UE : les colis de Chine pourraient bientôt être taxés pour financer les douanes
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La Commission a aussi confirmé ce mercredi le lancement d'une enquête contre le vendeur de vêtements en ligne Shein.
Dado Ruvic
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La Commission a aussi confirmé ce mercredi le lancement d'une enquête contre le vendeur de vêtements en ligne Shein.
Dado Ruvic
Ce mercredi, la Commission européenne a annoncé qu'elle souhaitait imposer des « frais de traitement » aux colis vendus par de grandes plateformes en ligne étrangères. Les sommes collectées permettront de « faire face aux coûts croissants » des contrôles douaniers, a expliqué la Commission.
Et pour cause, les services des douanes sont submergés par des millions de petits colis importés chaque jour en Europe, en provenance essentiellement de Chine. Environ 70 % des Européens font des achats en ligne, et quelque 12 millions de petits colis à faible valeur entrent chaque jour dans l'UE, a détaillé la vice-présidente de la Commission,
Henna Virkkunen, lors d'une conférence de presse. Le nombre de ces petits colis « a doublé en un an, entre 2023 et 2024 », a-t-elle souligné. Et environ 91 % de ces petits colis viennent de Chine et sont vendus par des plateformes telles que Temu ou Shein qui connaissent une croissance fulgurante.
Sauf que certains de ces produits ne respectent pas les normes européennes ou représentent un danger pour le consommateur. « On a constaté que de nombreux produits étaient non conformes, voire dangereux », a ajouté Henna Virkkunen. Cette vague d'importations « met une pression énorme sur les autorités des États membres de l'UE, en particulier nos autorités douanières qui sont la première ligne de défense ». Outre l'impact de ces produits sur la santé et la sécurité des consommateurs européens, elle a évoqué leur impact sur l'environnement, ainsi que les distorsions de concurrence avec des commerçants qui respectent les normes de l'UE.
Face à ce problème, la Commission a aussi confirmé ce mercredi le lancement d'une enquête contre Shein, soupçonné de ne pas respecter le droit européen sur la protection des consommateurs. L'exécutif bruxellois coordonnera les investigations avec le réseau de coopération en matière de protection des consommateurs (CPC), qui réunit les autorités compétentes des États membres de l'UE. L'ouverture de cette procédure avait déjà été annoncée lundi par des sources proches du dossier.
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La plateforme, fondée en Chine en 2012 et dont le siège social est désormais à Singapour, est soupçonnée de ne pas suffisamment lutter contre la vente de produits illégaux qui ne respectent pas les normes européennes.
En cas de violations avérées, Shein pourrait se voir infliger des amendes par les régulateurs nationaux. En France, il s'agit de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF). « Shein salue les efforts qui renforcent la confiance et la sécurité des consommateurs européens lorsqu'ils font des achats en ligne », a réagi un porte-parole, dans un communiqué, promettant que l'entreprise allait collaborer avec l'UE et les gouvernements nationaux.
L'entreprise Temu est aussi regardée de près par Bruxelles. En novembre dernier, la Commission lui a demandé de lui apporter des précisions sur son action contre la vente de produits illégaux. Temu doit détailler notamment les mesures prises « contre la présence et la réapparition de commerçants vendant des produits illégaux » sur sa plateforme.
La Commission européenne veut également connaître les mesures adoptées pour réduire « les risques liés à la protection des consommateurs, à la santé publique et au bien-être des utilisateurs ». Bruxelles réclame par ailleurs « des détails sur les systèmes de recommandation de Temu et les risques pour la protection des données personnelles des utilisateurs ».
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Si ces demandes d'informations ne constituent pas encore une mise en cause, il s'agit d'une première étape qui peut conduire à l'ouverture d'une enquête formelle, puis à de lourdes sanctions financières en cas d'infractions avérées. La Commission précise qu'elle décidera des prochaines étapes de la procédure « sur la base de l'évaluation des réponses » apportées cet automne par l'entreprise.
(Avec AFP)
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