Italie : les grands axes du programme des populistes

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Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue) ont apporté des précisions sur les 30 principales mesures qu'ils veulent mettre en place au cours de leur mandat.
Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue) ont apporté des précisions sur les 30 principales mesures qu'ils veulent mettre en place au cours de leur mandat. (Crédits : Reuters)
L'accord de gouvernement trouvé par le Mouvement 5 étoiles de Luigi di Maio et la Ligue de Matteo Salvini devrait permettre à l'Italie de sortir de l'impasse politique dans laquelle elle est empêtrée depuis le mois de mars dernier. Mais le programme propose des mesures controversées même si une sortie de l'euro semble désormais exclue. Retour en six points sur les principales propositions.

Les dirigeants du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, sont parvenus à un accord sur leur contrat de gouvernement mais réfléchissent toujours au nom du futur président du Conseil italien. Cette annonce a déjà soulevé des inquiétudes en Europe. Dans un document de 58 pages, les deux forces politiques ont apporté des précisions sur les 30 principales mesures qu'elles veulent mettre en place au cours de leur mandat. Mais il apparaît que les mesures les plus controversées ont été exclues du programme. La Bourse de Milan a accueilli froidement la publication de ce programme élaboré par les deux formations politiques, en vue de présenter la semaine prochaine le premier exécutif anti-système dans un pays fondateur de l'Union européenne, à qui il manque encore un chef de gouvernement.

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luigi di maio

Le représentant du Mouvement 5 étoiles Luigi Di Maio lors d'une conférence au club de la presse étrangère à Rome le 13 mars 2018. Crédits : Tony Gentil/Reuters.

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Lire aussi : En Italie, l'économie reste fragile à la veille des élections

1- Réduction de la dette par une politique de soutien à la croissance

Confrontée à un ratio de dette important (plus de 130% du PIB), l'Italie fait régulièrement l'objet de critiques de la part de l'Allemagne ou des partisans de la rigueur budgétaire sur le Vieux Continent. Dans leur programme commun, la Ligue et et le Mouvement 5 étoiles mettent en avant une réduction de la dette par une politique de soutien à la croissance, sans passer par une augmentation de la fiscalité ou des mesures d'austérité.

Pour favoriser l'investissement public, ils défendent la modification des règles européennes afin que les dépenses engagées dans l'investissement public ne soient pas prises en compte dans le déficit budgétaire. Un scénario qui présente rapidement des limites au vue du fonctionnement des institutions européennes. S'il est bien sûr possible de réviser les traités européens, le processus de modification prend généralement du temps au regard des révisions précédentes.

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dette italie

(Un graphique de notre partenaire Statista. Cliquez sur la photo pour l'agrandir)

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Lire aussi : En Italie, l'économie reste fragile à la veille des élections

2- Pas de sortie de l'euro en vue

Le programme ne comporte aucun élément relatif à une sortie de l'euro, a affirmé une source citée par Reuters qui ajoute que ce projet ne devrait pas être vecteur d'inquiétudes quant au maintien de l'Italie au sein du bloc monétaire. La publication mardi soir par le Huffington Post Italia d'une ébauche d'accord évoquant la volonté des deux partis de demander l'effacement de 250 milliards d'euros de dette et de réclamer des procédures permettant aux États membres de sortir de l'union monétaire a ébranlé mercredi les marchés transalpins, faisant plonger la Bourse de Milan et grimper les rendements de la dette souveraine italienne.

Le programme ne parle plus explicitement d'une sortie de l'euro mais entend "revoir, avec les partenaires européens, le cadre de la gouvernance économique", y compris la monnaie unique, pour "revenir à la situation des origines dans laquelle les États européens étaient mûs par une intention sincère de paix, de fraternité, de coopération et de solidarité". Les populistes proposent également une renégociation des traités européens.

3 - Simplification de la fiscalité

Au niveau du Trésor public, les deux formations proposent une réforme de la fiscalité "courageuse et révolutionnaire". Elles veulent simplifier la fiscalité sur le revenu des personnes et celle sur les entreprises avec deux barèmes de 15% et 20% par le biais d'une "flat tax". Les tranches actuelles sont taxées entre 23% et 43%. Les futurs dirigeants veulent encourager la politique familiale en accordant une déduction fiscale de 3.000 euros pour les familles.

