Les eurodéputés, réunis en plénière à Strasbourg, ont soutenu un texte qui sonne la suspension partielle de la CSRD. L’eurodéputée Aurore Lalucq estime que c'est un mauvais signal envoyé aux acteurs économiques.Adoptée fin 2022, la directive européenne CSRD, pour « Corporate Sustainability Responsibility Directive », encadre depuis début janvier le reporting extra-financier des très grandes entreprises (plus de 500 salariés avec un chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d'euros). Cette obligation de publication devait être étendue aux entreprises de plus de 250 salariés dès 2026, et aux PME cotées en 2027.
Ce sont ces deux mesures qui sont aujourd'hui sous le feu des projecteurs. La directive « Stop the Clock », si elle est définitivement adoptée jeudi, reportera leur entrée en vigueur. Les ETI et PME, qui se plaignent d'un trop grand nombre d'indicateurs et d'une surcharge budgétaire et administrative imposés par la CSRD, obtiendront ainsi un sursis de deux ans pour se mettre en conformité.
Décryptage avec l'eurodéputée Aurore Lalucq, présidente de la commission des affaires économiques et monétaires et membre du groupe des sociaux-démocrates ayant voté contre le texte.
LA TRIBUNE - Que signifie, selon vous, cette mise à l'arrêt de la CSRD ?
AURORE LALUCQ - Il s'agit selon moi d'un signal donné, qui est très mauvais ! Il me semble que nous allons trop vite en voulant suspendre certaines dispositions de la CSRD.
Il existe déjà beaucoup d'entreprises qui se sont mises en conformité avec la CSRD, un business s'est créé autour de cela, et de nombreux acteurs ont d'ores et déjà besoin des données de reporting extra-financier. Le signal envoyé par les institutions européennes à ces acteurs économiques n'est pas le bon, cela crée de la confusion.
La suspension de la CSRD, demandée par les PME et ETI pour plus de simplification, est-elle une bonne décision selon vous ?