin et ses entreprises sans les nommer. Parmi cette panoplie dite « d'instruments autonomes » : contrôle de l'origine des investissements dans l'UE, vérification du bilan carbone des marchandises importées, la nomination d'un procureur commercial, réciprocité dans l'accès aux marchés publics à l'étranger. Autant de mesures concrètes. Trois ans plus tard, la plupart d'entre elles sont encore restées lettre morte.
« Il y a déjà eu beaucoup de textes législatifs produits par l'Union européenne sur les instruments autonomes qui visent les investissements et les produits chinois. Ces outils paraissent pertinents mais le défi est de réussir à les appliquer en mettant des moyens importants. Leur efficacité reste à prouver », lance Sébastien Jean, professeur d'économie au CNAM et spécialiste du commerce international. Si retard à l'allumage il y a, c'est que le cap n'est pas si clair.
À lire également
Loin des Etats-Unis qui revendiquent de se découpler de l'économie chinoise, notamment pour les technologies et les matières premières, l'Union européenne esquisse une doctrine économique plus subtile et moins offensive. A l'image de ce triptyque « concurrent, rival, partenaire » qui montre que l'ex-Empire du Milieu est aussi incontournable que menaçant pour les Européens.
Paul Marion