L’euro fort, cauchemar des sociétés du CAC 40

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La hausse de l'euro face aux principales monnaies a amputé de 2,5% en moyenne le chiffre d'affaires des sociétés du CAC 40, en 2013. REUTERS.
La hausse de l'euro face aux principales monnaies a amputé de 2,5% en moyenne le chiffre d'affaires des sociétés du CAC 40, en 2013. REUTERS. (Crédits : reuters.com)
Le renchérissement de l’euro face aux principales monnaies a eu un impact négatif de 17 milliards d’euros sur le chiffre d’affaires des sociétés du CAC 40, en 2013, selon le cabinet Ricol Lasteyrie Corporate Finance.

Même pas le chiffre rond de 50 milliards. En 2013, les sociétés du CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris, ont dégagé un bénéfice net (part du groupe) cumulé de 48 milliards d'euros, en baisse de 10% par rapport à 2012, selon une étude publiée le 24 juin par le cabinet Ricol Lasteyrie Corporate Finance.

 Un montant peu ou prou égal aux 47 milliards d'euros de "l'annus horribilis" 2009, marquée par une récession économique, survenue dans le sillage de la crise financière de 2008. Pis, les 48 milliards d'euros engrangés l'an dernier par les poids-lourds de la cote parisienne correspondent à la moitié seulement des 96 milliards de bénéfices récoltés en 2007, avant que n'éclate la crise financière.

 Un montant record de dépréciations d'actifs, à 23,7 milliards d'euros

Certes, les entreprises françaises ont pâti d'une conjoncture économique souffreteuse, avec un PIB (produit intérieur brut) qui a crû de 0,3% seulement en France en 2013, et de 0,2% au sein de la zone euro. Conjoncture qui les a conduites, par prudence, à déprécier leurs actifs pour le montant record de 23,7 milliards d'euros l'an dernier, réduisant d'autant leurs bénéfices nets.

 Mais, surtout, les fleurons du CAC 40, qui réalisent en moyenne plus du tiers (37%) de leur activité hors d'Europe, ont pris de plein fouet la hausse de l'euro par rapport aux principales monnaies étrangères, en particulier celles des pays émergents. Qu'on en juge : en 2013, la devise européenne a grimpé de 3% par rapport au dollar, de 6% face au rouble, de 13% par rapport à la roupie indienne, de 14% face au real brésilien, et de… 26% par rapport au yen.

 L'euro fort a amputé de 2,5% en moyenne l'activité des grandes entreprises françaises

 Conséquence, pour les 26 sociétés du CAC 40 détaillant l'impact du renchérissement de l'euro sur leurs comptes, comme Sanofi, Vallourec, LVMH, Schneider Electric, Michelin, Solvay ou encore Saint-Gobain, celui-ci a réduit leur chiffre d'affaires de 2,5% en moyenne, en 2013. Soit, au total, un impact négatif de 17 milliards d'euros sur l'activité des sociétés du CAC 40,  impact qui correspond à l'effet dit de conversion, lorsque les entreprises, au moment de la consolidation de leurs résultats, convertissent en euro des ventes enregistrées en monnaie locale, ce qui débouche sur une baisse de leur chiffre d'affaires. Pour mémoire, en 2012, l'évolution de l'euro par rapport aux autres devises avait eu un impact positif de 11 milliards d'euros sur les sociétés du CAC 40.

 Et encore, il ne s'agit là que de l'impact comptable de l'euro fort. Nous n'avons pas mesuré l'impact économique, c'est-à-dire le manque à gagner accusé par les entreprises françaises dont les prix de vente sont moins compétitifs, du fait de la force de l'euro. Au total, l'impact négatif de la hausse de l'euro sur les entreprises du CAC 40 est donc largement supérieur à 17 milliards d'euros »,

précise Jean-Charles de Lasteyrie, directeur général de Ricol Lasteyrie Corporate Finance.

 La meilleure couverture contre l'euro fort : produire là ou l'on vend

 Et, pour les groupes qui vendent beaucoup en devises locales, mais qui produisent essentiellement en France, comme le groupe de luxe LVMH, c'est la double peine, avec un chiffre d'affaires en baisse et des coûts d'exploitation en hausse. Bien sûr, les entreprises françaises peuvent limiter les conséquences du renchérissement de l'euro sur leur activité en achetant des produits financiers de couverture. Mais ceux-ci coûtent fort cher.

 "La meilleure couverture, c'est la couverture naturelle, à savoir produire dans les pays où l'on vend", souligne Sonia Bonnet-Bernard, associée gérante chez Ricol Lasteyrie Corporate Finance. La preuve avec Schneider Electric : pénalisé par l'euro fort, qui a élagué son chiffre d'affaires de près de 4% en 2013, ainsi que par la baisse de la demande en Europe, le fabricant français de matériel électrique va réorganiser ses usines françaises, afin de rééquilibrer ses volumes de production en fonction des zones de vente. Avec, à la clé, quelque 200 suppressions de postes.

