Les quotas toujours indispensables au pouvoir des femmes dans les entreprises
Irène Frat
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Faut-il attendre que les mentalités changent ou imposer des mesures qui les feront de facto évoluer ? Pour ce qui est de la place des femmes dans les conseils d'administration, la France a opté pour la deuxième solution, à l'image de la Norvège, la première à introduire des quotas, en 2003. Grâce à la loi Copé-Zimmermann de 2011, la France est devenue championne, en dépassant les 40% d'administratrices imposés. En 2019, au 'board' des 120 plus grandes sociétés cotées, 43,6% des sièges étaient occupés par des femmes, contre un peu plus de 26% en 2013 et 8,5 % en 2007.
Pas question de s'arrêter en si bon chemin. D'autant qu'une plus grande représentation des femmes dans les conseils d'administration ne... représente pas grand chose en matière de pouvoir. C'est au sein du comité exécutif (Comex) et du comité de direction (Codir) que se prennent les décisions opérationnelles. Or les femmes y sont sous-représentées : elles sont à peine 20% en moyenne (contre 7% en 2009), selon l'étude Mixité au Sommet sur la féminisation des Comex des sociétés du SBF 120 en 2019. Et si la moitié de ces sociétés en comptaient plus de 20%, seules sept (Mercialys, Danone, GTT, Wendel, Gecina, Maisons du monde et Suez) en affichaient plus de 40%. Pis, 15% n'en avaient aucune... Une situation que Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, déplore - sans toutefois se prononcer en faveur de quotas...
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Certes, l'index de l'égalité professionnelle, créé en 2018 et que doivent désormais publier toutes les entreprises de plus de 50 salariés, les incite à nommer des femmes à ce genre de poste, puisque l'un des critères porte sur la présence de femmes parmi les salaires les plus élevés dans l'entreprise. C'est ainsi le cas du groupe Expleo, spécialisé dans la transformation technologique pour des clients dans l'aéronautique et l'automobile, qui a affiché un score de 88 sur 100 à l'index en 2018, 2019 et 2020. C'est plus que le minimum requis de 75, mais « nous avions un problème sur les plus hautes rémunérations », relève Odile Chaumont, la DRH France et Europe du Sud. Le groupe a donc récemment nommé trois femmes au Comex. Reste que cette incitation n'est qu'indirecte...
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