Face à Donald Trump, « il faut tenter de négocier, mais en position de force »
Julien Gouesmat
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Pour Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC, il n'y a pas de démondialisation.
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Pour Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC, il n'y a pas de démondialisation.
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LA TRIBUNE - En juillet dernier, vous considériez les annonces de Donald Trump sur de futurs droits de douane comme une « menace transactionnelle », voyez-vous toujours les choses de cette façon ?
PASCAL LAMY : Il reste encore beaucoup d'inconnues. Ce que l'on sait, c'est que Trump adore les tarifs douaniers. Il les voit comme le couteau suisse de l'économie moderne, alors que c'est en réalité l'instrument le plus médiéval. Il croit que le protectionnisme et l'augmentation des droits de douane sont la solution à tout, et que les exportateurs paieront ces tarifs. C'est un contresens économique complet : les droits de douane sont un impôt sur les consommateurs, pas sur les exportateurs. Les marchés obligataires anticipent d'ailleurs déjà une augmentation de l'inflation, et donc des taux d'intérêt, due à la politique de Trump.
Cependant, ce que l'on ne sait pas encore bien - mais on devrait le savoir bientôt - c'est le taux de ces tarifs douaniers, les pays et les secteurs qui seront touchés. Ces inconnues demeurent parce que M. Trump s'enorgueillit d'être imprévisible. Il y a ce qu'il a dit et ce qu'il fait.
Comment l'Union européenne doit-elle se préparer à faire face ?
La Chine, le Mexique et le Canada ont déjà annoncé qu'ils prendraient des mesures de rétorsion. Les Européens sont pour l'instant plus prudents.
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Il y a deux écoles de pensée en Europe : d'abord, ceux qui veulent éviter la confrontation, compte tenu notamment de la nécessité de défendre l'Ukraine et donc de garder le soutien américain. Ils pensent pouvoir négocier avec Trump, quitte à le rouler dans la farine. Et puis ceux qui pensent qu'il faut répondre fermement. Ces derniers estiment qu'il n'y a que des rétorsions fermes et rapides qui peuvent le faire reculer.
Julien Gouesmat