Pourquoi les grandes fortunes d’Europe sont les plus pérennes au monde

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L' Europe concentre 29% des 1.426 milliardaires de la planète et 30% de leurs 5.400 milliards de dollars de patrimoine cumulé. REUTERS.
L' Europe concentre 29% des 1.426 milliardaires de la planète et 30% de leurs 5.400 milliards de dollars de patrimoine cumulé. REUTERS. (Crédits : REUTERS/Lee Jae-Won)
Près de 80% des grandes fortunes européennes qui avaient les honneurs du classement du magazine américain Forbes il y a 25 ans y figurent encore aujourd’hui.

Mark Zuckerberg n'aura que 30 ans le 14 mai prochain, et il est déjà milliardaire depuis plusieurs années. Mais le jeune patron de Facebook brassera-t-il encore des milliards de dollars dans 20 ou 30 ans ? Les fortunes, on le sait, se font et se défont. Mais bien moins en Europe, une zone géographique qui concentre 29% des 1.426 milliardaires de la planète et 30% de leurs 5.400 milliards de dollars de patrimoine cumulé, que dans le reste du monde.

 En effet, près de 80% des grandes fortunes européennes qui avaient les honneurs du classement du magazine américain Forbes il y a 25 ans y figurent encore aujourd'hui, selon une étude publiée le mardi 1er avril par Forbes Insights et Société Générale Private Banking. Une proportion qui n'est "que" de 73% pour les grandes fortunes des Etats-Unis, et qui chute à 50% et à 22%, respectivement, dans le cas de la région Moyen-Orient/Afrique et de l'Asie/Pacifique.

 Des marques européennes devenus mythiques dans le monde entier

 Si les grandes fortunes européennes s'avèrent si pérennes, c'est d'abord parce que nombre d'entre elles émanent d'initiatives entrepreneuriales qui ont débouché sur la création de marques devenues mythiques dans le monde entier. Comme BMW dans l'automobile, Louis Vuitton dans la maroquinerie de luxe, Swarovski dans le cristal, ou bien encore L'Oréal dans les cosmétiques.

"L'Europe, depuis longtemps, apparaît dans le monde comme le berceau des créateurs de tendances. C'est l'un de ses points forts, et cet atout n'est pas près de disparaître car la demande pour les produits issus de marques européennes va rester soutenue dans les marchés émergents",

décrypte Luisa Kroll, chez Forbes.

 Ensuite, la plupart des grandes fortunes européennes ont pour spécificité d'être transmises de génération en génération. "Elles en ont souvent aujourd'hui à la deuxième génération au moins, loin de l'image des tout jeunes milliardaires de la high-tech américaine", sourit Kasia Moreno, directrice éditoriale chez Forbes Insights. L'idée de ces familles d'entrepreneurs européens étant de préserver ce qu'elles ont créé, de se partager le patrimoine ainsi constitué.

 Des patrimoines transmis de génération en génération

 Une stratégie gagnante : la majorité des fortunes toujours présentes dans la liste Forbes depuis 1989 sont des entreprises familiales, parfois gérées par la cinquième, voire la sixième génération. Cette tradition consistant à faire fructifier la fortune par delà les générations est beaucoup moins ancrée aux Etats-Unis. Surtout depuis le lancement, en 2010, par Bill Gates et le financier américain Warren Buffett, de l'initiative "The giving pledge", destinée à inciter les autres millionnaires et milliardaires du monde entier à donner la moitié de leur fortune à des organisations caritatives.

 Enfin, nombre de grandes fortunes européennes sont gérées en famille, loin de la Bourse, de ses hauts et de ses bas, et de ses diktats de rendement à court terme. Ainsi, après avoir ouvert le capital de son entreprise à d'autres investisseurs, la famille Benetton en avait repris le contrôle en 2002, invoquant "la vision à moyen et long terme indispensable pour régler les difficultés liées à l'évolution du cadre concurrentiel." "Pour vivre heureux, vivons cachés", tel semble être l'adage des grandes fortunes européennes.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2014 à 20:53 :
Si ils sont si tranquille c'est juste parce que c'est aussi eux qui sont au pouvoir ! exemple Dassault
a écrit le 02/04/2014 à 19:36 :
Quand les inégalités se reproduisent d'une génération à l'autre et s'amplifient c'est que la méritocratie est inopérante.
Pour redistribuer les cartes il n'y a que deux solutions, soit on taxe les hauts revenus de façon à éviter la constitution des fortunes, ce qui est un peu injuste avec ceux qui ont travaillé dur pour sortir du lot, soit on taxe fortement les héritages.

