Zone euro, migrants, défense : les promesses de Macron et Merkel à Meseberg

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Hier mardi 19 juin à Meseberg en Allemagne, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la république française Emmanuel Macron attendent le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant de se retrouver pour le Conseil des ministres franco-allemand chargé notamment de préparer le sommet du 28 juin.
Hier mardi 19 juin à Meseberg en Allemagne, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la république française Emmanuel Macron attendent le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant de se retrouver pour le Conseil des ministres franco-allemand chargé notamment de préparer le sommet du 28 juin. (Crédits : Reuters)
Lors de cette discussion de quatre heures pour préparer le sommet du 28 juin, les deux dirigeants européens ont accompli plusieurs grands pas en avant : sur la coopération européenne en matière de défense, sur la cohérence de la gestion de la crise migratoire, et même sur l'achèvement de l'union bancaire. Mais l'annonce la plus symbolique concerne la création d'un budget de la zone euro.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont adopté mardi au château de Meseberg une déclaration commune intitulée "renouveler les promesses de l'Europe en matière de sécurité et de prospérité" à l'occasion d'un conseil des ministres franco-allemand.

Ces propositions seront en partie présentées au Conseil européen de fin juin à Bruxelles.

Réforme de la zone euro

Paris et Berlin proposent d'établir un budget de la zone euro "afin de promouvoir la compétitivité, la convergence et la stabilisation dans la zone euro", à partir de 2021. Les ressources de ce budget proviendraient à la fois des contributions nationales, de l'affectation de recettes fiscales et de ressources européennes.

Lire aussi : Merkel-Macron : un (modeste) budget de la zone euro rempli d'incertitudes

Lire aussi : Créances douteuses : un plafond de 5% du bilan des banques européennes

Migrants

Une semaine à peine après l'affaire de l'Aquarius qui a ravivé les fractures entre Etats membres, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont affiché un front commun sur la question migratoire avec un seul mot d'ordre : la réponse ne peut être décidée et mise en œuvre efficacement qu'au niveau européen.

Paris et Berlin souhaitent continuer à agir sur trois piliers :

  • un soutien accru aux pays d'origine et de transit afin "d'éviter les départs vers l'Europe et de lutter contre les migrations irrégulières" ;
  • l'amélioration de la protection des frontières extérieures de l'Europe grâce à un renforcement de Frontex en termes de personnel et de mandat ;
  • et un système européen commun d'asile.

"Une action unilatérale et sans coordination ne fera que fractionner l'Europe, diviser ses peuples et mettre Schengen en danger", indique la déclaration. "L'action unilatérale des Etats membres aboutirait à accroître l'importance des migrations vers l'Europe."

Défense européenne

Les deux pays conviennent de la "nécessité de développer l'émergence d'une culture stratégique commune grâce à l'initiative européenne d'intervention, qui sera liée aussi étroitement que possible à la coopération structurée permanente (CSP)."

Deux lettres d'intention communes sur le char de combat du futur (Main Ground Combat System - MGCS) et sur le système de combat aérien du futur (Next Generation Weapon System within a Future Combat Air System - SCAF) ont par ailleurs été signées par les deux ministres de la Défense.

Lire aussi : Armement : le collé-serré de Berlin et Paris

Impôts sur les sociétés

Paris et Berlin conviennent d'une position commune en vue d'instituer une assiette commune pour l'impôt sur les sociétés et s'engagent à agir afin d'accélérer le projet européen d'harmonisation de l'assiette de l'impôt sur les sociétés en Europe.

Relancée par la Commission européenne en 2016, l'Assiette commune consolidée pour l'impôt sur les sociétés (ACCIS) doit permettre d'alléger les formalités administratives, de réduire les coûts de mise en conformité pour les entreprises au sein du marché unique et de combattre l'évasion fiscale.

Institutions européennes

Les deux capitales s'engagent à "agir afin que la Commission européenne compte moins de commissaires que d'États membres comme le prévoit le Traité de Lisbonne" et à mettre en place des listes transnationales aux élections européennes de 2024.

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TEXTE DE REFERENCE

Déclaration de Meseberg : "Renouveler les promesses de l'Europe en matière de sécurité et de prospérité"

Déclaration de Meseberg, Macron, Merkel, France, Allemagne

[ Cliquez sur l'image pour accéder au texte original de la déclaration commune franco-allemande adoptée à l'occasion du Conseil des ministres franco-allemand qui s'est tenue ce mardi 19 juin 2018 à Meseberg en Allemagne (en pdf) ]

+ Accès au texte original via le site officiel diplomatie.gouv.fr

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 22/06/2018 à 8:35 :
conclusion....l Europe va faire tout ce qu elle peut pour parquer les migrants dans des pays extérieurs, en payant les dits pays pour se faire......
quant-à une politique destinée à doper l activité en Afrique, ça demande de l argent et du contrôle sur l emploi de cet argent, et ce n' est pas demain la veille.......on laisse le champ libre à la Chine......qui investitassivement la bas et en occident.....pendant qu on fait la guerre au moyen Orient..
l Europe sera en semi agonie dans 10 ans
a écrit le 21/06/2018 à 9:25 :
"renouveler les promesses de l'Europe en matière de sécurité et de prospérité"

Ben ouais tant qu'à faire, on renouvèle les promesses ! :D

"Ya que les "gonds" qui osent tout, c'est à ça qu'on les reconnait" Audiard
a écrit le 20/06/2018 à 19:39 :
"renouveler les promesses de l'Europe en matière de sécurité et de prospérité"

Les mêmes qui n'ont pas été tenues, donc .
a écrit le 20/06/2018 à 12:41 :
La réponse d’Angela Merkel est donc stratégiquement très mûrie. Elle reste d’airain sur ses propres intérêts fondamentaux (politique monétaire et économique de l’Allemagne), souple sur les chemins sans danger (politique migratoire, bloquée par les pays de l’Est), et subtilement offensive sur les intérêts fondamentaux adverses (politique de la défense et diplomatie pour la France). Cette réponse sobre et discrète, contrastant avec les envolées lyriques et les visions d’illuminés du discours de la Sorbonne de Macron, est donc un refus ferme.

Ainsi s’affiche outre-Rhin ouvertement le rejet d’un approfondissement de l’UE. Devant la nouvelle donne économique due au protectionnisme des USA, les divergences entre les intérêts nationaux de la France et de l’Allemagne vont s’accentuer et le fossé va continuer à se creuser. Emmanuel Macron est en réalité complètement isolé au sein de l’UE.

La rencontre qui vient d’avoir lieu ce 19 juin 2018 en Allemagne entre Angela Merkel et Emmanuel Macron n’a en rien changé la donne. Certes Mme Merkel a affirmé vouloir « la mise en place d’un budget commun pour la zone euro visant à mieux la protéger contre les crises ». Mais, outre que 8 États de l’Union européenne ont déjà indiqué qu’ils y mettraient leur veto, Emmanuel Macron a révélé que ce budget « pourrait être mis en place en 2021 », c’est-à-dire… dans trois ans !
https://www.upr.fr/actualite/france/angela-merkel-rejette-definitivement-les-etats-unis-deurope-demmanuel-macron-par-alain-mor

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