Les Grecs ont retrouvé leur télévision publique

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Les présentateurs Nikos Angelidis et Vassiliki Haina préparent leur premier journal à l’antenne ce jeudi 11 juin dans les studios d’Athènes, deux ans après la fermeture brutale de ERT.
Les présentateurs Nikos Angelidis et Vassiliki Haina préparent leur premier journal à l’antenne ce jeudi 11 juin dans les studios d’Athènes, deux ans après la fermeture brutale de ERT. (Crédits : Reuters Alkis Konstantinidis)
Cela faisait tout juste deux ans que le pays ne s'était pas réveillé avec ses radios et ses chaînes de télévision publiques. Ce matin, à 6 heures locales, ERT a de nouveau émis depuis ses locaux historiques au nord d'Athènes.

Deux ans, jour pour jour, après la fermeture de la télévision publique, la Elliniki Radiofonia Tileorasi, plus connue sous le nom de ERT (qui regroupait à l'origine trois chaînes de télévision publique et cinq radios) rouvre l'antenne ce jeudi 11 juin, avec l'hymne national grec en fond sonore :

La réouverture de ERT, le parti de la gauche radicale Syriza, vainqueur des élections législatives le 25 janvier dernier, en avait même fait une promesse de campagne. En avril, le Parlement grec a voté le rétablissement de la télévision publique, principalement porté par la majorité du gouvernement de coalition (composée de la gauche radicale et des Grecs indépendants), et rejeté par Nouvelle-Démocratie, le principale parti d'opposition, à droite de l'échiquier politique. Et pour cause.

Des coûts faramineux et, au final, 2.650 employés sur la touche

Le 11 juin 2013, le gouvernement conservateur d'Antonis Samaras avait exigé la fermeture de la télévision publique hellène, devenue trop onéreuse pour un gouvernement en pleine cure d'austérité. Une décision radicale (elle laisse alors sur le banc de touche 2.650 employés) et justifiée par le coût astronomique de la télévision publique (300 millions d'euros de coûts annuels).

A l'époque,  Athènes déplorait "un cas exceptionnel d'absence de transparence et de dépenses incroyables".  Antonis Samaras, le Premier ministre qualifiait ERT de « foyer de privilèges, d'opacité et de gaspillage ».

La nouvelle ERT coûtera 60 millions d'euros par an contre 300 millions

En août 2013, une autre chaîne, DT, avait été créée à la-va-vite. Il faut attendre mai 2014 pour que NERIT, la nouvelle télévision grecque publique, voit le jour avec des effectifs drastiquement réduits; une équipe de 800 personnes seulement.

La réouverture de l'ERT devrait permettre la réintégration des 1.550 anciens employés de la ERT, qui rejoindront les autres employés de Nerit. Les coûts de fonctionnement ont de leur côté subi une sacrée cure d'amincissement. Le projet de loi intitulé "Règles pour l'organisme de radio-télévision (ERT), société anonyme" prévoit que "le coût de la ERT s'élève à 60 millions d'euros par an et sera couvert par la redevance qui a été fixée à 3 euros par mois".

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Commentaires
a écrit le 12/06/2015 à 16:16 :
Qui paye cette belle télévision publique, alors que l'état grec na plus d'argent ?
Réponse de le 12/06/2015 à 17:09 :
Dans une démocratie, il est inconcevable que les citoyens n'aient pas accès à une information de service public. Imaginez en France le tollé que cela créerait si la même chose arrivait.
Notez que la décision du précédent gouvernement de droite, de fermer le service public audiovisuel lui a permis de mener tranquillement ses réformes appuyées par les télés et radios privées à le solde de l'ultralibéralisme.

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