Etant donné qu'être le plus riche du cimetière n'a aucun sens et qu'être héritier n'est ni un mérite, ni un dû de la société envers un individu, je suis pour la taxation des héritages.
Réponse de le 03/04/2014 à 0:11 :
Ce n'est pas parce que vos parents sont irresponsables et n'ont rien prévu pour votre avenir que vous devez vous attaquez aux héritiers de parents responsables. Etre héritier n'est certes pas un mérite cependant il est très aisé de dilapider un héritage ou une grande fortune. En ce sens une fortune qui dure dans le temps est symbole d'une richesse (au moins dans la gestion de fortune) plus que patrimoniale. Vous pourrez toujours prétendre que les grandes fortunes disposent de conseillers en tout genre cependant nul n'est à l'abri d'un escroc!
a écrit le 02/04/2014 à 14:11 :
Les grandes fortunes européennes ont été montées dans des temps anciens, où le foncier, l'immobilier, les actions, tableaux ou objets précieux n'avaient aucunement la valeur (exagérée) de maintenant. Ce n'est pas trop compliqué d'avoir une valorisation très importante de ces biens ou de les vendre avec une très forte plus-value. De plus, certaines se sont constituées ou ont grandi lors de périodes fort tumultueuses (mais très rentables) telles que les colonies ou les guerres mondiales.
a écrit le 02/04/2014 à 11:16 :
"Les résultats passés n'augurent pas de ceux à venir."
Il faudra , pour ces vieilles familles...ces dynasties , se battre encore plus , ou déchoir.
Jamais la compétition n'a été aussi rude. Jamais les acquis n'ont été autant menacés.
De jeunes gens ont compris les clés et les codes...l'informatique de haute volée fera le reste.
Bienvenue dans l'extrème extension du champ de la lutte.
Et , cette fois , que les Meilleurs gagnent... ;-)
a écrit le 02/04/2014 à 10:37 :
En europe, contrairement aux USA, les grandes fortunes sont des heritiers qui n ont rien crees eux meme. Je vois pas en quoi c est positif d avoir des generations de rentiers qui investissent uniquement dans des secteurs murs. C est comme ca qu on se transforme lentement en pays sous developpe
a écrit le 02/04/2014 à 5:25 :
On peut aussi voir dans ces chiffres le fait que l'economie europeenne ne cree pas assez de nouvelles fortunes pour prendre la tete des classements...
Les vieilles fortunes existent aussi aux US, c'est juste qu'elles sont depassees par de nouvelles generations d'entrepreneurs qui nous manquent ici en Europe
Réponse de le 02/04/2014 à 8:48 :
tout à fait, comparaison n'est pas raison, et pour bien faire il faudrait déjà comparer l'évolutions des fortunes en supprimant celles de la "nouvelle économie"
a écrit le 01/04/2014 à 22:18 :
Signe que les grandes fortunes ne sont pas si stupides que le prétendent les revanchards... l'intelligence économique est une compétence dénigrée par les classes "populaires" à l'éducation économique défaillante héritée de parents faiblement instruits.

"Surtout depuis le lancement, en 2010, par Bill Gates et le financier américain Warren Buffett, de l'initiative "The giving pledge", destinée à inciter les autres millionnaires et milliardaires du monde entier à donner la moitié de leur fortune à des organisations caritatives."

C'est surtout une effet de communication pour ne plus être emm*** par les médias et le fisc américain. Chacun créé sa petite fondation pour une maladie rare voir fictive, le tout défiscalisée. C'est qu'appellent les anglosaxons le "charity business" ou le commerce de la charité. Les français étant éternellement des suiveurs du modèle anglosaxon notamment dans la sphère parisienne, se sont également lancés dans le commerce de la charité (les enfoirés?).
Réponse de le 02/04/2014 à 11:15 :
Les français ne pourront pas suivre la mode américaine de donner à des oeuvres charitaitve une grande parite de leur fortune en raison de l'existance en droit français de la "réserve héréditaire" qui interdit de trop donner à des tierces personnes qui ne sont pas héritiers réservataires.

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