L'Italie négocie avec l'Europe pour relancer son économie

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Matteo Renzi, le Premier ministre italien
Matteo Renzi, le Premier ministre italien (Crédits : FRANCOIS LENOIR)
L'Italie discute avec l'Europe pour obtenir des marges de manœuvre budgétaires afin de stimuler les investissements publics et privés.

L'Italie est à la recherche d'une nouvelle entente avec l'Union européenne pour relancer son économie en panne avec la mise en place d'un budget expansionniste en 2017, a indiqué samedi le ministre du développement économique. Les propos du ministre, M. Carlo Calenda, interviennent trois mois après que Rome se soit vu accorder une marge de manœuvre "sans précédent" sur son budget 2016 et que la Commission européenne lui ait enjoint de resserrer sa politique budgétaire l'année prochaine.

Révision à la baisse de la croissance ?

Le ministre s'exprimait au lendemain de la publication par Eurostat d'une note montrant que l'économie italienne n'a pas réussi à se développer entre le premier et le deuxième trimestre de cette année. Les analystes prévoient que le gouvernement va maintenant devoir réviser à la baisse ses prévisions de croissance de 1,2 % cette année et de 1,4 % en 2017, avec un effet d'entraînement sur ses plans de réduction du déficit budgétaire.

"Le Trésor présentera une mise à jour de ces chiffres en septembre. Je ne peux pas cacher que la marge de manœuvre est serrée", a affirmé M. Calenda au quotidien de Turin La Stampa. "Nous sommes en train de discuter avec l'Europe comment aborder l'absolue nécessité de stimuler les investissements publics et privés". Le ministre a reconnu implicitement que cela pourrait signifier un déficit budgétaire 2017 plus élevé que prévu précédemment, pouvant aller jusqu'au plafond de 3 %, limite fixée par les règles européennes.

Faire baisser la dette

La Commission a fixé à l'Italie un objectif de déficit budgétaire de 1,8 % pour 2017, arguant que ce genre d'ajustement est nécessaire pour inverser la tendance à la hausse de l'énorme dette du pays qui a atteint 2.250 milliards d'euros en juin. "Nous avons l'intention de respecter les règles, mais nous nous battons aussi pour les changer", a poursuivi le ministre pour qui "l'infranchissable limite est la dette, qui ne peut pas augmenter". "Nous avons déjà obtenu beaucoup de flexibilité et nous avons l'intention de demander plus, le maximum possible, mais toujours dans les règles", a-t-il ajouté.

(Avec AFP)

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a écrit le 16/08/2016 à 10:29 :
Pour l'Italie et d'autres la seule solution c'est un fond de mutualisation des dettes européennes, au dessus de 60% avec obligation absolue de n'autoriser les déficits qu'en situation de crise. C'est ça ou le hair cut. l'Italie est un pays fondateur et sa sortie serait bien plus grave que celle des Brittons. La plupart des pays ont fait des efforts énormes depuis 10 ans, les Allemands doivent l'admettre et choisir enfin s ils veulent encore de l'Euro ou pas. Condamner les peuples à la déflation perpétuelle, on sait à quoi ça peut mener.
a écrit le 15/08/2016 à 21:22 :
Renzi n'a pas encore compris que le but de cette rigueur imposée,c'est d'affaiblir l'économie et l'industrie du pays,et de faire a terme, des pays du club med,un bassin de main d'oeuvre bon marché au service des 3 grandes puissances européennes et de leur vassaux.Quand l'Allemagne enfreignait les règles européennes,elle ne demandait la permission a personne.La France qui ne respecte pas ces règles depuis 81,et d'aucuns disent qu'elle ne les a jamais respectées,non plus.Ne parlons pas de l'Angleterre.C'est la différence entre les pays qui comptent et ceux qui comptent pour du beurre.
a écrit le 15/08/2016 à 3:24 :
Bon courage face à Merkel et Schauble. L'Italie a tout interet à se rapprocher de la France pour contre balancer le poid politique de l'Allemagne en Europe. Les institutions et la commission européenne sont sous l'influence de notre voisin d'outre rhin.
a écrit le 14/08/2016 à 16:37 :
Quand on est plus maître chez soi, c'est bien les autres qui décident et vous jouer les marionnettes pour le peuple!
Réponse de le 14/08/2016 à 22:50 :
C'est la dette et non l'UE qui limite les marges de décision de l'Italie ou de la France. Pour ces pays la seule relance possible n'est pas budgétaire mais par la compétitivité.
a écrit le 13/08/2016 à 22:47 :
Où sont passés tous les articles dithyrambiques sur Matéo Renzi qui nous expliquaient qu'il était courageux car il menait les réformes nécessaires pour relancer l'économie italienne et sa croissance. Tout cela avec des sous-entendus du type "FH ce nul n'a pas le courage de les mener" !!! Résultat la croissance a été meilleure en 2015 0.7 pour l'Italie et 1.2 pour la France et cela sera la même chose en 2016.
Aujourd'hui, il demande au secours à l'UE pour l'aider à relancer son économie.
Les réformes de structure tellement réclamées ne servent à rien pire encore elles aggravent les inégalités et ne permettent pas une relance de l'économie.
J'espère que les hommes et femmes qui seront candidats pour les présidentielle en tirent les conséquences.
Malheureusement, je n'y crois car ils ne savent que répéter la doxa néo-libérale que certains organisations internationales ou nationales leur vendent comme la solution miracle.
Réponse de le 14/08/2016 à 22:55 :
Budgétairement parlant, l'Italie est moins mal en point que la France et pourrait effectivement avoir un peu de marge de manoeuvre. Ceci étant relancer par la dépense publique n'est pas forcément une bonne idée, car tout prouve que le soufflé retombe très vite. L'effort doit surtout porter sur la compétitivité de l'économie.

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