L'Espagnole Nadia Calviño, première femme à la tête de la Banque européenne d'investissement

Les ministres des Finances de l'UE ont annoncé ce vendredi avoir choisi Nadia Calviño, numéro deux du gouvernement espagnol, pour exercer la présidence de la Banque européenne d'investissement (BEI), une institution devenue stratégique dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Agée de 55 ans, Nadia Calviño, économiste polyglotte sera la première femme à diriger la BEI.
Agée de 55 ans, Nadia Calviño, économiste polyglotte sera la première femme à diriger la BEI. (Crédits : wikipedia)

Elle était donnée depuis plusieurs semaines comme grande favorite : c'est bien Nadia Calviño qui a été désignée pour diriger la Banque européenne d'investissement. Elle était face à la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, qui s'était d'ailleurs mise en retrait de ses fonctions en septembre pour mener campagne, et succède ainsi à l'Allemand Werner Hoyer, 72 ans.

« Nous sommes parvenus à une conclusion et à un consensus autour de la candidature de Nadia Calviño à la présidence de la BEI », a déclaré, ce vendredi, le ministre belge des Finances Vincent Van Peteghem, qui assure la présidence tournante du conseil des gouverneurs de cette institution financière. Il s'est dit « certain » qu'elle serait « une très bonne présidente », s'exprimant à l'issue d'une réunion à Bruxelles avec ses homologues des Vingt-Sept, parmi lesquels siégeait Nadia Calviño.

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Jeudi, déjà, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez prenait pour acquise la nomination de la ministre de l'Économie, numéro deux du gouvernement de gauche espagnol dont elle incarne l'aile libérale, à la tête de l'organe de financement à long terme de l'UE.

Une « bonne nouvelle » pour l'Espagne qui bénéficie d'une grande partie des ressources économiques provenant des fonds européens et qui sont « liés à des institutions financières telles que la BEI », a estimé le chef du gouvernement dans un entretien à la télévision publique RTVE. Et cela même si « cela va être dur à titre personnel parce qu'elle a été une proche collaboratrice dans des moments très difficiles et l'une des meilleurs ministres de l'économie » que l'Espagne ait eus, a-t-il ajouté.

Première femme à diriger la BEI

Agée de 55 ans, cette économiste polyglotte - elle parle couramment anglais, français et allemand - sera la première femme à diriger la BEI. « Je suis reconnaissante et honorée de bénéficier du soutien de mes collègues », a-t-elle déclaré de son côté.

Habituellement peu médiatisée, la course à la présidence de la BEI a suscité cette fois un intérêt accru, du fait de la notoriété des candidates en lice et du rôle de plus en plus crucial joué par cette institution. Outre Mmes Calvino et Vestager, trois candidats considérés comme des outsiders étaient sur les rangs : l'Italien Daniele Franco, ancien ministre des Finances de Mario Draghi, l'ancienne ministre polonaise des Finances Teresa Czerwinska, et le Suédois Thomas Östros, actuel vice-président de la BEI.

Une banque dotée de la prestigieuse notation financière AAA

La Banque, dont les actionnaires sont les États membres de l'Union européenne, apporte des crédits et garanties aux Etats membres et à des entreprises privées et publiques pour financer les politiques prioritaires de l'Europe. La BEI revendique d'avoir investi depuis sa création en 1958 plus de 1.000 milliards d'euros en faveur de projets pour le climat et l'environnement, la cohésion sociale et territoriale, l'innovation ou encore le soutien aux PME.

Dotée de la prestigieuse notation financière AAA, gage de solidité qui lui permet d'emprunter à bon compte, la BEI joue notamment un rôle clé dans le financement de la transition énergétique. En 2022, elle a signé pour 65 milliards d'euros de financements. Elle joue également un rôle en faveur du développement international: sa branche dédiée aux partenariats mondiaux, BEI Monde, active dans 160 pays, a accordé l'an dernier 10,8 milliards d'euros de prêts.

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Vers un rôle élargi ?

La succession de Werner Hoyer a été l'occasion d'un débat sur la mission de l'institution basée à Luxembourg.  Elle pourrait, en effet, être élargie dans le contexte de la guerre en Ukraine qui a mis les finances européennes sous pression. Elle devrait notamment aider à la reconstruction du pays ravagé par l'invasion russe.

Par ailleurs, la France milite pour que l'institution prenne plus de risques et élargisse son champ d'action à l'industrie de défense ainsi qu'aux technologies nucléaires. Sous l'actuel président allemand, les projets de transition énergétique financés par la BEI se limitaient aux énergies renouvelables. Nadia Calvino, dont le gouvernement défend des positions antinucléaires, est considérée comme ouverte sur la question, sans pour autant avoir pris des engagements publics. Les intentions françaises se heurtent toutefois aux réticences de Berlin. « Nous apprécions les efforts de la BEI en faveur du climat et elle doit continuer, mais il ne faut pas surcharger ses missions », a prévenu en septembre le ministre allemand des Finances, Christian Lindner.

 (Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 09/12/2023 à 21:16
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Mesdames, messieurs, soyez rassurés: elle n'a pas fait l'ENA, et, si elle a les dents de madame Thatcher, ses compétences semblent être incontestées.

à écrit le 08/12/2023 à 16:51
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Croyez vous qu'en rendant l'évènement exceptionnel, vous faites la promotion de l'égalité ? ,-) Il faut banaliser !

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