Hausse de la taxe de séjour en Italie : les professionnels du tourisme grincent des dents
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Un gondolier lors d'une journee brumeuse, a venise
GUGLIELMO MANGIAPANE
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Un gondolier lors d'une journee brumeuse, a venise
GUGLIELMO MANGIAPANE
Séjourner en Italie pourrait à l'avenir coûter plus cher aux touristes. Le gouvernement italien envisage en effet d'augmenter la taxe de séjour et de l'étendre à plus de communes, selon une ébauche de décret qui a circulé pendant l'été.
Ainsi, alors qu'elle est actuellement autour de 5 euros, elle pourrait passer à 10 euros par nuit pour les chambres à 100 euros, à 15 euros pour celles de 400 euros et à 25 euros pour les suites de luxe dépassant 750 euros. En parallèle, son champ d'application pourrait être élargi aux communes qui souhaitent la mettre en œuvre. Pour l'heure, seules les capitales des provinces, les unions de communes et les communes touristiques peuvent l'appliquer sur les 7.904 communes que compte le pays.
Cette mesure ne fait toutefois pas l'unanimité. Et pour cause, les fédérations de tourisme redoutent que des hausses excessives freinent l'engouement des touristes pour le pays. « Ne faisons pas fuir les touristes avec des taxes trop élevées ! », a ainsi plaidé Marina Lalli, présidente de la fédération des professionnels du tourisme Federturismo, auprès de l'AFP.
D'ailleurs, seules 22% des villes pouvant actuellement prélever cette taxe de séjour le font, selon le journal Les Échos, pour justement ne pas perdre en attractivité auprès des touristes.
Sans démentir ce projet d'augmentation de la taxe de séjour, la ministre italienne du Tourisme, Daniela Santanchè, a dénoncé ce samedi « un alarmisme infondé ». Le ministère cherche néanmoins à apaiser les débats autour de ce sujet.
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C'est en fait un difficile équilibre que cherche le gouvernement italien. Car le tourisme fait partie des secteurs qui font tourner son économie : il représente 13% de son produit intérieur brut (PIB). Le pays a accueilli 57,2 millions de touristes étrangers, en 2023. Ils ont dépensé 55,9 milliards de dollars, selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).
Quant à la taxe de séjour, elle a rapporté près de 775 millions d'euros aux communes. Une manne financière plus que bienvenue en ces temps de finances publiques compliquées - la dette publique italienne s'élève à 140% du PIB alors que, selon les directives européennes, elle ne doit pas dépasser les 60%.
Mais si cette déferlante de visiteurs est bonne pour les affaires, elle est source de nombreuses nuisances pour les résidents : sonores, de pollution, de congestion dans les transports ou encore de flambée des loyers engendrée par les locations touristiques.
Des municipalités ont d'ailleurs déjà mis en place des mesures pour réguler les flux, sans trop de succès pour le moment. Ainsi, malgré le billet d'entrée de cinq euros dont doivent s'acquitter depuis avril les visiteurs à la journée pour déambuler dans Venise, les touristes continuent à encombrer les étroites ruelles et ponts enjambant ses canaux.
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Cinq euros, c'est aussi le montant qu'ils doivent débourser pour arpenter le célèbre « sentier de l'amour » serpentant entre terre et mer dans le parc des Cinque Terre, au nord-ouest du pays. « L'objectif est de gérer les flux touristiques et non de réduire le nombre des touristes, car nous devons trouver un équilibre entre le tourisme, le territoire et l'agriculture. Nous ne sommes pas opposés au tourisme mais nous avons compris qu'il faut le gérer », a expliqué à l'AFP en juillet Fabrizia Pecunia, le maire de la commune de Riomaggiore, se situant dans les Cinque Terre. Loin d'être évident.
(Avec AFP)
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