Comment Lemon Tri met la gestion des déchets au service de l'insertion... et du territoire
Maëva Gardet-Pizzo
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Il ne lui a fallu que quelques mois pour apprivoiser la presse à balle horizontale, cette imposante machine qui permet de compacter les déchets au bon format avant de les envoyer au recyclage. Cheveux frisés décoloré sur le dessus, Sarodibi a 19 ans. Originaire de Madagascar, il est arrivé en France en 2020 et a rejoint Lemon Tri sur recommandation de Pôle Emploi. Pour se familiariser au monde du travail français. Pour apprendre des compétences. « Ce n'est qu'un passage avant de trouver un vrai emploi, un CDI », a-t-il compris. « Mais ça me plaît beaucoup. Ce travail m'a sauvé la vie ».
Lemon Tri est une entreprise d'insertion par l'activité économique, à distinguer d'un chantier d'insertion qui accueille des publics plus en difficultés. « Nous sommes un tremplin pour des personnes éloignées de l'emploi », explique Guillaume Pellegrin, directeur de la structure marseillaise. Des personnes qui pourraient légalement rester deux années ici, comme cela se passe dans la plupart des entreprises d'insertion. Mais ici, on choisit de se séparer au bout de huit mois. Pas plus, pas moins. « Il y a quatre mois de découverte puis quatre autres de démarches pour trouver un emploi ». Aller vite, accompagner efficacement pour permettre à un maximum de personnes d'entrer et sortir. Voilà l'idée.
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A l'origine du projet, deux hommes : Augustin Jaclin et Emmanuel Bardin. Amis d'enfance, ils fondent Lemon Tri en 2011 après avoir achevé leurs études. Inspirés par des pays où la consigne reste présente, ils décident de donner du peps au recyclage en France et d'encourager la pratique du tri hors du domicile, les citoyens étant habitués à trier chez eux mais peu sur leur lieu de travail faute d'équipements pour le faire. Pour encourager ces nouvelles pratiques, ils mettent au point des machines qui donnent la part belle au jeu. Ils communiquent à grand renfort de jeux de mots, parodiant notamment des affiches de films -E.Tri, le Tritanic, le Loup de Wall Tri ...- pour rendre le tri plus attractif. Ce n'est qu'en 2016 que l'entreprise se lance dans l'insertion, portée par son succès commercial qui ne fera que se confirmer ensuite, y compris à Marseille où l'entreprise dispose depuis 2018 d'une antenne.
Maëva Gardet-Pizzo