Le programme propose la mise en place d'un revenu de citoyenneté d'un montant de 780 euros par mois aux personnes en situation de précarité, pour faciliter leur réinsertion et stimuler la consommation. En revanche, les bénéficiaires ne devraient pas avoir le droit de refuser plus de trois offres d'emploi en deux ans. Les deux partis sortis victorieux du dernier scrutin veulent ouvrir un dialogue avec l'Union européenne dans le but d'utiliser 20% du fonds social européen pour aider l'Italie à installer un revenu universel.

Sur le plan économique, le document signale le développement de la green-economy et des voitures électriques. Au niveau de l'emploi, l'accord propose l'instauration d'un salaire minimum et une enveloppe de deux milliards d'euros dans les dispositifs d'aide à la recherche d'emploi.

4- Retrait de la réforme des retraites

Au niveau des retraites, le futur gouvernement propose un retrait de la réforme des retraites dite "Fornero" qui a relevé l'âge du départ à la retraite (et qui prévoit d'autres relèvements de seuils). Il devait passer au 1er janvier de 66 ans et cinq mois à 67 ans . Le projet affirme que ces mesures coûteront 5 milliards d'euros d'après des chiffres rapportés par Reuters.

La coalition veut également introduire un nouveau système de points permettant d'ajouter l'âge au nombre d'années de cotisations, avec pour but d'arriver à 100 points. Par exemple, une personne qui a cotisé 35 ans devra attendre 65 ans pour partir à la retraite. Une option permettra aux femmes qui ont cotisé 35 ans de partir à la retraite dès 57 ans.

5- Création d'une banque publique d'investissement

Pour doper l'activité, le programme prévoit la création d'une banque publique d'investissement. Au niveau bancaire, la coalition défend une réforme "radicale" du système européen de sauvetage des banques pour améliorer la protection des avoirs financiers des épargnants. Elle plaide en faveur d'une séparation entre les métiers de banque d'affaires et de détails. Enfin, elle suggère de maintenir l'actionnariat public au sein de la Monte dei Paschi qui récemment traversé une grave crise.

Lire aussi : Monte Paschi revient en Bourse après 10 mois de suspension

6- Réforme des institutions

Comme en France, la coalition propose une baisse drastique du nombre de parlementaires avec 400 députés contre 630 aujourd'hui. Pour le Sénat, leur nombre serait limité à 200 contre 318 actuellement. Tous les parlementaires seraient élus au suffrage universel direct avec interdiction de changer de groupe politique pendant la mandature. Le futur exécutif veut multiplier les référendums d'initiative populaire et favoriser la décentralisation en renforçant l'autonomie des régions.

La coalition veut enfin instaurer un code éthique qui interdirait les personnes condamnées d'entrer au gouvernement, même lorsque leur condamnation fait l'objet d'un appel. Cette interdiction cible des individus visés par des enquêtes pour des délits graves comme la corruption.

> Lire aussi l'entretien de Marc Lazar, directeur du centre d'histoire de Science Po et président de la School of government de l'Université LUISS à Rome : Italie : "Les populismes prospèrent sur la crise de défiance envers la politique"

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a écrit le 24/05/2018 à 13:31 :
Même si le chiffre 100 qui sonne "rond" est peut être un peu trop optimiste (105 à 107 paraîtraient plus raisonnables), l'idée de sommer l'âge et le nombre d'années de cotisation pour déterminer les droits à retraite est franchement excellente, et on ferait bien de la reprendre pour toute future de réforme des retraites en France. En plus elle permet de tenir compte de façon quasi automatique de la variation de l'espérance de vie.
a écrit le 22/05/2018 à 16:25 :
"recul progressif de l'âge de retraite, qui doit passer à 67 ans en 2019" : Oh, je veux bien voir un policier de 67 ans courir auprès d'un malfaiteur, un pompier de 67 ans combatter le feu, un prof de gym de 67 ans, un ouvrier du BTP manipulant un marteau-piqueur...
Réponse de le 24/05/2018 à 13:33 :
Un policier, un pompier ou un prof de gym peut être parfaitement encore en capacité de travailler à 67 ans... plus forcément comme opérationnel, mais dans des tâches administratives pour en soulager leurs collègues plus jeunes, ou de formation ou d'encadrement.
Réponse de le 24/05/2018 à 15:43 :
Etant grec, vivant sous la rigueur depuis 8 ans [entre autres, on embauche 1 fonctionnaire contractuel (et en général avec un grand retard) pour 5 fonctionnaires partis à la retraite] tous les services publics sont en sous-effectifs, surtout les écoles où, en raison de la retraite à 67 ans chez nous aussi, on rencontre de moins en moins de jeunes profs, surtout dans les grandes villes. Alors, tout le système administratif repose sur les quincagenaires et les sexagenaires
Vu que tout l'arsenal de la rigueur sera inéluctablement appliqué chez eux aussi (et chez vous bientôt), la situation sera sans doute pareille
Réponse de le 24/05/2018 à 18:51 :
@Vassilis

