OTAN : Allemands et Norvégiens s'allient pour mieux protéger leurs infrastructures dans la Baltique

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, et le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr, réclament à l'OTAN « une instance de coordination pour la protection des infrastructures maritimes ». Les deux pays ont été échaudés par les explosions sur Nord Stream et veulent anticiper les scénarios de guerre hybride qui ciblent les infrastructures critiques.
Le Premier ministre danois et le Chancelier allemand Scholz.
Le Premier ministre danois et le Chancelier allemand Scholz. (Crédits : Reuters)

Les explosions sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 ont marqué les pays riverains. En réponse, Allemands et Norvégiens viennent d'annoncer par la voix de leurs chefs de gouvernement Olaf Scholz et Jonas Gahr Store une initiative commune au sein de l'OTAN pour mieux protéger leurs infrastructures maritimes.

« Nous sommes en train de demander au secrétaire général de l'Otan (Jens Stoltenberg, ndlr) de mettre en place une instance de coordination pour la protection des infrastructures maritimes », a déclaré Olaf Scholz devant la presse à Berlin. Le chancelier veut montrer « clairement » que « nous prenons la protection de nos infrastructures très au sérieux et que personne ne peut croire que des attaques resteraient sans conséquences ».

Les explosions sur Nord Stream créent un précédent

Fin septembre, les gazoducs Nord Stream 1 et 2, reliant la Russie à l'Allemagne à travers les eaux de la mer Baltique, ont subi d'importantes fuites suite à des explosions. Peu d'informations sont remontées à la surface sur les causes et les responsables de ces incidents. Stockholm, qui mène l'enquête, pointe un sabotage sur fond de tensions entre la Russie et les Européens depuis l'invasion de l'Ukraine.

« Nos services de renseignement disposent de preuves suggérant que l'attaque a été dirigée et coordonnée par des spécialistes militaires britanniques », réplique de son côté Moscou par la voix du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Dans ce contexte, le Premier ministre norvégien Store dit vouloir davantage se préoccuper de ces infrastructures qui « sont des artères de l'économie moderne », dont son pays est plus que jamais dépendant. L'effondrement des livraisons de gaz russe à l'Europe a propulsé la Norvège au rang de premier fournisseur de gaz des Européens. Le pays scandinave a multiplié par dix en valeur ses exportations de gaz naturel vers l'Europe sur les six premiers mois de 2022 par rapport à l'ensemble de l'année 2020. Pour faire transiter cette manne qui fait sa fortune, la Norvège s'appuie sur des gazoducs à travers la mer du Nord et vient d'en inaugurer un nouveau à travers la Baltique vers la Pologne.

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Alertée comme les Allemands et les Norvégiens par le risque de sabotage d'infrastructures, la Pologne renforce également son arsenal naval alors que les tensions se multiplient autour de l'enclave russe de Kaliningrad où est amarrée la flotte de Moscou. Fin novembre, Varsovie a commandé deux navires militaires de renseignement à l'industriel suédois Saab.

Le spectre de la « guerre hybride »

De leurs côtés, les gouvernements allemands et danois n'ont donné que peu de détails sur la nature de cette initiative « informelle » basée sur « un échange entre les acteurs civils et militaires » sous l'égide de l'Otan et des ministères de la Défense, a déclaré Jonas Gahr Store. Ce dernier affirme que ce projet vise aussi à sécuriser d'autres infrastructures comme les télécommunications.

Les Occidentaux s'inquiètent de plus en plus d'un scénario de « guerre hybride » avec des pays qui, à défaut de batailles rangées entre forces conventionnelles, s'attaquent à des infrastructures vulnérables dans l'énergie, les transports ou les communications pour affaiblir leurs ennemis. La réunion mi-novembre des ministres de l'Intérieur du G7 a insisté sur l'émergence de telles menaces en évoquant le précédent de Nord Stream 1 et 2 et en insistant sur la nécessité de « protéger » les infrastructures stratégiques. En France, Emmanuel Macron pointe notamment la Russie qu'il accuse de « commencer un nouveau type de guerre mondiale hybride ».

(Avec agences)

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