Le Parlement européen réclame la remise en marche de l’espace Schengen

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Face à la crise migratoire et à la menace terroriste, plusieurs Etats européens ont rétabli le contrôle aux frontières au sein de l’Europe.
Face à la crise migratoire et à la menace terroriste, plusieurs Etats européens ont rétabli le contrôle aux frontières au sein de l’Europe. (Crédits : © Srdjan Zivulovic / Reuters)
Le Parlement européen réclame l’adhésion de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Croatie à l’espace Schengen, dont le fonctionnement a souffert de plusieurs rétablissements de contrôle aux frontières depuis 2015. Un article de notre partenaire Euractiv.

Face à la crise migratoire et à la menace terroriste, plusieurs États européens ont rétabli le contrôle aux frontières au sein de l'Europe. Une mesure qui va à l'encontre des principes de l'espace Schengen et met en danger la libre-circulation des citoyens européens.

Une situation de repli sur soi que les députés européens ont dénoncée dans le rapport annuel sur le fonctionnement de l'espace Schengen, adopté mercredi 30 mai à 439 voix contre 157 et 80 absentions.  Un résultat qui « envoie un message fort et positif à la Commission européenne », s'est félicité  le rapporteur portugais Carlos Coelho (PPE).

Parmi les contrôles aux frontières pointés par le rapport, l'Italie a fermé sa frontière autrichienne, à la suite d'une demande de l'Allemagne. Berlin a suivi quelques jours plus tard en 2015. L'effet domino s'est propagé en République tchèque et en Slovaquie, qui ont également souhaité contrôler le flux de migrants à la frontière autrichienne - et hongroise dans le cas de la Slovaquie.

La France a également rétabli des contrôles aux frontières en raison de la menace terroriste qui plane sur le territoire depuis 2015. Plusieurs fois renouvelés, les contrôles sont prolongés jusqu'en avril 2018, alors qu'en théorie, la dérogation ne peut durer au-delà de deux ans.

La frontière franco-italienne est particulièrement soumise à ces contrôles, afin de maîtriser principalement les flux migratoires au sein de l'espace Schengen, avec l'île de Lampedusa, point d'arrivée de nombreux migrants. La frontière italienne nord, au niveau de Briançon et de la vallée de Névache, voit également des personnes arriver d'Afrique de l'Ouest, qui essaient de traverser par les cols jusqu'en France. Le rétablissement des frontières a permis d'en refouler une grande partie vers l'Italie.

Le rapport précise que ce retour aux frontières dures au sein de l'Union a de « graves répercussions sur la vie des citoyens européens [...], et altère considérablement la confiance dans les institutions européennes. »

Création de Frontex

Quelques points positifs sont cependant à relever, dont le principal est la création de l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Les mesures prises aux frontières extérieures ont été jugées efficaces.

La réintroduction de contrôle aux frontières intérieures est autorisée ponctuellement par le Code frontières Schengen en cas de « menace grave pesant sur l'ordre public ou la sécurité intérieure ».

Selon les députés, la prolongation des contrôles aux frontières n'a pas toujours été justifiée. Les pratiques des États membres se sont parfois opposées clairement aux principes de Schengen.

Le rapport souligne aussi les coûts importants engendrés par les contrôles aux frontières, en insistant sur le fait que ceux-ci portent atteinte au marché unique. Selon une étude menée par Andrew Lilico, Summayah Leghari et Marika Hegg de « Europe Economics », le non-respect de Schengen pendant une durée de deux ans coûte ainsi entre 25 et 50 milliards d'euros. Si tous les pays réinstauraient de façon permanente le contrôle aux frontières,  le coût atteindrait 100 à 230 milliards d'euros sur dix ans.

Adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie

Le rapport  propose de rétablir le fonctionnement normal de Schengen pour revenir à une Europe décloisonnée, en réformant le système d'information Schengen (SIS) et en renforçant  les ressources financières et humaines à sa disposition. Le Parlement européen appelle également à « l'adhésion immédiate de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen, et à celle de la Croatie dès qu'elle remplira les critères d'adhésion ».

L'accent est aussi mis sur la nécessité pour l'Europe d'améliorer l'aspect humanitaire dans sa gestion des migrants et des demandeurs d'asile.

Le rapport rappelle le grand nombre de décès en Méditerranée. On estime à au moins 3 119 morts ou disparus pendant la traversée pour la seule année 2017, en baisse par rapport aux 5 143 de 2016. Il est donc urgent « d'apporter une réponse permanente, solide et efficace dans les opérations de recherche et de sauvetage ».

Et pour ceux qui parviennent à trouver refuge en Europe, les États membres sont appelés à leur garantir des conditions de vie convenables, y compris dans les centres de détention, qui doivent, selon le rapport, rester « une mesure de dernier recours ».

