Antonio Costa, Premier ministre du Portugal. Sa formation, le Parti socialiste, obtient la majorité lors des élections législatives anticipes, après sa mise en minorité par l'extrême gauche qui a rejeté en octobre son projet de budget 2022.
Reuters
La nette victoire inattendue du socialiste Antonio Costa, Premier ministre sortant, lui donne une majorité absolue pour mener une relance économique qui passe par des réformes visant à améliorer la compétitivité d'un pays qui dépend trop de son secteur touristique. Il peut compter sur les 16 milliards d'euros du plan de relance européen dont il commence à recevoir les premiers versements.
"Notre mission est très claire, tourner la page de la pandémie et mobiliser toutes les énergies en faveur de la relance et du progrès", s'enthousiasmait, dimanche soir, le Premier ministre portugais Antonio Costa, à l'issue du scrutin des législatives qui lui a donné une majorité absolue (117 députés sur 230), notamment face son rival de centre-droit, Rui Rio (PSD).
Le leader socialiste a visiblement profité d'un vote utile - les sondages prévoyaient un duel serré - de la part notamment d'une partie des électeurs d'extrême gauche. Les autres gagnants du scrutin sont le parti d'extrême droite Chega (Ça suffit !) qui obtient 12 députés contre 1 dans la chambre sortante, et, dans une moindre mesure, les libéraux de Iniciativa Liberal, qui obtiennent 8 sièges contre 1 précédemment.
Le reproche de mener une politique d'austérité
A la tête du gouvernement depuis 2015, grâce à une coalition réunissant socialistes, écologistes et extrême gauche, Antonio Costa avait été mis en minorité en octobre lors du vote sur le projet de budget par ses alliés d'extrême gauche qui lui reprochaient son austérité et l'absence de dimension sociale. Mais sa politique de rigueur budgétaire semble appréciée d'une majorité de Portugais.
Les dépenses publiques, qui représentaient 51,7% du PIB en 2014, sont passées à 42,4% en 2019, selon les données du FMI. Et si la pandémie a obligé à mettre en place un soutien public aux ménages et aux entreprises, qui a fait remonter ces dépenses à 49% en 2020, elles devraient à nouveau décroître dans les prochaines années pour atteindre 43,5%, selon le Fonds.
"Le résultat de l'élection est un signe encourageant pour les investisseurs. Tandis qu'Antonio Costa continuera de donner la priorité aux augmentations de revenus pour les classes moyennes et populaires, son gouvernement restera engagé à maintenir la discipline budgétaire. Après avoir réduit le ratio de la dette publique sur PIB de 14 points entre 2015 et 2019, Costa vise un ajustement de plus de 20 points durant les 4 prochaines années. Pour autant, cela n'empêchera pas le Portugal de compter parmi les pays les plus endettés de la zone euro avec un ratio d'environ 110% en 2026", explique Ricardo Amaro, économiste chez Oxford Economics.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.