Tensions commerciales : l'Europe continue son bras de fer contre les droits de douane américains à 30%
latribune.fr

Photo d'illustration
Yves Herman
latribune.fr

Photo d'illustration
Yves Herman
Donald Trump a annoncé samedi une taxe de 30 % sur les importations européennes à partir du 1er août, provoquant des réactions vives en Europe et des préparatifs de contre-mesures de la part de l'UE.
Le président américain Donald Trump a justifié, dans une lettre publiée sur sa plateforme Truth Social, cette décision d'imposer de tels droits de douane aux produits de l'Union européenne en invoquant le déficit commercial américain avec les 27 pays de l'UE, qui s'élevait à 236 milliards de dollars en 2024, en hausse de 13% sur un an.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé dimanche que Bruxelles allait prolonger la suspension des contre-mesures aux droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium jusqu'au début du mois d'août. Cette suspension devait initialement expirer dans la nuit de lundi à mardi.
L'UE a préparé des droits de douane sur des produits américains d'une valeur d'environ 21 milliards d'euros. Ces mesures sont une réponse aux droits de douane de 25 % imposés par Donald Trump sur les importations d'acier et d'aluminium plus tôt cette année. Mais l'Europe a annoncé en avril suspendre ces mesures pour laisser la place à un accord commercial plus large avec l'administration Trump.
« Les États-Unis nous ont envoyé une lettre avec des mesures qui entreraient en vigueur sauf s'il y a une solution négociée, c'est pourquoi nous prolongerons également la suspension de nos contre-mesures jusqu'au début du mois d'août », a déclaré Mme von der Leyen.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

« En même temps, nous continuerons de préparer des contre-mesures afin d'être pleinement prêts », a-t-elle ajouté au lendemain de l'annonce par Donald Trump de l'entrée en vigueur le 1er août de droits de douane de 30 % sur tous les produits de l'Europe.
La présidente de la Commission européenne a insisté sur le fait que l'UE a « toujours été très claire sur le fait que nous préférons une solution négociée. Cela reste le cas, et nous utiliserons le temps dont nous disposons maintenant jusqu'au 1er août ».
Bruxelles avait en effet déjà préparé, sans l'appliquer, un train de surtaxes sur des produits américains.
« Dès lundi à Bruxelles avec mes 26 homologues, je serai au travail pour soutenir la Commission dans ses négociations avec les États-Unis jusqu'au 1er août », a annoncé, sur X, le ministre français délégué au Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin.
Donald Trump a prévenu qu'en cas de mesures de rétorsion, il augmenterait d'autant ses droits de douane sur les produits européens entrant aux États-Unis, en plus des 30 %.
Des secteurs essentiels de l'économie européenne pourraient être touchés par ces nouvelles mesures, notamment :
Donald Trump a laissé la porte ouverte à une renégociation, déclarant : « Si vous êtes prêts à ouvrir aux États-Unis votre marché fermé, à éliminer vos droits de douane, vos mesures protectionnistes et les obstacles aux échanges, nous envisagerons, éventuellement, des ajustements. »
L'UE a jusqu'au 1er août pour trouver une solution négociée. Ursula von der Leyen a insisté sur le fait que l'UE préférait une solution négociée, mais se préparait également à des contre-mesures. Faute d'accord, des secteurs économiques européens pourraient être fortement impactés par ces nouvelles mesures américaines.
(avec agences)
____
À lire également
Ce qu'il faut retenir :
latribune.fr