"Il faut sauver la place financière de Paris." Ainsi pourrait-on résumer la teneur de la conférence de presse organisée jeudi 16 janvier par Paris Europlace. L'association chargée de promouvoir la place financière de Paris, et regroupant des émetteurs, des investisseurs et des intermédiaires financiers, a présenté deux rapports destinés à nourrir les réflexions du "Comité Place de Paris 2020", lancé le 4 décembre par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, afin de plancher sur l'avenir de la place financière de Paris.
Il faut dire qu'il y a urgence car la dégradation de la compétitivité de cette dernière s'accélère : la capitale française n'est plus que la huitième place financière mondiale, selon l'indice Xinhua Dow Jones, alors qu'elle était encore cinquième en 2010. Et encore ce classement est-il autrement plus flatteur que le Global Financial Index, qui relègue Paris en 26ème position mondiale (sur un total de 80), alors que Londres, New York, Honk Kong et Singapour continuent de caracoler en tête.
Or, et ce n'est pas un financier pur sucre qui le dit mais un industriel, en l'occurrence Bruno Lafont, PDG du cimentier Lafarge et président du collège Entreprises de Paris Europlace :
Une industrie financière qui, en France, pâtit d'une sur-fiscalisation, dénonce Paris Europlace. De fait, pour le seul secteur bancaire, le taux d'imposition du résultat comptable est passé de 38% en 2010 à 63% en 2012.
A cet égard, Séverin Cabannes - directeur général délégué de la Société générale et auteur de l'un des deux rapports présenté par Paris Europlace - plaide pour que la taxe systémique instaurée par la France en 2011 sur le secteur bancaire - et qui représente pour ce dernier une ponction annuelle d'un milliard d'euros - soit allouée au futur fonds commun de résolution des crises bancaires, prévu dans le cadre de l'union bancaire européenne et qui doit être abondé par les banques. Les banques françaises redoutent en effet d'écoper d'une taxe supplémentaire, destinée à financer le fonds de résolution, si la taxe systémique n'est pas réaffectée à ce dernier.
Toujours sur le plan de la fiscalité - l'un des principaux facteurs de la chute de la compétitivité de la place de Paris -, Séverin Cabannes et Yves Perrier, directeur général de la société de gestion Amundi et auteur du second rapport publié par Paris Europlace, pointent du doigt le projet de taxe sur les transactions financières (TTF). Porté par 11 pays européens dont la France, ce projet est qualifié de "tsunami" par Paris Europlace, qui souhaite purement et simplement que le gouvernement y renonce. Au risque, sinon, de "voir un impact direct de la TTF sur les volumes traités sur la place financière de Paris, comme cela a été le cas il y a dix ans en Suède, ainsi qu'en Italie", prévient Séverin Cabannes.
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La fiscalité de l'épargne constitue elle aussi un problème pour la compétitivité de la place financière de Paris. Tout simplement parce qu'elle "privilégie les placements courts et peu risqués, au détriment des placements longs et plus risqués que sont les actions", regrette Yves Perrier. Résultat, sur les 11.000 milliards d'euros que représente le patrimoine global des ménages français, les trois quarts sont placés dans l'immobilier, et 9% seulement sont alloués aux valeurs mobilières, telles que les actions et les obligations d'entreprises.
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Conséquence, près de la moitié (46%) de la capitalisation boursière du CAC 40 se trouve aux mains d'investisseurs étrangers. Ce qui pose problème en matière de "contrôle de nos centres de décision", souligne Paris Europlace, invoquant "un enjeu de souveraineté nationale." Aussi Yves Perrier milite-t-il pour
La balle est à présent dans le camp des pouvoirs publics. Avec une pression certaine :
indique Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace.
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