Angela Merkel semble être assurée de remporter la chancellerie pour la quatrième fois consécutive, faisant de ces élections les plus insipides depuis longtemps.
Si son succès est en partie dû aux perspectives économiques du pays, ce n'est pas une raison pour les personnalités politiques allemandes de se montrer suffisantes, assure Leo Hoffmann-Axthelm, de Transparency International, lors d'un entretien avec Euractiv.
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Transparency International a publié un rapport expliquant en détail la manière dont la BCE a été forcée d'endosser un rôle politique pour lequel elle n'était pas armée et sans le contrôle démocratique nécessaire.
Le débat sur la politisation croissante de la BCE est devenu un thème récurrent des élections allemandes depuis le début de la crise de la zone euro, en 2008. Les critiques de la BCE émanant de l'Allemagne ont cependant atteint de nouveaux sommets ces dernières années, alors que Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances, a publiquement blâmé Mario Draghi, président de l'institution, pour le programme d'assouplissement quantitatif, largement reconnu comme ayant sauvé l'euro de l'effondrement.
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La robustesse de l'économie allemande et les perspectives générales positives de la zone euro dans son ensemble portent toutefois un coup à la crédibilité des détracteurs. C'est pourquoi le parti eurosceptique Alternative pour l'Allemagne (AfD) et les conservateurs du CSU concentrent à présent leurs accusations sur les politiques d'immigration d'Angela Merkel, reléguant au second rang la question de la réforme de la zone euro.
« Si leurs accusations les plus dures sont liées à la politique d'immigration, des parlementaires CSU ont quand même lancé des procédures juridiques à l'encontre de leur propre gouvernement au sujet des réformes de la zone euro », souligne Leo Hoffmann-Axthelm.
« Nous sommes d'accord avec le fait que la BCE a été trop loin et a étiré son mandat au maximum, mais nous n'acceptons pas que les représentants allemands se plaignent de ça, parce que ce sont eux qui ont créé cette situation dès le départ », fait-il remarquer.
Transparency International ne propose pas de solution, mais souligne les défauts fondamentaux de la construction de l'euro, qui posent problème en termes de démocratie.
Selon lui, le problème principal est la tendance actuelle de tenir les décideurs politiques comme responsables des développements économiques. « On a créé l'impression que l'UE, la BCE et la Commission dictent l'austérité, mais ce n'est pas vrai du tout. La BCE n'est pas responsable du choix de l'austérité », assure-t-il.
Au contraire, la BCE appelle depuis un moment des pays comme les Pays-Bas et l'Allemagne à se servir de leur espace fiscal pour relancer l'économie de la zone euro. De son côté, la Commission européenne a joué avec les règles européennes pour soutenir autant que possible la monnaie unique.
Pour Leo Hoffmann-Axthelm, le plus gros déficit démocratique a été atteint à la création du fonds de renflouement du Mécanisme européen de stabilité. Cette institution fonctionne en dehors de l'UE et est sous le contrôle direct des États membres, avec une influence limitée de la Commission.
En ce qui concerne les élections allemandes, Leo Hoffmann-Axthelm espère qu'une fois réélue Angela Merkel encouragera des réformes de la zone euro, comme la création d'un budget commun et d'un ministre des Finances européen.
L'élection d'Emmanuel Macron, euro-enthousiaste notoire, en France, ouvre selon lui une ère de possibilités.
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« Par contre, si Martin Schulz l'emporte, tout ce que le président français promeut pourrait se réaliser », ajoute-t-il, estiment que sous l'impulsion commune d'Emmanuel Macron et de Martin Schulz, une Europe à plusieurs vitesses, centrée autour d'une zone euro en pleine intégration, se mettrait en place. Ce scénario est cependant très peu probable.
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« Étant donné les convictions européennes d'Emmanuel Macron, je dirais que la France et l'Allemagne doivent dépasser leurs intérêts nationaux pour créer un système qui sera jugé légitime par tous les États membres », conclut-il.
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Par Frédéric Simon, Euractiv.com
(Article publié le mercredi 30 août 2017 à 11h41)
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