Face à la baisse de ses ventes en ligne, In'Oya s'apprête à entrer chez Monoprix
Maëva Gardet-Pizzo
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In'Oya
DR
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La vente en ligne, In'Oya y a cru. Beaucoup. Et il y avait de quoi. Un chiffre d'affaire multiplié par cinq en 2020 et 2021 ; résultat d'une épidémie qui semble avoir durablement modifié les habitudes de consommation. C'est en tout cas ce sur quoi mise la PME provençale qui investit sur son site, embauchant notamment un analyste de la donnée.
Mais en 2022, un obstacle barre sa route : la chute des ventes en ligne. Moins 25 % par rapport à 2020-2021.
Il faut aussi affronter l'inflation, le remboursement des prêts garantis par l'État (PGE) qui ont permis de maintenir les emplois mais qui se sont mués en fardeau, empêchant In'Oya d'innover comme elle le souhaiterait. « L'année 2022 a été folklorique ! », ironise son fondateur Abd Haq Bengeloune. « Il était urgent de se poser pour analyser la situation ».
Un temps de réflexion qui lui apprend que les difficultés qu'il rencontre sont partagées par d'autres entreprises. Et pas des moindres. « Les sociétés qui, comme nous, avaient beaucoup investi dans le digital ont elles aussi connu une baisse de leurs résultats. Amazon a licencié 18.000 employés. Facebook et Google ont aussi été obligés de le faire. Les consommateurs ont retrouvé le chemin des magasins physiques », explique-t-il. « D'ailleurs, nos ventes en pharmacie ont augmenté ».
Un changement dont il faut en tirer profit. De sorte que la marque, jusqu'à présent très implantée dans les pharmacies - gage d'une certaine crédibilité -, choisit d'élargir ses canaux de distribution physique, pariant dans un premier temps sur la grande distribution.
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« Dès 2023, nous serons présents chez Monoprix ». Quelques magasins d'abord - une cinquantaine -, en région parisienne et dans plusieurs grandes villes de France. Avant, si l'expérience est concluante, d'en conquérir d'autres. « Si tout se passe bien, nous pourrions en rejoindre 250 ». L'intérêt : mieux toucher le public cible de l'entreprise, à savoir les femmes dont la peau est noire, mâte ou métissée. « Lorsqu'on étudie le marché, on se rend compte que moins de 10 % de notre cible achète ses cosmétiques en pharmacie. La plupart se fournit en fait dans la grande distribution. Il était donc important d'améliorer notre disponibilité physique pour ces personnes ». Disponibilité qui devrait à terme s'étendre à des chaînes de magasins spécialisés dans les cosmétiques. Des discussions sont en cours.
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