Les classes moyennes se sont réduites en vingt ans en Allemagne et aux Etats-Unis

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La classe moyenne recule en Allemagne et aux Etats-Unis depuis 1981.
La classe moyenne recule en Allemagne et aux Etats-Unis depuis 1981. (Crédits : © Brendan McDermid / Reuters)
Une étude de l'institut DIW de Berlin souligne le recul des classes moyennes en Allemagne et aux Etats-Unis. En Allemagne, le déclassement est plus notable, surtout chez les étrangers.

Les trente dernières années ont été très dures pour les classes moyennes des deux côtés de l'Atlantique. C'est ce que révèle une étude de l'institut DIW de Berlin parue cette semaine et qui a retraité les statistiques de revenus bruts allemandes et étasuniennes pour pouvoir les comparer. La part de la population adulte disposant d'un revenu compris entre 67 % et 200 % du revenu médian a ainsi reculé fortement en trente ans.

La réduction des classes moyennes

En 1981, cette classe moyenne représentait 59 % des adultes aux Etats-Unis. Cette proportion a reculé à 56 % en 1991, puis à 50 % en 2015. En Allemagne, en 1983, la classe moyenne représentait 69 % des adultes ouest-allemand. En 1991, dans l'Allemagne réunifiée, cette proportion était encore de 66 %. Elle est aujourd'hui de 61 %. Entre 1991 et les derniers chiffres disponibles, le recul de la classe moyenne s'élève à 6 points aux Etats-Unis et à 5 points en Allemagne. Depuis 2000, cette évolution s'accompagne d'un recul du revenu médian lui-même pour les classes moyennes. Aux Etats-Unis, ce revenu s'est abaissé de 4 % entre 2000 et 2014, alors qu'en Allemagne, il a reculé de 1 %.

Où vont ceux qui quittent les classes moyennes ?

Parallèlement, les deux classes extrêmes, les plus pauvres et les plus riches ont donc progressé. Aux Etats-Unis, la proportion des personnes gagnant plus de 200 % que le revenu médian est passé de 15 % en 1981 à 17 % en 1991 et 21 % du total en 2015. Mais parallèlement, ceux gagnant moins de 67 % du revenu médian sont passés d'une proportion de 26 % en 1981 à 27 % en 1991 et 29 % en 2015. La réduction des classes moyennes outre-Atlantique s'explique donc majoritairement par un enrichissement que par un appauvrissement, même si la proportion des classes les plus pauvres demeure très importante.

En Allemagne, la situation est assez différente. Les classes aux revenus plus élevés sont passées de 9 % de l'ensemble des adultes en 1983 à 10 % en 1991, puis à 13 % en 2013. Mais les classes aux revenus les moins élevées sont passées de 23 % en 1983 à 24 % en 1991 et 27 % en 2013. Entre 1991 et 2013, l'abaissement de la classe moyenne allemande s'explique donc autant par un déclassement que par un enrichissement.

Les étrangers très touchés par le déclassement en Allemagne

L'étude met en avant une réalité inquiétante pour l'Allemagne qui va devoir faire face au défi de l'intégration du million de réfugiés venu de Syrie en 2015 : les étrangers outre-Rhin sont les plus menacés par le déclassement de la classe moyenne. Entre 1991 et 2013, les personnes étrangères de classe moyenne sont passées de 71 % à 55 % chez les étrangers en Allemagne, contre un recul de 65 % à 62 % pour les Allemands. Et si la proportion d'Allemands ayant un revenu inférieur à 67 % du revenu médian est restée stable à 24 %, la même proportion pour les étrangers est passée de 22 % à 37 % entre 1991 et 2013.

Défi pour l'intégration des réfugiés outre-Rhin

Ceci pose un défi majeur pour les politiques sociales en Allemagne. La croissance économique du pays profite en effet très nettement aux seuls Allemands au détriment très net des étrangers. La raison en est simple : les étrangers sont, outre-Rhin, les premiers à subir les effets des « réformes », notamment dans le domaine du marché du travail. Comme le souligne l'économiste Markus Grabka, l'amélioration de l'emploi outre-Rhin n'a pas freiné le phénomène. L'intégration des réfugiés devra donc nécessairement inverser cette tendance.

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Commentaires
a écrit le 15/05/2016 à 8:20 :
Dans la déclaration des droits de l'homme, il est
écrit : que tout homme nait libre et égaux en droits,
alors la notion de classe n'a pas été comprise par
tous, le passé ne nous a rien appris.
Heureusement que le Soleil, notre bonne étoile ne
fait pas de tels calculs, il brille pour tous ! (c'est
une réalité ). Revenons à nos moutons et pas ceux
de Panurge.
a écrit le 13/05/2016 à 15:17 :
les stats, on leur fait dire ce qu'on veut, faut juste choisir les bonnes ( et je sais de quoi je parle!)
pour le reste, comparer au salaire median, c'est bien, ca veut pas dire grand chose, sauf pour calculer des coeffs de gini
a 67% du salaire median allemand on est combien de fois au dessus du niveau de salaire en afrique ( 600 dollars/an)
apres on met quoi dans ' salaire'...... thilo sarrazin, qui est spd, a ecrit un bouquin ' Deutschland schafft sich ab' sur le pb des aides sociales en allemagne.... je ne doute pas un instant qu'on ne les prend pas en compte
je pense aussi qu'on parle du salaire brut, alors que les impots en allemagne sont tres lourds ( pour tt le monde!!)
enfin, j'espere que vous ne decouvrez pas que les immigres de masse prenent en general les metiers peu qualifies et peu remuneres
la part des ingenieurs et autres est assez faible
maintenant, effectivement, y a un certain nombre de boites qui remplacent les allemands a salaire allemand par des migrants a salaire de migrants ( ce qui rend les premiers furieux, on peut les comprendre)
a écrit le 13/05/2016 à 13:44 :
"La réduction des classes moyennes outre-Atlantique s'explique donc majoritairement par un enrichissement que par un appauvrissement"
Vous n'êtes pas statisticien j'espère? Si sur l'ensemble des gens sortis de la classe moyenne, plus de 50% le sont par enrichissement alors je prends mon billet pour les USA dans la seconde!
a écrit le 13/05/2016 à 7:57 :
Par rapport au revenu median....mais si celui ci baisse....????
a écrit le 12/05/2016 à 23:54 :
Markus aime les étrangers corvéables à souhait !

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