Ici , à 67 ans ,nos baby-boomers sont dans un camping- car en train de sillonner le pays depuis leur pré-retraite ou mise en disponibilité obtenu à 55 ans.Par contre ,ils sont plutôt favorable dans les sondages à ce que les générations suivantes se tapent 65 ans dans la réforme des retraites qui arrive bientôt.Les cadres ou ancien manager en retraite aiment bien aussi s'occuper dans une association pas pour soulever les caisses mais plutôt gérer la caisse avec un poste assez reconnu, cela leur rappel leur ancien job.
a écrit le 21/05/2018 à 12:47 :
La situation italienne me fait penser à l'élection de Trump en 2016. On nous prédisait un effondrement économique, une paralysie politique totale... 2 ans après l'économie américaine n'a jamais été aussi dominante (pour notre plus grand malheur à nous Européens qui ne savons nous défendre). Et Trump pourrait même conserver sa majorité républicaine aux élections de mi mandat selon certains sondages.
Attention au jugement hâtifs donc!
Il est plus que temps de regarder la réalité en face. Si les peuples se tournent vers les populistes, c'est que les partis traditionnels s’obstinent à ne pas les écouter (immigration, inégalités sociales, manque de vision...).
Réponse de le 25/05/2018 à 15:46 :
Personne n'a jamais prédit un effondrement économique des USA avec Trump, mais la deliquescence d'un grand pays.,
C'est le cas.
a écrit le 21/05/2018 à 12:27 :
C'est un plan d'attaque économique à suivre car il révolutionne la manière de traiter l'économie qui est mené depuis des lustre par les banquiers qui font des riches en petite quantité et des pauvres malheureusement
Réponse de le 25/05/2018 à 15:49 :
Les banquiers ne font que prêter de l'argent à des gens raisonnables susceptibles de les rembourser.
Vous pouvez vous faire plaisir et jouer aux banquiers - il vous suffit d'acheter des bons du trésor italien. Foncez, c'est un investissement en or avec cette équipe de pied-nickelé qui au pire mettra le pays par terre, au mieux ne fera rien.
a écrit le 20/05/2018 à 10:48 :
Ils veulent réduire le montant de la dette, très bien. Normalement, cela se fait par des remboursements, mais il n'en est pas question dans leur programme. Ils veulent simplement ne pas rembourser et voler ainsi leurs créanciers, dont nous ! Ils nous prennent pour des imbéciles. Et il y a des gogos pour les approuver ?

L'Italie est un pays développé, elle a un revenu par tête supérieur à de nombreux pays européens, elle doit honorer sa signature, point. Il n'y a pas besoin d'être un économiste savant pour le comprendre.
a écrit le 19/05/2018 à 16:21 :
Voila une posture politiquement incorrecte et qui va attirer les foudres des économistes de tous bords. Cependant il s’agit d’un programme de relance par la consommation intérieure qui peut très bien marcher. Qui dit relance consommation dit également autre façon augmenter les rentrées fiscales. Concept qui effraie les tenants de la pensée néo libérale, et qu’on n’a jamais osé essayer dans cette Europe en perdition. En souhaitant que les banquiers de la BCE ne refassent pas le coup de la Grèce et essayent au moins d’aider ce gouvernement au lieu d’entraver.
Réponse de le 25/05/2018 à 15:50 :
C''est exactement le programme de 1981 : nationalisation des banques, retraite à 60 ans, on relance la demande. On a vu la suite.
Les banquiers de la BCE feront ce qu'ils doivent faire : préserver la valeur de l'Euro en évitant de préter de l'argent à des guignols.
a écrit le 19/05/2018 à 15:36 :
Ah la politique et les politiciens les vendeurs de rêve. Et les briseurs de rêves, c'est la politique.
Aucun pays au monde ne peut y réchapper nous sommes tous contaminé par ce fléau migratoire.Du vent et rien que du vent.