Autre point de crispation pour Schengen, le règlement Dublin, qui prévoit que le pays d'arrivée soit le pays qui gère les demandes d'asile. Sa réforme fait l'objet d'une négociation entre le Parlement et le Conseil.

La rapporteuse suédoise Cecilia Wikström (ALDE), lors d'une conférence de presse donnée mercredi au Parlement, parle de « vide juridique ». Elle ajoute : « Il faut soulager les États membres du sud en première ligne. Tout le monde doit assurer sa part de responsabilité », quant à la gestion des demandes d'asile.

Critiques de Brice Hortefeux

Brice Hortefeux, ancien eurodéputé et ministre de l'Intérieur, a critiqué le rapport et souligné l'importance d'un durcissement des frontières et de la politique migratoire en Europe.

« L'Europe que nous avons aujourd'hui n'a rien à voir avec l'Europe de 1985. Nous ne pouvons continuer de défendre un espace de libre circulation où la durée du rétablissement des contrôles aux frontières intérieures est inadaptée à l'ampleur de la menace terroriste transfrontière et de la criminalité organisée. Nous ne pouvons rester démunis lorsque nous assistons à l'explosion du nombre de franchissements irréguliers. Schengen doit être réformé, mais pas dans le sens voulu par le rapport du Parlement européen », a-t-il déclaré.

Ce à quoi Carlos Coelho répond :

« C'est vrai, mais cela ne veut pas dire que le contrôle aux frontières soit la solution. Au contraire, nous avons besoin d'assurer la liberté de circulation aux citoyens européens. La situation s'améliore, nous avons déjà constaté que les arrivées illégales en Grèce et en Italie ont baissé ».

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Par Ninon Bulckaert, Euractiv.fr

(Article publié le jeudi 31 mai à 11:14 et mis à jour:  17:38)

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Commentaires
a écrit le 03/06/2018 à 20:30 :
C'est une soi disant "union" mais visiblement une union forcée, sinon la question ne se poserai pas!
a écrit le 03/06/2018 à 19:04 :
Cela me conforte dans mes idées. A savoir : une Europe oui, mais pas l’Europe libérale. Ou bien on la réforme en profondeur, et on peut très bien cohabiter dans une Europe des nations, ou alors on la saborde. Cette commission veut nous imposer sa vue. C’est un déni de démocratie. Il y en a marre d’être criminalisé si on ne pense pas libéral. L’Europe actuelle n’a rien apporté de positif au citoyen de notre pays. Emplois précaires, salaires stagnant ou en baisse, trop de taxes ….Ras le bol.
a écrit le 03/06/2018 à 15:52 :
Le Parlement Européen ne comprend rien à l'Europe, ne sert à rien, et coûte très cher.
Voilà une belle possibilité d'économies !
a écrit le 02/06/2018 à 22:02 :
A quoi sert le Parlement européen ? Il n'a de parlement que le nom ! Et il s'acharne si bien à incarner cette Union Européenne que l'on adore détester...
a écrit le 02/06/2018 à 14:14 :
Qu’est-ce qu’ils racontent ceux-là ... moi ca me dérange pas de sortir mon passeport ou ma carte d’identité dans schengen ! Au contraire , le rétablissement des contrôles ne me gêne pas du tout et me rassure . Il doit même être durci ! La France n’est pas une passoire !! Quand on voit la multiplication des attentats on se demande d’où sortent ces zozos !
Réponse de le 02/06/2018 à 18:26 :
100 % d'accord avec Ritchi
a écrit le 02/06/2018 à 11:53 :
Comment peut-on être aussi borné, optu et dans le déni de réalité pour vouloir relancer ce sujet qui ne fait que monter le populisme et l'extrême droite. A moins qu'en final, le parlement Européen ne rêve que de sa suprématie dans une "Europe totalitaire" ?
a écrit le 02/06/2018 à 8:57 :
on lit dans l’article : « Le rapport précise que ce retour aux frontières dures au sein de l'Union a de « graves répercussions sur la vie des citoyens européens [...], et altère considérablement la confiance dans les institutions européennes. » «  !

les auteurs devraient prendre conscience que c’est tout l’inverse qui se produit !

eux par leurs écrits et leurs belles idées altèrent la confiance des citoyens dans les institutions européennes !

mais je ne vais pas leur reprocher de scier la branche sur laquelle ils sont assis...
a écrit le 02/06/2018 à 7:44 :
"viendez viendez" disent les technocrates europeistes. eux n'en ont que faire, ils vivent a bruxelle dans leur quartier bobo chic surprotege. c'est la populasse qui de toute facon devra integrer ces riches nouveaux entrants
a écrit le 02/06/2018 à 6:08 :
Cela me sidère que l'on puisse remettre en question la liberté des Etats qui ne se sont pas engagés dans l'accord de Schengen.
Qui plus est, tous reconnaissent que l'accord ne répond absolument plus aux phénomènes migratoires d'aujourd'hui.
Et pourquoi l'Europe en destination des migrants d'Afrique et des pays arabes quand le contient africain compte plus de cinquante pays et le Moyen-Orient en compte une vingtaine dont moins d'un quart seulement n'offre pas une sécurité suffisante.

