Beweis vise le nucléaire avec ses solutions de traçabilité d'objets en milieu sensible
Rémi Baldy
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Reuters
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C'est un immense plat de spaghetti dans lequel Beweis veut se tailler une bonne part. Mais attention, il ne s'agit pas ici de gastronomie mais des tuyaux industrielles des centrales nucléaires. Un secteur qui connaît un regain d'intérêt puisque la France a récemment refait le choix de cette énergie pour les années à venir. De nouveaux EPR s'apprête donc à s'implanter dans l'Hexagone et avec, tous ses travaux puis tests de vérification. C'est sur cette dernière partie que la TPE basée à Gémenos a une carte à jouer. Elle développe et conçoit en effet des systèmes de traçabilité d'objets dans des environnements sensibles.
Pour ce qui est de l'environnement sensible, le lien est évident. Pour la traçabilité, il s'agit surtout de garantir que les vérifications des soudures sont bien réalisées. Car les assemblages dans le monde du nucléaire sont bien évidemment aussi importants que surveillés. A Flamanville, cela conduit notamment de nombreux retards. "Pour nous assurer que le suivi est bon, nous installons un scellé doté d'une puce à côté de chaque soudure", explique Jacky Catonio, co-fondateur de Beweis.
Lors de l'examen des soudures par radiographie, avant le lancement de la centrale ou lors des arrêts de maintenance, le code du scellé permet de s'assurer qu'elles ont bien toutes étaient faites. Lors des futures autres vérifications cela garanti que les résultats proviennent bien de la même soudure. Les données sont ensuite réunies et peuvent être partagées, ou pas, avec certains acteurs du projet. Le système permet également de créer un double numérique. "Nous faisons actuellement de la R&D pour numériser les films argentique", précise l'entrepreneur.
Ce type de dispositif a notamment tapé dans l'œil de l'autorité de sûreté nucléaire. Pour le projet Iter situé à Saint-Paul-Lez-Durance, elle souligne "les exigences d'utilisation de systèmes permettant de garantir la traçabilité des tests radiographiques, par exemple de scellés « anti contrefaçon »" afin de "prendre en compte le risque de pratiques frauduleuses". Pourtant, Jacky Catonio assure ne pas avoir de retour des acteurs français du nucléaire malgré "des tests et des démonstrations". Pour l'instant BE-tag, le nom du dispositif, ne représente que 20% des 600 000 euros de chiffre d'affaires de l'entreprise.
Rémi Baldy