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a écrit le 27/06/2014 à 21:50 :
40 ans de relance ou quelques mois de sursis de quoi parlons nous? Demain les sursitaires se présenteront avec leurs résultats. Pour les déficits on en reparle? Nous avons un double suicide: en monnaie forte, retraites sans finances, entreprises vendues, et l'industrie faible en sous compétitivité. Comme en 29, on en reparle? Et 29e pour l'humanisme on en reparle, et 50% de diplômés au chômage on en reparle? On nous publie l'explosion du modèle social, économies sur la santé on rembourse 50% des médicaments contre 80 il y a peu. On gèle le social et voila le chômage, on en reparle fin 2015?
a écrit le 27/06/2014 à 21:24 :
On parle du cauchemar des français... on parle poursuite du déficit, on peut supposer qu'il y ait un désaccord. Maintenant faire de l'évasion fiscale ou des ventes d'entreprises à l'étranger, on parle des apatrides, ou bien des jeunes forcés à l'ostracisme. Nous aurions un double suicide en monnaie forte et par l'excès d'impôts... alors quel est le but de la société? Vie ou mort du citoyen, voila une question. On parle des intermittents quid du mérite... on compte des avocats au barreaux trentenaires au smic à 60h par semaine conte les techniciens vidéo à 3500 net... on oublie les 50 de diplômés sur carreau et la croissance plantée! Pour le logement, le gouvernement critiquerait la normite européenne? Combien de sursitaires à l'Assemblée? Fascisme anijeune!
a écrit le 25/06/2014 à 15:02 :
Comme la méthode Coué, certains (et ils sont nombreux) s'imaginent qu'à force de répéter que l'Euro est trop fort , cela est vrai. Dans la vie vous avez toujours le choix de faire au mieux dans un environnement donné , ou de changer l'environnement; cette dernière voie est difficile et très incertaine, elle profite seulement à des êtres d'exception efficaces et visionnaires, pour les autres (les médiocres ) inefficaces et idéologues, cela mène irrémédiablement au chaos, alors le gouvernement critique l'euro fort mais ne change rien, c'est çà le Hollandisme , un gouvernement médiocre mais conscient de sa médiocrité.
a écrit le 25/06/2014 à 13:41 :
En même temps, l'euro faible décuplerait notre déficit commercial rien qu'avec les dépenses en énergie (pétrole). Gardons notre monnaie stable qui se relèvera de la chute prochaine du dollars !
a écrit le 25/06/2014 à 10:59 :
A part, "Certainement", tout le monde est politiquement correct ici !
a écrit le 25/06/2014 à 8:07 :
Rappelons que la question du niveau de l'Euro et du Dollar n'est même pas effleurée dans les négociations du pacte transatlantique...
a écrit le 24/06/2014 à 21:09 :
La meilleure couverture contre l'euro fort : produire là ou l'on vend ... conclusion l'euro empêche la France d'exporter.
Réponse de le 24/06/2014 à 21:33 :
Les sociétés du CAC n'apporte plus grand chose en matière de développement à l'économie française
Je ne vais pas pleurer sur leur sort
a écrit le 24/06/2014 à 20:04 :
Ah ben ça alors, on nous rabâche sans cesse que l'euro fort n'est pas un problème et voilà que les entreprises du CAC 40 démontrent le contraire ? Mais il faut vite les taxer de "populisme" !
Réponse de le 25/06/2014 à 14:08 :
Le CAC 40 ( une bande de gauchistes archaïques) veut-t-il le retour à la guerre ?L'euro fort c'est la paix
a écrit le 24/06/2014 à 19:25 :
Il est bien évident que si l’euro plus faible énergie plus chere donc comme d’habitude le coups d’épée dans l’eau, répercution sur touts les produits de consomation . pour l’état
Qui lui récupérere plus % taxe pour lui plus c chere mieux c’est .
a écrit le 24/06/2014 à 18:14 :
On peut dire merci à tata Angela. Lamentable.
a écrit le 24/06/2014 à 17:12 :
vive l'euro qui devait faire baisser le chomage et amener la croissance ! On voit le résultat ! mais non les hommes politiques umps ne veulent pas assumer leur erreur qui s'appelle euro.
a écrit le 24/06/2014 à 16:08 :
L’euro actuel ne profite à strictement personne, dans sa zone mais aussi à l’extérieur de sa zone, sinon, mais pour l’instant, qu’à l’Allemagne. C’est un non sens économique, une chimère et très certainement le prélude à la plus grande des catastrophes économiques depuis les premiers échanges des chasseurs-cueilleurs. C’est déjà dans les résultats, et quoi que l’on en dise, la plus gigantesque des escroqueries. Il suffit pour cela de constater les excédents commerciaux Allemand en 2013 pour qui l’euro n’est qu’une dévaluation du mark : 194 milliards (10% du PIB Français !).
Il est plus que temps siffler le penalty pour se poser et faire savoir à Merkel que nous ne voulons pas de cette espèce de nouveau Reich qu’elle tente d’installer en Europe, celui-ci fondé sur la misère et l’exploitation des populations.
Réponse de le 25/06/2014 à 7:33 :
Aux dernieres nouvelles, l'Euro serait la cause directe de la propagation du virus Ebola en Afrique de l'ouest, ainsi que du desastre de Fukushima. On nous explique aujourd'hui que les salaries a temps plein francais travaillent 200 heures de moins que leurs collegues d'outre Rhin, mais cela bien sur, n'a aucun lien de causalite avec les ecarts de performance economique.
a écrit le 24/06/2014 à 15:56 :
Ces financiers oublient de dire que l'Euro fort réduit fortement les coûts des carburants et des matières premières, voire des produits quasi-finis qu'ils importent d'Asie avant de les rebadger. Ce faisant, ils accroissent fortement leurs marges lorsqu'ils vendent en Europe. Je le sais bien, puisque c'est ce que je fais.
Réponse de le 24/06/2014 à 16:09 :
Super, ça va nous faire de l'Europe le plus grand importateur du monde... Surtout qu'en France, une grosse partie de l'énergie étant produite par les centrales nucléaires, les bénéfices d'un euro fort sont plus limités qu'en Allemagne.
a écrit le 24/06/2014 à 15:28 :
Il suffit de facturer en Euro et non plus en Dollars !

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