Les premières mesures économiques chocs annoncées par Donald Trump

« L'âge doré de l'Amérique commence maintenant », a lancé au début de son discours d'investiture Donald Trump.
SAUL LOEB/Pool via REUTERS

« L'âge doré de l'Amérique commence maintenant », a lancé au début de son discours d'investiture Donald Trump.
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« L'âge doré de l'Amérique commence maintenant ». C'est par ces mots forts que Donald Trump a ouvert son discours d'investiture, qui marque le départ de son second mandat en tant que 47e président des États-Unis. Prononcée vers 18 h 30 (heure de Paris) à l'intérieur du Capitole à Washington, cette allocution a suivi ce seul et même fil rouge : « Mettre l'Amérique en premier », et ce, sur tous les plans, politiques, militaires et surtout économiques.
« À partir d'aujourd'hui, notre pays prospérera et sera à nouveau respecté dans le monde entier. Toutes les nations nous envieront et nous ne nous laisserons plus abuser. Nous ne serons plus le dindon de la farce ! », a insisté le nouveau président républicain. Et de poursuivre :
Bien loin de se contenter que de mots symboliques, Donald Trump a annoncé plusieurs grandes mesures à l'impact concret sur l'économie américaine et internationale. La première était attendue : l'établissement d'une nouvelle barrière douanière américaine. « Au lieu de taxer nos citoyens pour enrichir d'autres pays, nous imposerons des droits de douane et des taxes aux pays étrangers pour enrichir nos citoyens », a déclaré le 47e président américain.
« Le président Trump annoncera une politique commerciale qui donne la priorité à l'Amérique », a annoncé en parallèle la Maison-Blanche dans un communiqué, ajoutant que le pays « ne serait plus tributaire d'organisations étrangères pour sa politique fiscale nationale, qui punit les entreprises américaines. »
Pendant sa campagne, Donald Trump avait affirmé qu'il instaurerait rapidement des droits de douane de 25 % sur tous les produits en provenance du Mexique et du Canada, alors que les deux pays sont pourtant théoriquement protégés par un accord de libre-échange signé durant son premier mandat, et qu'il avait alors présenté comme le « meilleur possible ». La Chine est aussi sous la menace d'une augmentation de 10 % de ses droits de douane, en plus de ceux déjà en place.
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Lundi, il a spécifiquement visé l'Europe. « Ils sont très durs », a-t-il dit à propos des Européens. « Ils ne prennent pas nos voitures. Ils ne prennent pas nos produits agricoles. Ils ne prennent quasiment rien », a-t-il ajouté. « On va régler cela soit avec des tarifs douaniers, soit ils doivent acheter notre pétrole et notre gaz ».
Le président républicain a aussi annoncé la fin du Green New Deal américain. Mis en place par Joe Biden en 2021, ce grand plan d'investissement sur 10 ans injecte dans l'économie américaine plusieurs milliers de milliards de dollars. Objectif : rendre les États-Unis plus résilients au niveau industriel, climatique (énergies renouvelables) et social (politique emploi).
« Nous révoquerons le mandat sur les véhicules électriques », a aussi déclaré Donald Trump, en référence au crédit d'impôt fédéral pour l'achat de voitures électriques (7 500 dollars). Reste à savoir comment Elon Musk, patron de Tesla et membre de son administration, réagira à cette mesure. En outre, la nouvelle administration Trump a aussi confirmé, pour la seconde fois, la sortie des États-Unis de l'Accord de Paris pour le climat. Une promesse de campagne du président américain, alors que les États-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, derrière la Chine.
« J'ordonnerai à tous les membres de mon cabinet de mobiliser les vastes pouvoirs dont ils disposent pour vaincre ce qui était une inflation record et faire baisser rapidement les coûts et les prix », a également insisté le dirigeant américain. Pour cela, il promet de refaire des États-Unis « un pays manufacturier » et d'utiliser les réserves de gaz et de pétrole à ces fins.
Dans ce cadre, le chef d'État va décréter un état d' « urgence énergétique » national visant à doper la production d'hydrocarbures des États-Unis, déjà premier producteur mondial. Une mesure qui va à l'encontre des efforts mondiaux pour freiner le réchauffement climatique. « Nous allons forer à tout-va », a insisté le président américain, réitérant les mots de sa promesse de campagne.
