Zone euro : à cause d'un rebond des prix de l'énergie, l'inflation remonte
latribune.fr

Les pays partageant l'euro ont connu de fortes disparités ce mois-ci concernant l'inflation.
KAI PFAFFENBACH
latribune.fr

Les pays partageant l'euro ont connu de fortes disparités ce mois-ci concernant l'inflation.
KAI PFAFFENBACH
Turbulences sur les prix à la consommation européens. L'inflation en zone euro est repartie légèrement à la hausse en juillet, à 2,6% sur un an, après 2,5% en juin selon des chiffres publiés, ce mercredi, par Eurostat. Un chiffre supérieur aux attentes des analystes de Factset qui tablaient sur un léger recul de l'inflation à 2,4%. Mais la hausse des prix à la consommation se situait déjà à 2,6% en février, et enchaîne depuis les petites variations à la hausse ou à la baisse.
L'inflation sous-jacente - c'est-à-dire corrigée des prix volatils de l'énergie et de l'alimentation -, la plus scrutée par les marchés financiers et la BCE, est en revanche restée stable à 2,9%, inchangée depuis mai, selon l'office européen des statistiques. Le consensus des analystes anticipait, là aussi, un léger recul à 2,8%.
Le léger rebond de l'inflation en juillet s'explique par une accélération de la hausse des prix de l'énergie à 1,3% sur un an, contre 0,2% en juin. L'inflation des tarifs des services a en revanche reflué à 4% (-0,1 point), tout comme celle de l'alimentation (y compris alcool et tabac) à 2,3% en juillet, contre 2,4% le mois précédent. Quant aux tarifs des biens industriels, ils sont repartis un peu à la hausse à 0,8% en juillet (-0,1 point).
A noter, les pays partageant l'euro ont connu de fortes disparités ce mois-ci.
Ainsi, en France, la hausse des prix a augmenté de 2,3% sur un an après 2,2% en juin, en raison d'une « forte accélération » des prix de l'énergie, a indiqué, ce mercredi, l'Insee. D'autres pays ont connu un rebond beaucoup plus marqué. L'inflation en Italie est repartie à la hausse en juillet, passant à 1,3% sur un an après 0,8% en juin quand, en Pologne elle s'est accélérée à +4,2% en juillet sur un an, après 2,6% en juin.
A l'inverse, la hausse des prix à la consommation au Portugal a ralenti, passant de 2,8% en juin à 2,5% en juillet, s'expliquant « par une plus faible hausse mensuelle des prix de l'électricité », de 0,3% en juillet, contre 15,4% il y a un an, a précisé l'office des statistiques du pays, ce mercredi.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Si elle a rebondi ce mois-ci et peine à se rapprocher de l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE), la hausse des prix à la consommation dans la zone euro a été plus que divisée par quatre depuis le record de 10,6% sur un an atteint en octobre 2022, quand les tarifs de l'énergie flambaient dans le contexte de la guerre en Ukraine. Pour endiguer l'inflation, la BCE avait notamment augmenté les coûts d'emprunt à un rythme sans précédent à partir de juillet 2022.
Après avoir retrouvé des niveaux sous les 3%, la BCE a commencé à assouplir légèrement sa politique monétaire. Le 6 juin, elle a abaissé ses taux directeurs, offrant un léger bol d'air pour apaiser les tensions sur le crédit immobilier et les prêts aux entreprises qui freinent la croissance économique. Servant de référence, le taux sur les dépôts qui s'affichait à 4%, son plus haut atteint en septembre dernier, a été ramené à 3,75%.
Des analystes s'attendent à ce que la BCE reprenne ses baisses de taux lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs prévue le 12 septembre, après la trêve estivale. Mais « les données ont été légèrement plus élevées que prévu, laissant une réduction potentielle des taux d'intérêt en suspens pour la réunion de septembre », prévient Sam North, analyste de marchés pour eToro, dans une note.
A souligner : le tassement dans les services est considéré comme une bonne nouvelle par les experts, car il signale une absence de tensions sur les salaires. C'est un indicateur scruté par la BCE qui veut tuer dans l'œuf toute envolée des rémunérations pour endiguer définitivement l'inflation. Mais « bien que la baisse de l'inflation des services signifie qu'une réduction des taux en septembre reste plus probable qu'un statu quo, ce n'est pas une affaire réglée », a commenté, dans une note, Franziska Palmas, économiste chez Capital Economics.
« La tendance à la baisse de l'inflation devrait se poursuivre. Les chiffres d'aujourd'hui ont légèrement réduit la probabilité d'une baisse des taux en septembre, mais il reste encore six semaines de données à examiner avant que la BCE ne prenne une décision », estime aussi Peter Vanden Houte, économiste de la banque ING.
À lire également
L'inflation continue de descendre aux Etats-Unis
Outre-Atlantique cette fois, la hausse des prix a de nouveau légèrement ralenti au mois de juin pour revenir à 2,5% sur un an, après 2,6% en mai, selon l'indice PCE publié le 27 juillet. Cet indice, publié vendredi par le département du Commerce, est celui privilégié par la Réserve fédérale (Fed) dans ses analyses. Sur un mois, les prix ont progressé de 0,1%, après être restés stables le mois précédent.
L'indice PCE évolue ainsi dans la même direction que l'indice CPI, publié plus tôt dans le mois et sur lequel sont indexées les pensions de retraite. Cet indice montrait un ralentissement à 3% sur un an et avait même reculé de 0,1% sur un mois.
L'évolution sur un mois est en ligne avec les attentes des analystes qui tablaient justement sur une hausse de 0,1% des prix sur le mois, selon le consensus publié par briefing.com. Dans le détail, l'inflation dite sous-jacente, c'est-à-dire excluant les prix plus volatils de l'énergie et de l'alimentation, est, elle, restée stable sur un an, à 2,6%, comme au mois de mai, mais s'est légèrement accélérée sur un mois, à +0,2% contre 0,1% le mois précédent, en ligne avec ce qu'attendaient les marchés.
(Avec AFP)
latribune.fr