Voilà bien l'Europe que des ultra-libéraux nous ont construit : une Europe impériale enlevant toute souveraineté aux Etats. Non contents de ne pas protéger les espaces intérieurs, il faudrait encore que ces tyrans non élus de la commission contraignent tout membre à des obligations non agrées.
Cela me rappelle la clique Hollande/Vals/Merckel qui voulait imposer des pénalités financières au Etats en droit de refuser des migrants sur leur sol.

J'ai été un fervent et ardent défenseur de l'Europe des années 1960.
J'en suis aujourd'hui un de ses plus acharnés ennemis haineux.
Que s'est il passé entre temps ?
Rien d'autre que l'impérialisme contraignant d'un organe hors de toute légitimité qui veut se mêler de tout à l'intérieur des Etats en confisquant toute souveraineté.
Autrement dit, tout le contraire de ce que voulait les pères fondateurs de l'Europe dont n'a jamais fait partie Jean Monnet qui n'a été qu'un fossoyeur de la souveraineté des Etats/nations et qui prônait le fédéralisme quand De Gaulle défendait le confédéralisme.
L'outrecuidance de cet organe va même jusqu'à obliger les Etats à mieux traiter les migrants que ne sont traités les nationaux de chaque Etat membre en imposant toute sortes d'aides et de minima d'accueil. C'est vraiment un monde bien à part !

Faites bien attention mesdames et messieurs les gueules d'ange, car à force de vouloir en imposer à tous les citoyens, vos facéties finiront par vous faire rattraper par eux.
a écrit le 01/06/2018 à 22:50 :
les gens qui ont produit ce «  rapport » :
ils sont de quelle planète ?

les frontières «  sont » indispensables!
ces gens qui ont fait le rapport :
ils n’ ont pas de «  défenses internes et externes » de leur zone de «  confort » ?
Eh bien , c’est pareil pour tous pays «  qui sont normaux »

la crise migratoire ne peut être que résolu avec l’implication sérieuse de l’onu :

la terre est grande : il faut sécuriser un espace pour tous les migrants : genre de village flexible et modulable , le temps de trouver des solutions efficaces et humaines sans déstabiliser l’Europe.
a écrit le 01/06/2018 à 19:10 :
Et pourquoi pas un autoroute , quoi que ….. !
a écrit le 01/06/2018 à 19:02 :
A la rigueur les pays de l'Est qui préfèrent les USA à l'Europe n'ont qu'à signer un traité de libre-échange avec les USA. Si ils veulent jouer le jeu européen alors on en reparlera.
a écrit le 01/06/2018 à 17:58 :
Tous les états de l UE devraient être dans schengen avec un effort réel et durable pour la police des frontières extérieures qui sur le modèle des usa ou du Canada, devraient relevée d'une police fédérale. Les États comme l'Irlande qui refuse schengen mais préfère la cta avec le uk devrait être obligée de rentrer dans le rang. Il est intolérable que les britanniques puisent voyager sans papiers entre les deux îles et les européens soient obligés de présenter des papiers. Quand la uk sera d'ortie en 2019 cette bizarrerie doit cesser. L UE doit devenir lisible et en terminer avec les opt outs.
a écrit le 01/06/2018 à 15:38 :
Mais c'est totalement déconnecté des réalités.

Schengen était un excellent dispositif quand il y n'y avait que quelques dizaines de milliers de candidats à l'entrée dans l'Europe et que tous les pays frontaliers avaient les moyens d'y faire face sans que ça pose des problèmes insurmontables.

On n'en n'est plus là depuis longtemps. Ça fait une dizaine d'année que l'ensemble des pays auraient dû, ne serait ce que par solidarité sinon par réalisme, apporter une aide active et pérenne à la Grêce, l’Italie, aux pays d'Europe centrale, pour gérer les flux de migrants avec des hot spots et une répartition immédiate des réfugiés.

Chacun, notamment dans les pays où il n'y a pas d'immigration directe, a préféré jouer perso pour des raisons de basse politique locale, et laisser les autres se démerder avec le problème.

