Mark Zuckerberg n'aura que 30 ans le 14 mai prochain, et il est déjà milliardaire depuis plusieurs années. Mais le jeune patron de Facebook brassera-t-il encore des milliards de dollars dans 20 ou 30 ans ? Les fortunes, on le sait, se font et se défont. Mais bien moins en Europe, une zone géographique qui concentre 29% des 1.426 milliardaires de la planète et 30% de leurs 5.400 milliards de dollars de patrimoine cumulé, que dans le reste du monde.
En effet, près de 80% des grandes fortunes européennes qui avaient les honneurs du classement du magazine américain Forbes il y a 25 ans y figurent encore aujourd'hui, selon une étude publiée le mardi 1er avril par Forbes Insights et Société Générale Private Banking. Une proportion qui n'est "que" de 73% pour les grandes fortunes des Etats-Unis, et qui chute à 50% et à 22%, respectivement, dans le cas de la région Moyen-Orient/Afrique et de l'Asie/Pacifique.
Si les grandes fortunes européennes s'avèrent si pérennes, c'est d'abord parce que nombre d'entre elles émanent d'initiatives entrepreneuriales qui ont débouché sur la création de marques devenues mythiques dans le monde entier. Comme BMW dans l'automobile, Louis Vuitton dans la maroquinerie de luxe, Swarovski dans le cristal, ou bien encore L'Oréal dans les cosmétiques.
décrypte Luisa Kroll, chez Forbes.
Ensuite, la plupart des grandes fortunes européennes ont pour spécificité d'être transmises de génération en génération. "Elles en ont souvent aujourd'hui à la deuxième génération au moins, loin de l'image des tout jeunes milliardaires de la high-tech américaine", sourit Kasia Moreno, directrice éditoriale chez Forbes Insights. L'idée de ces familles d'entrepreneurs européens étant de préserver ce qu'elles ont créé, de se partager le patrimoine ainsi constitué.
Une stratégie gagnante : la majorité des fortunes toujours présentes dans la liste Forbes depuis 1989 sont des entreprises familiales, parfois gérées par la cinquième, voire la sixième génération. Cette tradition consistant à faire fructifier la fortune par delà les générations est beaucoup moins ancrée aux Etats-Unis. Surtout depuis le lancement, en 2010, par Bill Gates et le financier américain Warren Buffett, de l'initiative "The giving pledge", destinée à inciter les autres millionnaires et milliardaires du monde entier à donner la moitié de leur fortune à des organisations caritatives.
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Enfin, nombre de grandes fortunes européennes sont gérées en famille, loin de la Bourse, de ses hauts et de ses bas, et de ses diktats de rendement à court terme. Ainsi, après avoir ouvert le capital de son entreprise à d'autres investisseurs, la famille Benetton en avait repris le contrôle en 2002, invoquant "la vision à moyen et long terme indispensable pour régler les difficultés liées à l'évolution du cadre concurrentiel." "Pour vivre heureux, vivons cachés", tel semble être l'adage des grandes fortunes européennes.
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