Bon vent à tous et toute
Réponse de le 24/05/2018 à 21:22 :
Avec un peu d'imagination, je suppose que vous arriverez facilement à imputer également le changement climatique au "fléau migratoire".
Allez-y, essayez d'innover !
a écrit le 19/05/2018 à 12:33 :
bref ! face aux économistes en herbe , j'ai beaucoup plus confiance en ce gouvernement Italien qui s'attaque aux vrais problèmes pour lesquels il a été élu. Il y a jamais une solution de voir , il y en a des milliers qui peuvent rendre les économies prospères . Ceux qui sont avec des idées réductrices s'enferment dans un jeu destructeur , c'est ce que l'on vois dans notre pays .
Réponse de le 19/05/2018 à 13:33 :
Vous savez , c'est bien plus facile de parler des problèmes que de les résoudre. Il faut juger les politiques sur les solutions qu'ils proposent et non pas sur les problèmes qu'ils dénoncent.
Réponse de le 19/05/2018 à 18:19 :
"j'ai beaucoup plus confiance en ce gouvernement Italien qui s'attaque aux vrais problèmes pour lesquels il a été élu"

S' attaquer, comment ..?
Nommer les problèmes n' apporte pas le moyens de les résoudre, il faut remédier aux causes plutôt qu' analyser les effets, or là encore pour l' Italie les problème sont ceux de la France cad un euro trop fort et le racket de l' UE pour contribuer au pot commun qui va d' ailleurs augmenter de 3 milliards pour notre pays avec la sortie de la GB..
Une analyse exhaustive du problème UE pour la France parfaitement transposable à l' Italie vient de sortir, prenez en connaissance et revenez dans le débat..
https://www.upr.fr/actualite/france/decouvrez-le-sgae-la-discrete-administration-qui-vole-aux-francais-leur-democratie-par-guillaume-pellissier-de-feligonde
Réponse de le 25/05/2018 à 15:53 :
Regardez la réalité en face - ce sont des guignols, qui n'assument pas. Ils veulent sortir du cadre européen tout en gardant l'euro. C'est impossible. Tous simplement.
Ce sont donc des rigolos qui font des promesses d'alcoolique au bar.
Leur démagogie est sans limite ; ils veulent arreter le Lyon/TUrin, a moitié creusé. Dans 6 mois, ils se rendront compte qu'il faut le finir, cela coutera moins cher que d'arrêter.
a écrit le 19/05/2018 à 12:02 :
Contradictions intrinsèques et conséquences destructrices
Ce n'est probablement pas par les partis populistes que l'on aboutira à des solutions. Le vote populiste étant actuellement essentiellement un vote d’impulsion ou de contestation de tout et de son contraire, pour preuve les partis en présence et leur grand écart. Des faux semblants de solution, de comportements et de méthodes, qui ont peu de chances d'aboutir à une finalité commune, à part celle de détruire inutilement ce que les pays de l'UE ont mis des décennies à construire.
De fausses promesses engendrant de faux espoirs.
Le fait de s’exonérer des déficits est une facilité, mais ce ne sont que des indicateurs reflétant la performance d’un pays. S’exonérer des dettes est difficile, pour preuve et les marchés ne feront aucun cadeau aux pays aventuriers sortant de l’union, à part à l’Allemagne. Non pas par une volonté de punition ou par méchanceté, mais par manque de confiance. Même s’il est bien de proposer d’autres modèles économiques, encore faut il qu’ils soient viables et pour cela il faut le prouver.
On jugera aux résultats.
Reste qu’au moment où des grandes puissances se concentrent sur le renforcement de leurs propres hégémonies, ce n’était pas le moment d’expérimenter de vieux modèles reacs.
L’avantage que pourrait tirer l’UE de ce N ieme signal d’alerte, c’est d’améliorer le modèle existant qui est loin de la perfection, c’est peu de le dire. La peur du vide ne suffisant pas à décourager les inconscients.
Réponse de le 19/05/2018 à 15:26 :
Pouvez toujours nous rabacher le discours du "There is non Alternative", en attendant c'est Di Maio et Salvini qui sont à la tête de la 3eme économie de la zone euro. Leur programme, ils vont l'appliquer. Ceci dit, les européistes doivent effectivement allumer des cierges pour qu'ils se plantent parce que dans le cas contraire...
Réponse de le 21/05/2018 à 11:53 :
Depuis ils ont changé de contrat, ils vont :
- non pas retarder l’âge de départ à la retraite mais l’avancer
- rester dans l’UE, tout en s’affranchissant de ses règles
- ne plus s’auto-exonérer des dettes, mais en créer d’autres en faisant une relance classique, donc probablement par l’augmentation de la dette, avec comme objectif de réduire la dette…