Le résultat est là: des gouvernements ultra-nationalistes dans une demi douzaine de pays, l'idée européenne est déconsidérée, Schengen n'est plus appliquée qu'en partie, l'Europe passe des deals honteux pour que la Lybie garde les migrants (et au passage les pille, les viole et les rançonne avant de les vendre comme esclave)...

On pouvait faire autrement. Moi qui suis français européen, habitant d'une région triplement frontalière (Allemagne, Belgique, Luxembourg), et partisan de l'Europe, je commence à désespérer.
On pouvait faire autrement sur la crise financière de 2007, on pouvait faire autrement avec les travailleurs déplacés, on pouvait faire autrement avec le droit social européen...

Mais peut être est t'il déjà trop tard pour empêcher le retour au siècle dernier, à ses guerres, économiques et militaires, ses nationalismes, ses drames.
a écrit le 01/06/2018 à 13:41 :
Tant que l'Europe ne sera pas un pays avec des lois identiques partout, le citoyen européen n'existera pas. Les citoyens des différents pays en ont marre de ces guerres internes à l'Europe et aimeraient bien que les lobby cessent de nuire.
Réponse de le 01/06/2018 à 14:00 :
Un pays aux pouvoir et aux lois centralisées à la française dans un contexte aussi multi-culturel est impensable. Cela engendrerait beaucoup trop de conflits indépendantistes.

Au mieux, l'Europe pourrait devenir un véritable État fédéral sur le modèle de l'Allemagne, la Suisse ou les USA. Dans tous les cas, il y aura toujours des loi supranationales (ou fédérales) et des lois nationales (ou locale).

En bref, en somme, une Europe comme aujourd'hui mais avec un statut officiel d'Etat fédéral.
a écrit le 01/06/2018 à 13:41 :
Et hop un coup de pouce de plus aux populistes anti-européens.A quelques mois des élections européennes on ne peut pas faire plus idiot et politiquement autiste. Décidément en Europe, le "spoil system" fonctionne bien avec du pognon on en fait ce qu'on veut des députés.
a écrit le 01/06/2018 à 12:53 :
mais avec de la justice sociale, l'europe sera belle et harmonieuse et totalement différente de l'hideuse Amérique.
Vite, montons sur nos licornes et "réformons" l'europe.
Vive l'europe à 56.
A quand l'entrée du zimbabwe dans l'espace schengen ?
a écrit le 01/06/2018 à 12:12 :
Le mot est lâché...le "repli sur soi" !!! Cette façon de culpabiliser, à tord, les peuples européens est insupportable !!
a écrit le 01/06/2018 à 12:07 :
Sage mesure, prélude à une réorientation vers l'Europe des nations ou les pays mutualiseraient un certains nombres d'actions ( nous avons bien fait Concorde avec les Anglais avant cette Europe) reste le soldat Euro, bien adapté pour les pays du nord et surévalué pour les autres mais il doit bien y avoir une solution pour l'adapter.
a écrit le 01/06/2018 à 10:56 :
L'administration bruxelloise a des intérêts de main mise sur des territoires en maintenant chaos!
a écrit le 01/06/2018 à 10:47 :
Entièrement d'accord!
D'ailleurs vous remarquerez que les gens qui préconisent ce genre de mesure vivent dans des beaux quartiers, entre eux. Ils ne voient pas physiquement le résultat de cette immigration massive.
Réponse de le 01/06/2018 à 14:09 :
La majorité des personnes anti-immigration sont des personnes qui ne côtoient aucune personne issue de l'immigration. J'ai habité en ville et à la campagne.

A la campagne, c'est effrayant le nombre de personnes anti-immigrés alors qu'ils sont tous 100% français sur 76 générations. Ils ne voient que des purs français à longueur de temps...

En ville, alors qu'il y a des immigrés partout, bizarrement, les gens se sentent moins envahis. La diversité est considérée comme davantage "normale".

La France a un déficit des naissances. On veut conserver notre retraite à la Ponzi (nécessitant donc plus de cotisants que de retraités), mais on ne veut personne d'étranger pour la payer... A un moment il faudra choisir. Retraite à 90 ans ou immigration.

Après il faut évidement une immigration intelligente (j'aime bien celle de l'Australie basée sur les compétences en déficit dans le pays), mais elle peut très bien être appliquée au niveau Européen, pas nécessairement au niveau national.
a écrit le 01/06/2018 à 9:00 :
Ils sont bien deconnectes des realites ces politocards de Bruxelles. Bien installes dans de confortables bureaux bien securises.
Le "populisme" a de beaux jours en persective devant lui.
Il est normal de controler ses frontieres: Accepteraient-ils que des gens campent dans le fond de leur jardin ? La reponse va de soit.
a écrit le 01/06/2018 à 8:56 :
comment un journal peut -il publié cet article?

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