La France et l'Espagne renforcent leurs relations pour mieux défendre leur vision de l’Europe

Emmanuel Macron et le Premier ministre espagnol vont célébrer ce jeudi l' « amitié » entre leurs deux pays lors d'un sommet à Barcelone. L'occasion pour Paris de renforcer ses relations avec son voisin européen au moment où celles avec l'Allemagne sont crispées. Le président français espère aussi profiter de ce moment pour rallier Pedro Sanchez à une riposte européenne musclée face au regain de protectionnisme américain.
Après un tête-à-tête au Musée national d'art de Catalogne, Pedro Sanchez et Emmanuel Macron signeront en grande pompe un « traité d'amitié et de coopération ». Photo d'illustration: le 9 décembre 2022, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le président français Emmanuel Macron assistent à une conférence de presse le jour du IXe sommet euro-méditerranéen (UE-MED9) à Alicante, en Espagne.
Après un tête-à-tête au Musée national d'art de Catalogne, Pedro Sanchez et Emmanuel Macron signeront en grande pompe un « traité d'amitié et de coopération ». Photo d'illustration: le 9 décembre 2022, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le président français Emmanuel Macron assistent à une conférence de presse le jour du IXe sommet euro-méditerranéen (UE-MED9) à Alicante, en Espagne. (Crédits : VIOLETA SANTOS MOURA)

Alors qu'un « jeudi noir » est annoncé en France ce 19 janvier, avec de nombreuses grèves en contestation de la réforme des retraites du gouvernement, Emmanuel Macron sera en Espagne, à Barcelone, en compagnie du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Après un tête-à-tête au Musée national d'art de Catalogne, les deux dirigeants, accompagnés par de nombreux ministres, signeront en grande pompe un « traité d'amitié et de coopération ». Un texte qui prévoit, dans le détail, un renforcement de la relation bilatérale sur les questions migratoires, de défense, d'énergie ou de jeunesse.

Le chef de l'État français, bien que discret ces derniers jours sur la grande réforme de son second mandat, pourrait néanmoins devoir commenter cette mobilisation sociale depuis Barcelone durant sa conférence de presse commune avec le chef du gouvernement espagnol, ou lors d'un discours prévu devant la communauté française.

Lire aussiRetraites : journée test pour le gouvernement et les syndicats

Marquer le renforcement des liens avec d'autres voisins que l'Allemagne

Ce traité est seulement le troisième de la sorte signé en Europe par la France. Il succède à celui de l'Élysée, paraphé en 1963 avec l'Allemagne et complété depuis par celui d'Aix-la-Chapelle en 2019, et celui du Quirinal, signé avec l'Italie en 2021.

Avec ce texte, Paris veut graver dans le marbre le renforcement de ses relations avec d'autres voisins que l'Allemagne, notamment du sud de l'Europe, au moment où le moteur franco-allemand de l'UE est souvent apparu essoufflé.

« Hautement symbolique » pour la présidence française, « ce traité ne vient qu'encadrer ou structurer une relation qui est déjà dense dans tous les domaines », souligne-t-on à l'Élysée où « on note un certain nombre de convergences sur des sujets fondamentaux pour l'agenda européen des prochains mois ».

De son côté, l'Espagne le voit comme l'élévation au plus haut niveau de relations déjà excellentes entre deux pays dont les dirigeants ont déjà affiché des positions communes sur bien des sujets ces dernières années.

Lire aussiNet ralentissement de l'inflation en Espagne à 5,7% sur un an en décembre

Concrétiser une « ligne commune » contre le plan de subventions américain

Emmanuel Macron a surtout dans l'esprit de concrétiser à Barcelone une « ligne commune avec Madrid » sur la réponse européenne à l'Inflation Reduction Act, le plan d'investissement massif du président américain Joe Biden dans la transition énergétique. Le président français, qui avait dénoncé fin novembre ces subventions américaines « super agressives », veut une action tout aussi massive de l'UE et des décisions rapides pour éviter la fuite d'entreprises européennes attirées par les aides américaines.

Un ton ferme à l'égard des États-Unis, que n'a pas adopté le Premier ministre espagnol. Pedro Sanchez s'est contenté, lundi depuis le Forum économique mondial de Davos, de noter que l'UE devait « faire ses devoirs » et réformer sa propre politique en matière d'aides d'État afin d'envoyer aux entreprises « le message que l'Europe, et bien sûr l'Espagne, sont un bon endroit » pour investir.

Emmanuel Macron caresse aussi l'espoir de rallier, dans une certaine mesure, le chancelier allemand Olaf Scholz à sa position. Ce dernier sera reçu ce dimanche à Paris pour, justement, célébrer les 60 ans du Traité de l'Élysée et participer à un conseil des ministres franco-allemand censé solder les différends entre les deux premières puissances européennes.

Lire aussiIndustrie européenne : le plan de bataille de la France face à l'Inflation Reduction Act de Biden

L'entente de Paris et Madrid au beau fixe

La signature du traité franco-espagnol intervient trois mois après la levée d'un des principaux désaccords entre les deux pays qui ont décidé, avec le Portugal, d'enterrer le projet de gazoduc « Midcat », auquel s'opposait Paris, pour le remplacer par un pipeline d'hydrogène « vert » reliant Barcelone à Marseille et baptisé « H2Med ». Barcelone a justement été choisie comme ville hôte du sommet pour souligner l'importance de ce projet stratégique.

Le choix de la ville méditerranéenne visait aussi à montrer que la situation s'est apaisée en Catalogne, théâtre d'une tentative de sécession en 2017. Mais les indépendantistes catalans ne le voient pas ainsi, et manifesteront pour protester contre la tenue de ce sommet.

Reste un rare point d'achoppement entre les deux pays : Madrid insistera ce jeudi sur l'importance de rouvrir au plus vite huit petits postes-frontières toujours fermés au nom de la lutte des autorités françaises contre le terrorisme et l'immigration illégale.

Lire aussiLa France cède : il y aura bien un gazoduc pour relier l'Espagne et l'Allemagne

(Avec AFP)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 6
à écrit le 19/01/2023 à 16:22
Signaler
Serait-il parti en Espagne pour éviter que l'on aille le chercher? C'est vrai que cela calme les esprits ! ;-)

le 19/01/2023 à 19:23
Signaler
ils sont tellement perforés qu'ils sont capables de se mettre à l'abri

à écrit le 19/01/2023 à 13:33
Signaler
tous ces accords entre états de l'EU sont ridicules. Il vaudrait mieux un vrai traité constitutionnel entre nos états, un ciment politique.....l'EU est certes une union mais une union trop lâche avec des états qui ne jouent pas le jeu. J'ai toujours ...

à écrit le 19/01/2023 à 12:19
Signaler
Et la France dans tout cela ....

le 19/01/2023 à 15:48
Signaler
un état de l'EU, comme les 26 autres et heureusement!

à écrit le 19/01/2023 à 11:39
Signaler
Mouais bon après Barcelone c'est autrement plus favorable à la détente et à la dépense personnelle de l'argent public que Madrid. Puis à tous les coups ils ont du boire un coup place Georges Orwell tant qu'à faire.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.