Tout et son contraire ? En l’occurrence, ce n’est pas une auberge Espagnole, puisque les partis en présence viennent les mains dans les poches et réclament à manger sans trop s’occuper de qui va régler la note.

Bruno le Maire a bien fait de rappeler les risques de ces errements pour la zone Euro. Le problème étant que chaque pays constituant l’UE pense toujours que la zone Euro est une espèce de nébuleuse capable de restituer plus d’argent que l’on n’y injecte (ce fut provisoirement le cas avec la politique de la BCE), ou que les autres pays vont se précipiter pour investir en Italie. Or l’Italie et les banques Italiennes sont en grande difficulté et en cas de faillite personne ne voudra payer pour eux. Certes ils risquent d’entrainer dans leur chute l’ensemble de la zone Euro, mais en ce qui concerne les banques et l’économie productive, ce sont surtout les Italiens qui risquent de tout perdre. Le nord probablement plus que le sud.

C'est l'avantage du populisme, on peut y raconter ce que l’on veut, d'un jour à l'autre renverser les règles économiques et à la fois faire l’inverse de ce que l’on annonce.
On devrait bientôt ressortir les vieilles recettes « du pain et des jeux », mais l’Italie n’étant pas qualifiée pour le mondial…

Pour détourner l’attention, pour le moment les pauvres migrants servent de boucs émissaires, mais bientôt (même si les effets de marée sont moindres en méditerranée), les nouveaux élus devront continuer à nager, ou sinon comme le disait Waren Buffet « c'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus ». Pas sur que le soutien de la Russie et des USA (qui ont peut-être intérêt à affaiblir l’UE ?) dépassent le temps d’une marée.
S'il suffisait de se draper dans un drapeau pour relancer une economie, cela se saurait.
a écrit le 19/05/2018 à 9:23 :
De la poudre au yeux pour gagner du temps! Tant que l'on aura dissout cet administration qu'est l'UE de Bruxelles!
Réponse de le 24/05/2018 à 21:19 :
Il ne faudra pas la dissoudre. Elle est déjà en train d'imploser.
a écrit le 18/05/2018 à 23:06 :
La flat tax est franchement une excellente idée dont on ferait bien de s'inspirer; ça a été le levier du décollage économique de l'Europe de l'Est.
Réponse de le 19/05/2018 à 2:15 :
votre sens de l'humour est exceptionnel!
Réponse de le 19/05/2018 à 20:57 :
Aucun humour dans mes propos, la démentielle progressivité de l'IRPP en France est probablement une des causes de la faiblesse chronique de notre croissance. Les pays de l'Est, quand ils ont reconstruire leur système fiscal, ont dans l'ensemble opté pour des systèmes à taux plat genre CSG. La suite a prouvé qu'ils ont eu raison;
Réponse de le 24/05/2018 à 21:16 :
Le décollage économique rimait avec décollage de l'émigration. Qaund les chiffres prospèrent, les gens (ou une partie importante des gens) vivent dans la misère.
Voyez un peu la démographie des ex pays de l'Est. Peut-être bruno nous dira qu'ils ont quitté leur pays parce qu'ils ne pouvaient pas suppotrter tant de bonheur!
a écrit le 18/05/2018 à 20:11 :
Il y a des gens qui voient clair car d' une grande prospective travaillée et d 'autres tout juste là pour embrouiller!

L’ALLEMAGNE PROPOSE UNE VOIE DE SORTIE DE L’EURO. POUR SE PROTÉGER ELLE-MÊME. = Un article de l’économiste italien Marcello Minenna.

