Le Royaume-Uni taxe davantage les multinationales mais réduit l'impôt sur les sociétés

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Deux poids et deux mesures. Lors de la présentation du budget de l'Etat britannique devant la Chambre des communes, mercredi 16 mars, le ministre des Finances, George Osborne, a dévoilé sa stratégie pour soutenir les entreprises aux Royaume-Uni sans pour autant faire de cadeaux aux multinationales, dont les pratiques fiscales ont choqué l'opinion outre-Manche.
Ainsi, d'une part, l'impôt sur les sociétés sera baissé, passant de 20% actuellement à 17% en 2020. Il se rapprochera donc de celui de l'Irlande (12 %) et deviendra le plus faible du G20. George Osborne accélère ainsi un mouvement déjà commencé en 2010, lorsque cette taxe était de 28%.
D'autre part toutefois, le ministre des Finances a déclaré vouloir instaurer un système qui "comprendra des impôts bas pour attirer les multinationales que nous voulons voir au Royaume-Uni, mais garantira aussi qu'elles paient des impôt ici aussi". A partir d'avril 2017, les principales multinationales verront notamment plafonné le montant maximal qu'elles peuvent déduire de leurs impôts en empruntant des sommes au Royaume-Uni pour les investir ailleurs.
Le Trésor va aussi instaurer "des règles pour empêcher les structures complexes qui permettent à certaines multinationales d'éviter de payer des impôts où que ce soit, ou de déduire les mêmes dépenses dans plusieurs pays", a ajouté le ministre. Il va également chercher à taxer davantage les recettes liées à l'exploitation de brevets, qui sont souvent "exportées" par les multinationales vers des pays à moindre taxation voire vers des paradis fiscaux.
Le montant d'impôt payé par des multinationales, notamment dans le secteur des hautes technologies, a indigné l'opinion britannique dernièrement.
En début d'année, l'administration fiscale a conclu un accord avec le géant américain de l'internet Google, en vertu duquel ce dernier s'est engagé à verser 130 millions de livres d'arriérés d'impôts pour la période de 2005 à 2015 (168 millions d'euros). Ce montant a été jugé dérisoire par l'opposition travailliste mais aussi par des responsables du parti conservateur au pouvoir.
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Facebook avait pour sa part suscité l'indignation dans le pays lorsqu'il était apparu qu'il n'avait payé que 4.327 livres d'impôts sur les sociétés (5.600 euros) en 2014. Début mars, il a ainsi annoncé que les recettes publicitaires tirées de ses grands clients britanniques seraient désormais déclarées au Royaume-Uni et plus en Irlande, où il a son siège européen, ce qui devrait le conduire à payer plus d'impôts.
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