Abandonner Schengen coûterait 10 milliards par an à la France

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Un chiffre astronomique. Un rétablissement des contrôles aux frontières au sein même de l'espace Schengen, actuellement mis sous pression par la crise des réfugiés, coûterait à l'économie française de un à deux milliards d'euros par an à court terme et plus de 10 milliards d'euros par an à plus long terme, selon une étude de France Stratégie publiée mercredi 3 février.
Selon ce document réalisé par Vincent Aussilloux et Boris Le Hir, membres de cet organisme -ancien commissariat au Plan- placé auprès du Premier ministre, l'abandon de l'espace Schengen aurait des conséquences à court terme sur le travail frontalier, le tourisme et le transport de marchandises. La baisse des recettes touristiques est estimée entre 500 millions d'euros et un milliard d'euros par an.
France Stratégie estime par ailleurs que le rétablissement des contrôles aux frontières pourrait réduire les opportunités de travail frontalier. L'organisme évalue la baisse du nombre de travailleurs frontaliers entre 5.000 et 10.000, avec une perte pour l'économie de 150 millions à 300 millions d'euros, des chiffres qui ne tiennent pas compte des coûts liés à l'accroissement du chômage.
Il y aurait aussi un impact sur les flux de marchandises, chiffré entre 62 millions d'euros par an à l'import et autant à l'export en cas de contrôles réduits des camions aux frontières, et le double en cas de contrôle systématique.
A moyen et long terme, une pérennisation des contrôles d'identité aux frontières aurait des conséquences beaucoup plus lourdes sur le commerce extérieur: "le PIB serait dégradé de 0,50% en 2025 par rapport à la situation soit près de 13 milliards d'euros constants et le coût pour l'espace Schengen serait de 0,79 point de PIB au total, équivalant à une perte sèche de plus de 110 milliards d'euros", écrivent les auteurs de l'étude.
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L'espace Schengen est une zone de libre circulation où les contrôles aux frontières ont été abolis pour les voyageurs, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Mais ces derniers mois, face à l'intensification de la menace terroriste et un afflux de réfugiés parfois incontrôlable, plusieurs Etats membres de l'UE, dont la France, ont réintroduit des contrôles provisoires à leurs frontières.
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La semaine dernière, les 28 ont demandé à la Commission de lancer une procédure permettant d'étendre jusqu'à deux ans les rétablissements de contrôles aux frontières intérieures de Schengen, normalement limités à six mois.
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