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ÉconomieUnion européenne

Macron propose de reconduire Thierry Breton au poste de commissaire européen, Marine Le Pen s'insurge

latribune.fr

Publié le 28 juin 2024 à 10:48 - Mis à jour le 28 juin 2024 à 11:27

Marine Le Pen a contesté, ce vendredi, le choix d'Emmanuel Macron de reconduire Thierry Breton comme commissaire européen.

Marine Le Pen a contesté, ce vendredi, le choix d'Emmanuel Macron de reconduire Thierry Breton comme commissaire européen.

LUDOVIC MARIN

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

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Le président Emmanuel Macron souhaite la reconduction de Thierry Breton comme membre français de la Commission européenne et l'a annoncé lors d'une réunion de ses alliés libéraux, jeudi, à Bruxelles. Une décision loin de plaire au RN et à Marine Le Pen qui estime que cette prérogative reviendra au nouveau Premier ministre.

En cas de cohabitation, qui pourra désigner le commissaire européen ? Marine Le Pen a en tout cas contesté ce vendredi le choix d'Emmanuel Macron de reconduire Thierry Breton comme commissaire européen, poursuivant son bras de fer entamé avec l'Elysée sur les prérogatives du Premier ministre en cas de cohabitation.

«Il est de la prérogative du Premier ministre de nommer le commissaire européen(...) Il est évident que M. Breton n'a pas défendu les intérêts de la France lors de son mandat», a-t-elle déclaré sur Europe1/Cnews, faisant de la lecture de la Constitution une interprétation contraire à celle du président de la République.

En effet, comme pour couper l'herbe sous le pied du RN et bien montrer qu'il s'agit à ses yeux d'une prérogative présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé, dès jeudi à ses alliés libéraux européens, sa volonté de reconduire le Français Thierry Breton comme commissaire, selon des sources européennes. Devant la presse, le président s'est borné à dire que le commissaire sortant avait « l'expérience et les qualités » requises, sans aller jusqu'à le désigner formellement.

Pour rappel, Thierry Breton occupe depuis 2019 le poste de commissaire au Marché intérieur, un vaste portefeuille qui inclut le numérique et l'industrie. Il s'est imposé comme une figure de l'exécutif bruxellois en s'attaquant aux abus de pouvoir des géants de la tech.

Flou juridique

Sous couvert d'anonymat, plusieurs macronistes reconnaissent qu'une cohabitation avec le RN ne serait pas un long fleuve tranquille, y compris sur les dossiers européens. Jordan Bardella a fait savoir son intention de nommer le futur représentant de la France à la Commission européenne s'il remporte les législatives et arrive à former un gouvernement. Un scénario de plus en plus envisageable au vu des derniers sondages. D'après la dernière enquête réalisée par Elabe pour « La Tribune Dimanche », BFMTV et RMC, le Rassemblement national arriverait en tête avec 36% des voix.

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En cas de cohabitation, des proches du président reconnaissent un certain flou juridique concernant celui qui pourra nommer le futur commissaire européen, que les précédents ne permettent pas de trancher. Lors des cohabitations 1986-88 et 1997-2002, chaque tête de l'exécutif avait choisi l'un des deux commissaires européens attribués à la France. Mais il n'y a désormais plus qu'un siège à Bruxelles.

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Marine Le Pen a, de son côté, relativisé le « domaine réservé » qui donne au chef de l'Etat la prééminence sur les questions de diplomatie et de défense en cas de cohabitation. « Chef des armées, pour le président, c'est un titre honorifique puisque c'est le Premier ministre qui tient les cordons de la bourse », a-t-elle estimé.

Interpellé en marge du sommet, Emmanuel Macron a d'abord refusé d'entrer dans « un débat de constitutionnalistes », mais pour aussitôt dénoncer l' « arrogance » de l'extrême droite qui « s'est déjà répartie » tous les postes et se voit « déjà dans la place ».

Bruxelles redoute la cohabitation avec l'extrême droite

A Bruxelles, les alliés d'Emmanuel Macron redoutent une cohabitation avec l'extrême droite aux multiples inconnues. Les élections législatives françaises des 30 juin et 7 juillet n'ont « pas officiellement » été au menu du conseil européen qui s'est tenu jeudi dans la capitale belge, « mais bien sûr, c'est ce dont tout le monde parle », a déclaré durant la journée le Premier ministre hongrois Viktor Orban. « La France est décisive en Europe, et de grandes choses peuvent s'y passer dimanche » lors du premier tour, a-t-il ajouté. Et le dirigeant nationaliste se frotte les mains : il a souvent croisé le fer avec Emmanuel Macron.

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, s'était lui dit dimanche « préoccupé par les élections en France ». Le social-démocrate a souhaité la victoire des « partis qui ne sont pas celui de Le Pen ».

Au-delà, c'est la question de l'influence d'Emmanuel Macron en Europe qui se pose. D'autant que les candidats de la majorité présidentielle ont déjà essuyé une lourde défaite face au RN aux élections européennes du 9 juin, et que Renew, leur groupe libéral au Parlement européen, a été rétrogradé à la quatrième place derrière celui de la Première ministre ultraconservatrice italienne Giorgia Meloni.

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Inquiétude autour de l'Ukraine

L'inquiétude concerne également l'aide apporté à l'Ukraine, le président s'étant engagé à soutenir le pays face à l'invasion russe. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a toutefois dit croire, dans des déclarations à l'AFP, que « les Français continueront à soutenir l'Ukraine quelle que soit la situation politique ».

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D'autant que l'aide militaire de trois milliards d'euros promise à Kiev pour cette année ne dépend pas de Macron, reconnaît un spécialiste des questions internationales du camp présidentiel. « Les Ukrainiens sont inquiets » car le RN, régulièrement épinglé par le passé pour sa proximité avec la Russie, ne s'est « rallié que du bout des lèvres au soutien à Kiev », commente-t-il.

(Avec AFP)

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