Grèce : la BCE relève le plafond de l'aide d'urgence aux banques

Alors qu’ils étaient gelés depuis le 26 juin, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce jeudi 16 juillet que les plafonds de l'aide d'urgence à la Grèce allaient être relevés.
Mario Draghi , le président de la BCE a jugé que l'accord trouvé en début de semaine sur le principe d'un troisième plan d'aide pour la Grèce, de plus de 80 milliards d'euros, et le vote dans la nuit de mercredi de premières réformes par le Parlement grec faisaient que les conditions pour un relèvement d'ELA étaient à nouveau données.
Mario Draghi , le président de la BCE a jugé que l'accord trouvé en début de semaine sur le principe d'un troisième plan d'aide pour la Grèce, de plus de 80 milliards d'euros, et le vote dans la nuit de mercredi de premières réformes par le Parlement grec faisaient que "les conditions pour un relèvement d'ELA étaient à nouveau données". (Crédits : Reuters Kai Pfaffenbach)

La conférence de presse de l'institution de Francfort était attendue, en particulier du côté d'Athènes qui espère depuis des semaines une bouffée d'air financière. Jeudi après-midi, la Banque centrale européenne (BCE) a finalement décidé de relever de 900 millions d'euros sur une semaine le plafond des prêts d'urgence (ELA) accordés aux banques grecques, devenus leur ultime source de financement :

"Nous avons décidé aujourd'hui de relever ELA (...) les choses ont changé maintenant", a assuré Mario Draghi ce jeudi après-midi en conférence de presse.

Le patron de la BCE a estimé que "les conditions pour un relèvement d'ELA (étaient) à nouveau données".

Malgré tout, la BCE doute d'Athènes

Il y a quelques jours, l'institution de Francfort laissait entendre que le plafond de l'ELA -l'aide d'urgence aux banques - serait maintenu à 89 milliards d'euros jusqu'à ce que le Grèce adopte les lois nécessaires à la mise en oeuvre des réformes exigées par ses créanciers. Le vote a finalement eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. La Vouli, le Parlement grec, a adopté les mesures nécessaires à l'octroi d'un nouveau plan d'aide, le troisième depuis 2010.

Si la BCE avait fait de ce vote la condition sine qua non au relèvement du plafond de l'aide d'urgence, Mario Draghi a néanmoins fait part de ses doutes sur "la volonté et la capacité" d'Athènes à mettre en place des réformes. Il a toutefois assuré que la Grèce serait en mesure de rembourser le 20 juillet les 4,2 milliards qu'elle doit à la BCE, mais aussi ses arriérés du 30 juin (1,5 milliard d'euros) et du 13 juillet (456 millions) au FMI.

Il faut dire qu'au moment même où se déroulait cette conférence de presse à Francfort, l'Eurogroupe donnait son feu vert pour que la Grèce obtienne un prêt relais de 7 milliards d'euros d'ici vendredi midi, pour qu'elle puisse précisément honorer ses dettes. Dans quatre semaines tout au plus, Athènes obtiendra également une nouvelle aide sur trois ans d'un montant compris entre 82 et 86 milliards d'euros.

Un plafond inchangé depuis le 26 juin

Depuis le 26 juin, la position de la BCE n'avait pas bougé d'un iota. Les financements d'urgence étaient plafonnés à près de 89 milliards d'euros.

Il y a dix jours à peine, le 6 juillet, la BCE avait fait savoir qu'elle durcissait le ton sur les conditions d'octroi de ces aides. Dans un communiqué, elle assurait qu'il n'était pas question de relever le plafond d'aide décidé fin juin. La Banque de Grèce réclamait pourtant une augmentation de 3 milliards d'euros.

"L'ELA peut seulement être octroyé en échange de collatéraux suffisants", indiquait la BCE le 6 juillet dans un communiqué.

L'aide a pour autant été maintenue pour éviter à la Grèce de sombrer. Il faut dire que les établissements bancaires grecs sont totalement dépendants de l'ELA, ultime moyen pour obtenir de l'argent frais. Son plafond a été relevé à plusieurs reprises au mois de juin. Et pas moins de 16 fois en cinq mois ! Face à l'incertitude qui menace le pays, ces multiples relèvements de l'aide aux banques grecques sont devenus indispensables.

Avec cette hausse de l'ELA espérée par Alexis Tsipras, la Grèce respire un peu. Quelques minutes seulement après les annonces de la BCE, plusieurs sources ont rapporté que la réouverture des banques, fermées depuis le 29 juin, devrait intervenir lundi. Cette annonce ne signe pas pour autant la fin de l'asphyxie financière dans laquelle se trouve le pays.

Mardi 14 juillet, le Premier ministre a assuré qu'il faudra attendre 'l'approbation de l'accord, qui aura lieu dans un mois " pour espérer une levée des mesures concernant les restrictions bancaires et le contrôle des capitaux.

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Commentaires 5
à écrit le 17/07/2015 à 19:59
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Contribuable, non membre de la Communauté Européenne! De la façon dont les choses évoluent, suite au énième plan visant à tenir le nez de la Grèce hors de l'eau, remercie le ciel de ne pas en faire partie.

à écrit le 17/07/2015 à 12:27
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Le 12 juillet 1789 rares étaient ceux qui pensaient à une révolution, plus rares encore ceux qui imaginaient une république, le 14 juillet 1789 çà commençait. affaire à suivre......

à écrit le 17/07/2015 à 9:24
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En somme, la BCE vient de montrer par son geste: - qu'elle s'est assise sur son mandat en fermant les lignes de liquidité à la Grèce pour des raisons politiques - que 5 mois n'ont pas été suffisant pour trouver un mécanisme de résolution des dettes...

le 17/07/2015 à 12:12
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Et en plus c'est lememe qui a fait les comptes pour que la Grèce soit dansl'Euro, la boucle est bouclée!!!!!

à écrit le 16/07/2015 à 17:31
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Les choses ont changé aujourd'hui. Quel aveu. En trois jours la situation économique de la Grèce aurait donc changé au point qu'il devient aujourd'hui possible de faire ce qui était impossible hier.

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