Je suis tombé sur un de ses articles, daté de début avril 2018, qui s’étend sur les thèmes dont je vous entretiens ordinairement, le risque de redénomination, les Targets, sans compter la réforme proposée par certains Allemands qui faisait l’objet de l’article de Die Welt que j’ai récemment traduit en français et publié, le 22 mars dernier, sur le présent site.

La présentation qu’il y fait de ces divers sujets m’a semblé d’une qualité très supérieure à ce qu’on trouve d’habitude sur ces questions en explorant l’internet. Je n’irais pas jusqu’à dire que je reprendrais à mon compte chacune de ses phrases, mais enfin les divers sujets sont bien articulés entre eux et il n’y a pas de contresens grossier. On peut y lire en filigrane un parti pris pro-italien et un peu moins pro-allemand, mais je suppose que la situation actuelle de son pays le justifie dans une certaine mesure.

La variété des sujets traités en fait un article un peu long, mais qui suit rectilignement une démarche logique. Après avoir rappelé quelques fondamentaux sur la redénomination, les Targets et tutti quanti, l’auteur présente la démarche récente des économistes allemands dont nous avons parlé il y a peu, et montre comment elle est advenue, puis la commente de son point de vue à lui, un Italien.

Aussi m’a-t-il semblé à propos d’en faire profiter le lecteur francophone. En voici donc une traduction, les notes de bas de page ne sont pas de l’auteur mais seulement de moi.

https://www.upr.fr/actualite/france/lallemagne-propose-une-voie-de-sortie-de-leuro-pour-se-proteger-elle-meme-un-article-de-leconomiste-italien-marcello-minenna-traduit-par-vincent-brousseau
Réponse de le 18/05/2018 à 21:44 :
Les pays faiblards la zone euro, à mon avis, ne feront pas la bêtise de s’engager à renflouer la BCE en cas de sortie de l’euro de leur part d’autant plus que ce ne serait pas vraiment nécessaire si l’Euro était une monnaie aussi viable que le Franc suisse par exemple. La banque centrale suisse s’est trouvée en lourdes pertes en 2015 (voir le lien ci-dessous). Qui en a entendu parler ?

https://www.lesechos.fr/11/01/2016/LesEchos/22104-120-ECH_la-banque-centrale-suisse-accuse-de-lourdes-pertes.htm

La zone euro a des problèmes structurelles bien résumés par des articles de la recherche natixis, par exemple celui-ci La zone euro organise structurellement la divergence des pays:

https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/Main/GlobalResearch/GetDocument/GFj0J7BRarKAsAZKOBG64Q==

C’est la conception générale de la zone euro qui est déficiente et il est difficile d’y remédier car ses pays membres ont des intérêts divergents.
Réponse de le 19/05/2018 à 15:37 :
La seule manière de provoquer une scission de la zone euro, c'est de forcer l'allemagne à la quitter. Tôt ou tard Macron devra choisir son camp entre une allemagne qui repoussera indéfiniment les réformes de la zone euro et ne fera que des concessions symboliques et les pays du sud Italie en tête qui soutiendront ses propositions. Quand le chômage français repassera au dessus des 10%, la messe sera dite.
a écrit le 18/05/2018 à 19:38 :
On peut rappeler que les salariés italiens se tapent depuis 2015 avec Matteo Renzi le "Job Act", un nom anglais qui signifie loi travail.

Depuis, la loi de Stabilité, approuvée le 21 décembre 2017 par la Chambre des Députés italienne, prévoit quelques innovations et changements significatifs en matière de droit du travail pour 2018.
L'intervention du législateur semble orientée à rendre le licenciement plus coûteux pour les entreprises et à rendre plus avantageuses les embauches en CDI.

