Numéro deux du gouvernement, titulaire du portefeuille des Finances, Lars Klingbeil accède au point culminant de sa carrière politique. Depuis sa première élection au Bundestag, en 2005, ce jeune social-démocrate peinait à se défaire de son image de rocker nonchalant, fumeur invétéré, ancien délégué de classe vêtu d'un indicible T-shirt de Che Guevara. À 47 ans, il devient le ministre le plus puissant du cabinet de Friedrich Merz : aucun projet du futur gouvernement fédéral ne verra le jour sans son soutien.
Co-président du SPD, il a utilisé comme tremplin la défaite électorale des sociaux-démocrates (16,4 % lors des élections législatives anticipées, le 23 février), défendant son rôle de partenaire « junior » dans la coalition bâtie avec les conservateurs de la CDU/CSU. Une stratégie gagnante pour celui qui, dans ses interventions au Bundestag, a souvent associé le destin de l'Allemagne à celui de l'Union européenne. Favorable à la réforme constitutionnelle du frein à l'endettement, qui permettra à l'Allemagne de lever 500 milliards d'euros d'emprunts publics au cours des douze prochaines années, Lars Klingbeil s'apprête à piloter le plan de réinvestissement le plus puissant de l'histoire de la République fédérale. « Nous investirons massivement dans les infrastructures de notre pays et dans les infrastructures liées au climat. C'est essentiel pour une Allemagne forte dans une Europe forte, qui assumera davantage de responsabilités en matière de sécurité, de paix et de prospérité sur notre continent », a-t-il déjà promis.