L’union bancaire avance plus surement que l’union budgétaire

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Le sommet européen du 22 et 23 mars s’est achevé par une rencontre entre les 19 membres de la zone euro.
Le sommet européen du 22 et 23 mars s’est achevé par une rencontre entre les 19 membres de la zone euro. (Crédits : Reuters)
Les chefs d’État de la zone euro ont promis une feuille de route pour la finalisation de l’union bancaire d’ici juin. Mais l’avenir de l’union budgétaire reste incertain tant les divisions prédominent.

Le sommet européen du 22 et 23 mars s'est achevé par une rencontre entre les 19 membres de la zone euro. Ils n'ont cependant pas réussi à éliminer certains obstacles bloquant les propositions, en particulier en ce qui concerne l'union bancaire, et ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur des mesures à long terme, telles que la création controversée d'un budget pour la zone euro.

Les chefs d'État de la zone euro souhaitent sceller l'union bancaire ce semestre, assure Emmanuel Macron. « Nous voulons finaliser l'accord sur l'union bancaire d'ici juin », a-t-il déclaré aux journalistes après le sommet.

En décembre dernier, les chefs d'État ont convenu de se concentrer sur la mise en place de l'union bancaire, considérée comme la réforme la plus ambitieuse depuis l'introduction de l'euro.

La Commission européenne propose pour sa part de réduire le volume de créances douteuses des banques, tout en introduisant graduellement un Programme européen d'assurance des dépôts, l'élément le plus controversé de l'union bancaire. Une douzaine de pays s'oppose au programme d'assurance des dépôts, à moins que les banques diminuent leur nombre de créances douteuses.

« Il est clair que nous devons progresser rapidement dans ce projet », a ajouté Angela Merkel, la chancelière allemande.

Une feuille de route à long terme

Au cours du débat, les chefs d'État ont également exprimé leur point de vue sur des propositions ambitieuses pour la création d'une union budgétaire.

Emmanuel Macron, un fervent partisan de la proposition de budget pour la zone euro, a déclaré que la France et l'Allemagne travailleraient en avril et en mai sur ce sujet, afin de présenter une feuille de route conjointe en juin, comme convenu par les dirigeants en décembre. « Nous avons réalisé des progrès importants. »

« Je pense que c'était un très bon début pour ce débat », a reconnu la chancelière allemande, ajoutant que « nous sommes sur la bonne voie ». Selon elle, la France et l'Allemagne sont très impliqués dans la conclusion des propositions et dans l'adoption d'une nouvelle feuille de route.

Une période propice

Donald Tusk, le président du Conseil européen, a souligné, pour sa part, l'importance du renforcement de l'union économique et monétaire.

« Nous vivons la période la plus favorable depuis l'introduction de l'euro, c'est donc la période propice pour réfléchir stratégiquement à nos ambitions à long terme », estime Donald Tusk, reconnaissant cependant que certaines propositions, dont la capacité budgétaire, étaient « controversées ».

L'une des options discutées depuis des années est l'utilisation du nouvel instrument financier de soutien des réformes structurelles dans les États membres ainsi que le renforcement de la compétitivité.


L'idée de conditionner l'octroi de fonds européens à la mise en place de réformes est une idée qui avait été émise pour la première fois par Herman Von Rompuy, le prédécesseur de Donald Tusk, dans sa feuille de route de 2012.

Le lien entre capacité budgétaire et économies nationales prospères a été souligné par certains partisans du nouvel instrument financier.

Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, estime que la zone euro a besoin d'un budget commun pour aider les pays en temps de crise. Avant cela, les économies nationales devraient être compétitives et équilibrer leurs comptes. Il serait « injuste » que des membres imprudents utilisent cet argent.

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Traduction par Mathilde Mortier

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Commentaires
a écrit le 01/04/2018 à 9:28 :
L'union budgétaire avancera si et seulement si c'est intéressant pour l'Allemagne, sinon, on en restera aux déclarations de principe !
a écrit le 27/03/2018 à 9:08 :
Logique de la part du consortium financier européen qui existe depuis longtemps lui, depuis 1992 il me semble.

ET il n'y aura jamais d'autorité politique pour le chapeauter hein, vu comme ils pillent l'europe grâce justement à l'absence de pouvoir politique ils vont pas en faire venir !

Vite un frexit, par pitié ! Qu'on nous sorte de cet enfer financier !
a écrit le 27/03/2018 à 6:30 :
De quoi a faire avec les achats par draghi des obligations nulles, pour un montant des billions d'euros?

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