Grabuge au Labour : Corbyn veut un "accès total" au marché unique après le Brexit
Franck Brucker

Le parti travailliste israelien rompt avec corbyn
Hannah Mckay
Franck Brucker

Le parti travailliste israelien rompt avec corbyn
Hannah Mckay
L'information a fait la Une du Times mercredi. Jeremy Corbyn, le chef de file du Parti travailliste (Labour) et son équipe dirigeante aurait l'intention de voter, la semaine prochaine, une motion appelant à un "accès total" de la Grande-Bretagne au marché unique de l'Union européenne et à des "institutions et réglementations communes" avec Bruxelles. Cette initiative devrait ainsi faire l'objet d'un amendement au projet de loi sur le retrait des Britanniques de l'UE qui sera à nouveau débattu par la Chambre des communes le 12 juin prochain.
Pour certains observateurs, il s'agirait d'une tentative - la plus forte jusqu'à présent -, du Labour pour obtenir le Brexit le plus "doux" possible. Mais c'est aussi (et surtout) un moyen d'unir le parti travailliste, depuis toujours divisé sur le Brexit. Et cela semble mal engagé : mercredi, le camp pro-UE du Labour a aussitôt rejeté la motion et a averti qu'il défierait les instructions de vote. Mais comment en sont-ils arrivés là ?
D'après The Guardian, cette initiative tombe à point nommé et refléterait une relative anxiété de la direction du Labour face à une révolte imminente des députés pro-UE.
Ces derniers souhaitaient appuyer l'amendement de la Chambre des Lords d'intégrer le Royaume-Uni à l'EEE, l'Espace économique européen (qualifié de "marché unique à la norvégienne"). Dans cette union, l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège jouissent de la liberté de circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes avec les 28 pays membres de l'Union européenne, et adoptent la plupart des règles du bloc. De facto, ils font ainsi partie du marché unique européen. Par contre, l'EEE n'est pas une union douanière.
Or, le cabinet fantôme de Jeremy Corbyn avait décidé, le mois dernier, de ne pas appuyer ledit amendement, provoquant la fureur chez les travaillistes europhiles.
Ces derniers considèrent que Corbyn a laissé passer la seule occasion d'obtenir un accord inter-partis sur cette question. En effet, rien ne garantit que les conservateurs se rallieront à la nouvelle proposition du Labour. Pas plus d'ailleurs que les députés travaillistes pro-UE, qui rejettent la nouvelle motion.
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Le vote de la semaine prochaine s'avère donc serré. Le site The Independent ose les pronostics : il y aurait assez de députés rebelles chez les conservateurs pour que la motion soit adoptée, si les travaillistes la soutenait également. Or, toujours selon le quotidien britannique, ces derniers seraient 65 à être prêts à voter contre la direction du parti.
Chris Leslie, un des députés travaillistes pro-UE, a fait part de sa frustration :
Keir Starmet, porte parole du Labour, mais aussi secrétaire d'État chargé du Brexit au sein dudit cabinet fantôme de Corbyn, défend que le nouvel amendement pour "un marché intérieur renégocié" permettrait de conserver tous les avantages du marché unique et de préserver les emplois.
Et d'ajouter :
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Sur l'antenne de la BBC, ce dernier a avoué mercredi que "la seule façon de gagner un vote, c'est de s'unir et de voter ensemble en même temps". Ce n'est pas gagné.
Franck Brucker