Vin: l'Italie va retrouver sa place de premier producteur mondial, détrônant la France
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En Sicile, les vendanges ont démarré plus tôt que d'habitude cette année (photo d'illustration).
© LTD / Luca Savettiere
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En Sicile, les vendanges ont démarré plus tôt que d'habitude cette année (photo d'illustration).
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Retour à la normale attendu en 2024 en haut du classement des pays producteurs de vin pour l'Italie. Le pays, détrôné par la France l'année dernière, devrait retrouver sa place de numéro un mondial. Les vendanges devraient conduire à une augmentation de 8% de la production viticole italienne comparé à 2023, celle-ci étant estimée « entre 41 et 42 millions d'hectolitres », a annoncé ce mercredi Coldiretti, la principale organisation agricole italienne.
Côté français, la production viticole s'élèverait à 39,3 millions d'hectolitres, en fort recul de 18%, selon le service de statistiques du ministère, Agreste, qui se base sur des estimations établies au 1er septembre.
La « désastreuse » récolte italienne en 2023 - 38 millions d'hectolitres, en baisse de 23% par rapport à l'année d'avant - avait conduit la France à lui ravir la place de premier producteur mondial de vin, et de loin, avec ses 48 millions d'hectolitres (+4%) - l'Espagne complétant le podium (28 millions d'hectolitres, -21%). Une exception ces dernières années puisque, depuis 2007, mis à part en 2011 et 2014, l'Italie a toujours conservé cette première place, selon les chiffres de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).
Pas de quoi néanmoins retrouver pleinement le sourire en Italie. Ce niveau de production serait toutefois « bien en-dessous de la moyenne des dernières années », a indiqué Coldiretti, selon qui « les intempéries et la sécheresse pèsent sur le vignoble italien ». En 2020, par exemple, la production de vin en Italie s'était élevée à 49 millions d'hectolitres.
Les raisons de cette production en berne sont principalement météorologiques du côté de la Botte, qui se retrouve ainsi « divisée en deux », d'après l'organisation agricole. D'une part, le nord du pays a été marqué par des « pluies intenses et des averses de grêle du printemps et au début de l'été », qui ont affecté la production. En revanche, dans le centre et le sud, si la situation s'est « légèrement améliorée par rapport à l'année dernière », une grande partie de ces territoires a dû faire face à la sécheresse, notamment dans le sud des Abruzzes, les Pouilles, la Basilicate, la Calabre et les îles de Sardaigne et Sicile. Dans cette dernière, « la sécheresse et la chaleur record ont également conduit à des vendanges précoces, qui ont commencé dans la deuxième quinzaine de juillet », note Coldiretti.
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Dans l'Hexagone, où la production « est attendue en baisse dans presque tous les bassins viticoles », les vignobles les plus touchés seraient dans le Jura (-71% sur un an). Dans cette région de l'est du pays, un gel sévère et le mildiou (champignon parasite spécifique de la vigne) réduisent significativement la production, après une très bonne récolte 2023. Mais en volume produit, le repli le plus important touche le grand vignoble des Charentes, où la production devrait chuter de 35%. Les vignobles du Val-de-Loire ne sont pas en reste (-30%) tout comme ceux de Bourgogne-Beaujolais (-25%). Les pertes ont été essentiellement occasionnées là aussi par le mildiou, auquel s'est ajoutée la grêle pour le Beaujolais.
Et l'avenir ne serait pas forcément favorable aux vignobles du sud de l'Europe. « Le changement climatique modifie la géographie du vin, il y aura des gagnants et des perdants », résume Cornelis van Leeuwen, professeur de viticulture à Bordeaux Sciences Agro.
Une étude, publiée en mars dans la revue Nature Reviews Earth & Environment, montre en effet, qu'avec le changement climatique, les régions productrices actuelles risquent de ne plus pouvoir produire de vin de façon rentable. Selon le niveau de réchauffement, de 49% à 70% des régions perdraient cette aptitude. À l'inverse, 11 à 25% des régions où la vigne est déjà implantée pourraient voir leur production s'améliorer, et de nouvelles régions viticoles pourraient émerger à des latitudes et altitudes plus élevées. Par exemple, au sud de la Grande-Bretagne, où la culture est aujourd'hui embryonnaire.
Tout n'est pas déjà joué cependant. Comme dans d'autres domaines, le niveau de réchauffement futur changera fortement la donne. S'il reste inférieur à 2°C au niveau mondial - la limite haute de l'accord de Paris - la plupart des régions productrices en Europe garderont leur aptitude à produire, au prix de mesures d'adaptation. En revanche, « dans des scénarios de réchauffement plus sévères, le plupart des régions méditerranéennes pourraient devenir climatiquement inadaptées à la production viticole », conclut l'étude.
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Quelque 90% des régions viticoles traditionnelles des zones côtières et de plaine d'Espagne, d'Italie et de Grèce seraient ainsi menacées de disparition d'ici la fin du siècle. « La France n'est pas le pays le plus exposé », note Cornelis van Leeuwen. Reste que certaines régions productrices auront besoin de s'adapter, par exemple en recourant à des cépages supportant de plus fortes températures et la sécheresse comme les Carignan, Grenache, Mourvèdre (en rouge) ou Chenin et Xynesteri (en blanc).
(Avec AFP)
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