Les libéraux du FDP, discrets faiseurs de rois en Allemagne
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Christian Lindner, leader du FPD, le parti libéral-démocrate.
Reuters
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Christian Lindner, leader du FPD, le parti libéral-démocrate.
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Vu de France, et son régime présidentiel, la constitution d'un gouvernement en Allemagne apparaît étrange. Dans ce régime parlementaire, ce sont les deux partis qui sont arrivés en troisième et quatrième positions, les écologistes des Grünen et les libéraux du FDP, qui négocient d'abord une entente avant d'aller discuter d'un accord de gouvernement avec le SPD, parti arrivé en tête, pour constituer une coalition "Feux tricolores" (rouge-vert-jaune) ou, en cas d'échec, une coalition "Jamaïque" (noir-vert-jaune) avec la CDU-CSU.
Car sur les 735 sièges du Bundestag, les deux partis "juniors" en totalisent 218 (118 sièges pour les Verts, soit 14,8%, et 92 sièges pour le FDP, soit 11,5%). S'ils sont loin des scores des leaders historiques - le SPD a 206 sièges (25,7%), la CDU-CSU 196 sièges (24,1%) -, ils sont néanmoins devenus incontournables pour obtenir la majorité des 368 sièges, CSU et SPD ne voulant pas reconduire leur "grande coalition" du gouvernement sortant.
Ces négociations pourraient prendre plusieurs semaines pour aboutir. Si les Grünen et leurs positions sont plus connus - ils avaient l'ambition de faire jeu égal avec le SPD et la CDU -, ce n'est pas le cas du deuxième parti faiseur de rois, le FDP (Freie Demokratische Partei, Parti libéral-démocrate) qui fait figure de revenant. En effet, en 2013, il n'avait pas réussi à obtenir les 5% nécessaires pour siéger au Bundestag, le faisant disparaître des radars nationaux.
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C'est pourtant durant cette traversée du désert que le parti, sous la houlette de son ancien secrétaire général devenu président, Christian Lindner, a préparé le terrain de sa renaissance. Il a renouvelé ses équipes et son organisation, modernisé son programme en intégrant des réformes plus modérées, le tout lui conférant une nouvelle image auprès de ses quelque 65.000 membres. Une démarche gagnante qui lui a permis de revenir siéger au parlement dès 2017, obtenant 10,7% des votes, séduisant un électorat dont la composition sociologique compte les professions libérales, les hauts revenus et les grands acteurs de l'économie, qui sont favorables au progrès technologique et à la mondialisation.