Merz et Macron s'allient pour réarmer l’Europe

Maxime Heuze

Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz en visite à l'Élysée le 7 mai 2025
Reuters

Maxime Heuze

Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz en visite à l'Élysée le 7 mai 2025
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Qui aurait cru que la menace de Trump d'abandonner l'Ukraine aux mains de Vladimir Poutine aurait permis de rapprocher l'Allemagne et la France ? C'est pourtant ce qui se profile après la visite du chancelier fraîchement élu en France.
À l'occasion de leur rencontre, Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont annoncé la mise en place d'un « conseil de défense et de sécurité » commun qui « se réunira régulièrement pour apporter des réponses opérationnelles aux défis stratégiques communs », a précisé le président français, lors d'une conférence de presse.
Tout un symbole puisque « ce type de conseil existe depuis 1988 mais le dernier s'était tenu fin mai 2024 et n'avait pas pu être renouvelé à cause des crises politiques qu'ont connues les deux pays l'année dernière », explique à La Tribune Paul Maurice, le président du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa). Et le retour de la coopération entre les deux voisins européens ne s'arrête pas là.
« Nous établirons un programme commun d'innovation de défense, pour permettre les innovations de rupture nécessaires à la guerre de demain », a également annoncé le chef de l'État français. Avant d'ajouter vouloir relancer le « réflexe franco-allemand », construire l'action des deux pays « systématiquement ensemble » et « répondre ensemble aux défis que l'Europe affronte ». Parmi ces défis : le financement de la défense européenne.
Alors que Donald Trump menace de laisser tomber l'Ukraine et de ne pas protéger les pays de l'Otan qui ne consacrent pas 2 % de leur PIB au budget de leur défense, les pays européens ont décidé de mettre les bouchées doubles pour se réarmer. La Commission a ainsi dévoilé début mars un plan permettant de mobiliser 800 milliards d'euros sur quatre ans quand l'Allemagne a voté un plan de financement de sa défense massif représentant 1 000 à 1 500 milliards d'euros et qui seront injectés dans l'économie au cours de la prochaine décennie. Un volume nécessaire pour contrer la « guerre contre l'Europe » menée par la Russie.
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De son côté, Emmanuel Macron Emmanuel Macron souhaite porter à 3 % voire 3,5 % contre 2 % aujourd'hui. « Les deux pays veulent être un pilier européen de l'Otan au moment où les États-Unis semblent s'éloigner », analyse le président du Cerfa. En s'alliant, ils entendent ainsi former un bloc au sein des Vingt-sept « face à des pays plus réticents comme la Hongrie ou, dans une moindre mesure, l'Italie », ajoute-t-il.
Ce rapprochement franco-allemand pourrait aussi passer par le partage de la bombe nucléaire. Dans une Europe menacée par Moscou et sa puissance nucléaire, les pays disposant de l'arme de dissuasion ultime sont courtisés. Et justement, ce mercredi, Friedrich Merz s'est dit prêt à « parler avec la France et la Grande-Bretagne » de la dissuasion nucléaire en Europe.
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Cette discussion est « vue de façon explicite comme complément à ce que nous avons déjà avec nos partenaires américains au sein de l'Otan » a ajouté le chef de l'État allemand avant d'annoncer que ses ministres discuteraient avec leurs homologues français sur ce sujet. Pour le chancelier allemand, cette discussion ne peut cependant être qu'un « complément » de la protection nucléaire américaine dans le cadre de l'Otan. Un appel à Donald Trump avec qui le chancelier allemand n'a pas encore discuté.
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