Côté tech, le président américain a signé lundi un décret ordonnant à son gouvernement de suspendre pour 75 jours l'application de la loi interdisant le réseau social TikTok aux Etats-Unis. Cette loi, votée par le Congrès en 2024 et entrée en vigueur dimanche, impose à la maison mère de la plateforme de la vendre sous peine d'interdiction sur le territoire américain. Elle a entraîné l'inaccessibilité au réseau social durant quelques heures ce week-end. La loi prévoit de très lourdes amendes pour les fournisseurs d'internet et les boutiques d'application, jusqu'à 5.000 dollars par utilisateur pour ces dernières.
Ces sanctions seraient infligées par le ministère de la Justice, à qui Donald Trump a enjoint de ne pas intervenir durant deux mois et demi, le temps de « consulter (ses) conseillers », selon le texte du décret. Il entend aussi évaluer les risques que posent TikTok et son actionnaire chinois en matière de sécurité et « déterminer si les mesures déjà prises par TikTok sont suffisantes ».
Lors d'un événement ouvert à la presse à la Maison Blanche lors duquel il a signé ce décret ainsi que de nombreux autres, le nouveau chef d'Etat a relativisé les risques que pose le réseau social sur le plan de la sécurité nationale. « Il y a tant de produits qui sont fabriqués en Chine et le seul dont ils se plaignent, c'est TikTok », a déclaré Donald Trump en référence aux élus du Congrès. « Soyons honnêtes, nous avons des problèmes plus graves que de voir la Chine récupérer des informations sur de jeunes enfants », utilisateurs de TikTok, a-t-il ajouté.
Enfin, le 47e président des États-Unis a insisté sur cette autre promesse de campagne : la reprise de contrôle du canal de Panama. « L'objectif et l'esprit » du traité américain ont été « totalement violés », a dénoncé le président Trump. « Nous avons été très maltraités par ce cadeau insensé qui n'aurait jamais dû être fait. La promesse que nous avait faite le Panama n'a pas été tenue ».
« Les navires américains sont gravement surtaxés et ne sont pas traités équitablement, de quelque manière que ce soit, y compris la marine américaine », a-t-il ajouté. « Et surtout, la Chine exploite le canal de Panama, et nous ne l'avons pas donné à la Chine, nous l'avons donné au Panama. Et nous allons le reprendre », a affirmé le président américain.
Pour rappel, le canal de Panama a été construit par les États-Unis et inauguré en 1914. Durant sa campagne, le président américain a fustigé l'accord passé en 1977 par le président d'alors, Jimmy Carter, qui a abouti à un transfert du contrôle du canal au Panama en 1999. Dans la même thématique, Donald Trump a évoqué durant sa campagne le rachat du Groenland, un territoire autonome rattaché au Danemark, et riche en ressources énergétiques. Mais il ne l'a pas évoqué durant ce discours d'investiture.
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L'Europe appelle Trump à collaborer
De nombreux dirigeants du monde entier ont félicité Donald Trump. L'Union européenne espère une « collaboration étroite » avec le nouveau président face aux « défis mondiaux », a déclaré la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, lundi, en évoquant « la force durable du partenariat transatlantique ». Le même jour, le chancelier Olaf Scholz a souhaité la poursuite « de bonnes relations transatlantiques » avec les États-Unis, « allié le plus proche » de l'Allemagne.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a, elle, envoyé à Donald Trump ses « meilleurs vœux ». « Je suis certaine que l'amitié entre nos nations et les valeurs qui nous unissent continueront à renforcer la collaboration entre l'Italie et les États-Unis », a écrit la dirigeante d'extrême droite, citant le rôle de l'Italie « dans le renforcement du dialogue entre les États-Unis et l'Europe ». Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, un des rares dirigeants européens proches de Donald Trump, a félicité le nouveau président américain, affirmant que les forces nationalistes, confortées par l'investiture du milliardaire à la tête des États-Unis, devaient maintenant « occuper » Bruxelles.