La loi de Stabilité prévoit en effet, à partir du 1er janvier 2018, le doublement du « Ticket de licenciement », soit les contributions que les entreprises doivent verser à l'INPS (Institut pour la prévoyance et la sécurité sociale) pour chaque travailleur licencié, suite à la procédure prévue pour les licenciements collectifs.
Ces contributions sont nécessaires pour financer la NASPI (la prestation de chômage payée par l'INPS en faveur des travailleurs ayant perdu leur poste de travail). Elles sont calculées en fonction de l'ancienneté du travailleur licencié et varient si la procédure de licenciement collectif a été (ou non) conclue avec un accord syndical.
A partir de 2018, les entreprises procédant à des licenciements collectifs devront verser à l'État italien un montant pouvant aller jusqu'à 2.940 euros pour chaque travailleur licencié, si la procédure de licenciement est conclue avec un accord syndical. Et en cas de non-accord, ce montant pourra aller jusque 8.820 euros.
a écrit le 18/05/2018 à 19:31 :
La flat tax à taux bas a pour finalité de relancer l’économie mais prive l’État italien de ressources fiscales importantes, en outre celui-ci compte augmenter les dépenses avec le revenu citoyen et l’investissement, avec le risque d’accroître fortement la dette publique de ce pays qui est déjà très élevée. Il n’y a plus de projet de sortie de l’Euro mais à l’article 10 du contrat on voit que pour régler les dettes en souffrance de l’administration publique est envisagée la mise en place de titres d’État de petite taille, la fameuse monnaie parallèle (le public concerné ne sera pas obligée de l’accepter mais comme il est prévu qu’avec ces « minibots » il pourra payer des impôts et taxes dus à l’État, il l’aura tendance à l’accepter, ce qui permettrait à l’État de se désendetter par création monétaire si les minibots sont acceptés, mais ça ne passera pas au niveau de la légalité européenne).

Si la BCE commence à couper les vivres à l’Italie en raison du non respect des engagements des engagements européens de celle-ci (c’est ce que propose le directeur de l’IFO en Allemagne), soit le pays se soumet et change complètement son programme pour se conformer aux exigences européennes, soit il sort de l’Euro en urgence absolue. C’est une situation qu’a anticipé le chef économiste de la ligue Claudio Borghi Aquilini avec en prolongement la sortie de l’Italie de l’Euro (pour lui une fois sortie de l’Euro l’Italie se désendette en combinant quantitative easing, baisse du taux de change, la monnaie nationale étant mise dans le régime des changes flottants, et inflation supplémentaire, cette dernière ne créant un problème de compétitivité qu’en cas de taux de change fixe), mais il ne sera pas seul à décider. Si je devais parier se serait sur la soumission à l’UE.
Réponse de le 18/05/2018 à 19:58 :
Au moindre faux-mouvement des M5S/ligue, les taux s'envolent et la marge de manœuvre se réduit. En fait les marchés financiers vont soumettre l'Italie si elle suit une politique irresponsable, l'UE peut décider de soutenir l'Italie ou d'aggraver la situation (la Grèce hein...) mais le fond du problème restera le même .
Cela dit la baisse de l'age de départ à la retraite me parait légitime et souhaitable.
Réponse de le 18/05/2018 à 20:40 :
ben, maduro et chavez aussi ils ont regle le probleme de la dete en repudiant une partie et en financant l'autre par de l'hyperinflation ' payee par personne'....... le resultat est brillantissime.....
ca devient risible, ces gens qui accusent l'europe quand monte paschi fait faillite et ruine des petits retraites, et qui propose la meme chose puissance mille a l'echelle du pays quand ils arrivent au pouvoir.........
en outre ne soyons pas naifs, en sortant de l'euro, la devaluation serait telle que les frontieres de ses partenaires se fermeraient illico presto; et ca tombe bien, une des rares force de l'italie, c'est son export!!!
a écrit le 18/05/2018 à 19:02 :
Programme franchement idealiste, si on baisse les impôts partout, qu'on réduit les recettes fiscales et que d'un autre côté on augmente les dépenses, la dette se creuse, c'est mécanique. D'un autre côté , ils auront le mérite de rappeler aux allemands que l'austérité n'est pas une fin en soi. Pour le reste, ils n'appliqueront même pas 1% de leur programme, d'un point de vue budgétaire, ça ne tient pas la route.
Réponse de le 19/05/2018 à 0:08 :
Recul de l'âge de départ à la retraite et non baisse!
a écrit le 18/05/2018 à 18:44 :
Les nouveaux Tsipras pro UE ou comment se faire syriser. Un peu comme notre jean Luc ..Tsipras qui hier, en bon parlementaire européen ne citait AUCUN article des traités européen.
La défaite de la FI c’est la sienne mais voulait-il vraiment gagner, car il savait pertinemment qu’il allait les syriser ..
Junker le dit : « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »
Tout est dit..
Frexit, UPR, vite ..
Réponse de le 18/05/2018 à 19:00 :
Le problème est ailleurs , mais tout viendra en son temps !

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