Italie: le gouvernement promet de ne pas augmenter les impôts en 2025
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Il n'y a pas qu'en France que le projet de budget 2025 a été difficile à boucler. En Italie aussi, le gouvernement de la coalition de droite et d'extrême droite de la Première ministre Giorgia Meloni a eu du mal à trouver l'équilibre. Charge désormais au conseil des ministres d'examiner dans la soirée de ce mardi cette feuille de route, qui contient des mesures pour environ 25 milliards d'euros.
Un message qui visait à calmer les tensions au sein de la coalition au pouvoir, qui s'affiche divisée sur différentes mesures souhaitées par le gouvernement.
Notamment celle qui consiste à taxer les superprofits des banques pour renflouer les déficits, afin d'éviter une taxe sur le secteur financier mal vue par les marchés. Concrètement, le gouvernement envisage d'étaler dans le temps les crédits d'impôts auxquels ont droit les banques et de durcir la fiscalité des stock-options de leurs dirigeants. « La discussion avec les banques est en cours et se poursuivra jusqu'au bout », ont fait savoir lundi soir des sources du ministère de l'Économie.
Mais cette éventualité est considérée comme un chiffon rouge pour le vice-Premier ministre Antonio Tajani, le chef de Forza Italia (conservateur), qui a pesté contre des mesures dignes de « l'Union soviétique ». À l'inverse, elle est réclamée par l'autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite).
Début octobre, le ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti avait aussi jeté un pavé dans la mare en annonçant, dans une interview à l'agence Bloomberg, que le budget « exigera des sacrifices de la part de tout le monde », aussi bien des « citoyens que des entreprises petites, moyennes et grandes ». Une déclaration qui avait déclenché une mini-tempête à la Bourse de Milan et amené Giorgia Meloni à corriger aussitôt le tir, en démentant toute velléité d'augmenter les impôts et promettant qu'aucun « nouveau sacrifice » ne serait demandé aux Italiens.
Au contraire même, la feuille de route pour 2025 devrait consacrer environ 15 milliards d'euros à des baisses d'impôts et de cotisations sociales pour les revenus modestes, des promesses électorales chères à la Première ministre. Giorgia Meloni compte ainsi reconduire une baisse des charges sociales pour les salaires annuels jusqu'à 35.000 euros, mesure déjà en vigueur à titre temporaire. Autre mesure phare à prolonger, voire pérenniser, la fusion des deux premières tranches d'impôt pour faire bénéficier les revenus annuels jusqu'à 28.000 euros d'un taux allégé de 23% au lieu de 25%.
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Ces réductions d'impôts ne vont toutefois pas assez loin du goût des alliés de la Première ministre. Matteo Salvini et Antonio Tajani l'ont en effet pressée de baisser encore davantage la pression fiscale, avant d'être renvoyés dans les roses. « Il y a peu d'argent » et « il ne peut être gaspillé », leur a-t-elle rétorqué, rappelant ses priorités : « Le soutien aux jeunes, aux familles et à la natalité ».
Concernant la réduction des dépenses souhaitée par le gouvernement, Rome entend que les ministères se serrent la ceinture pour dégager environ 3 milliards d'euros d'économies. Et compte par ailleurs faire le ménage dans certains abattements fiscaux.
Le gouvernement italien n'a néanmoins que peu de marge de manœuvre. Mis à l'index par l'Union européenne pour ses déficits « excessifs » - tout comme la France et cinq autres pays du bloc (Belgique, Hongrie, Pologne, Slovaquie et Malte) - l'Italie est sous forte pression pour redresser ses comptes. Son déficit a atteint 7,4% du produit intérieur brut (PIB) et sa dette dépasse les 130% (frôlant les 3.000 milliards d'euros). Or, selon le plafond du Pacte de stabilité européen, le déficit ne devrait pas dépasser 3% et la dette 60%. Si le pays ne prend pas des mesures correctrices, il risque des sanctions financières de la part de Bruxelles.
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Le gouvernement Meloni s'est ainsi engagé à ramener le déficit public dès 2026 à 2,8% du PIB, un pari qui est cependant loin d'être gagné. D'ailleurs, de l'aveu même du gouvernement, le ratio de la dette italienne devrait encore continuer à augmenter avant d'amorcer une décrue à partir de 2027.
(Avec AFP)
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