Créances douteuses : un plafond de 5% du bilan des banques européennes

créances douteuses NPL banques euro EBA
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[Article mis à jour à 15h30]
Dix ans après la crise financière et quatre ans après la sortie de la crise des dettes souveraines, les créances douteuses dépassent les 700 milliards d'euros dans le bilan des banques européennes et continuent de plomber le bilan de certaines d'entre elles, en particulier des pays du Sud de l'UE. L'Allemagne et la France se sont mises d'accord pour proposer au prochain Conseil européen des 28 et 29 juin à Bruxelles d'imposer un plafond de ces "prêts non-performants" (dont le remboursement est peu probable) à 5% du total des encours.
En zone euro, le ratio moyen est tombé autour de 4% à fin 2017, contre plus de 6% un an plus tôt. Mais certains pays présentent des taux bien plus élevés.
[Ratio de prêts non-performants dans les institutions de crédit immatriculées en zone euro et dans l'UE. Crédit : BCE]
En Grèce et à Chypre, le ratio avoisinait les 40% fin 2017 (44,9% pour l'une et 38,9% pur l'autre. Au Portugal, il dépassait les 15%, en Italie les 11% et en Irlande les 10%. La Pologne se situe juste au-dessus des 5%. L'Espagne affiche un taux de 4,5%, faussé par l'absence des prêts immobiliers sur les biens saisis.
A titre de comparaison, la France se situait à 3,1%, l'Allemagne à 1,9% et le Royaume-Uni à 1,5%.
[Cliquer sur l'histogramme pour l'agrandir. Crédit : European Banking Authority/Moody's]
Le patron d'Ubibanca, la cinquième banque italienne, avait indiqué en janvier dernier que la Banque centrale européenne (BCE) exigeait que les banques ramènent rapidement à moins de 10% de leurs encours la part des créances douteuses (ou NPL pour non-performing loan). La première banque italienne, UniCredit, a vendu un portefeuille de 17,7 milliards d'euros de NPL à l'été 2017 aux fonds américains Pimco et Fortress. En avril dernier, Intesa a annoncé la cession de 10,8 milliards de créances douteuses. En février dernier, le sous-gouverneur de la Banque d'Italie estimait à 30 milliards d'euros le total des NPL vendus par les établissements du pays l'an dernier et à 25 milliards le total prévu au cours du premier semestre 2018, prédisant un ratio net de prêts non-performants de 7,8%. Ces cessions s'opèrent généralement avec une décote par rapport à la valeur des prêts dans les comptes.
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Si ce plafond est adopté, les banques risquent de devoir accélérer leur programme de nettoyage du bilan. Le document adopté par Emmanuel Macron et Angela Merkel précise toutefois que les "autorités compétentes" définiront des stratégies individuelles pour la réduction des stocks de prêts non performants pour les banques concernées, laissant la main aux banques centrales nationales.