La stratégie d'Agilenville pour développer la cyclo-logistique dans le Sud-Est de la France
Maëva Gardet-Pizzo
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En cinq ans, Agilenville s'est imposée comme le premier acteur de la cyclo-logistique en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, comptant 70 salariés.
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Premier acteur de la logistique à vélo en Provence-Alpes-Côte d'Azur, cette PME installée à Marseille, Lyon, Toulon et Nice s'est spécialisée dans la livraison de courses et de produits frais entre professionnels. Une activité qu'elle diversifie, travaillant désormais à la mise en place de petits hubs permettant de prendre le relais de livraisons en camion ou de massifier en un point des déchets issus du centre-ville afin qu'ils en soient extraits plus facilement. Une stratégie qui va de pair avec une politique de ressources humaines inclusive et une croissance "raisonnée".
Représentant 68% des émissions de gaz à effet de serre en France, les villes constituent un terreau propice aux politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Terreau qui devait notamment donner lieu à la mise en place de 45 zones à faibles émissions, zones à l'intérieur desquelles les véhicules les plus polluants devaient progressivement être bannis.
Ouvrant un marché significatif aux acteurs de la logistique à vélo.
Sauf que la mesure, imposée par l'État, n'a jamais vraiment été digérée. En cause, notamment, les injustices sociales qu'elle générait : les ménages les plus modestes n'ayant pas la possibilité d'investir dans un véhicule électrique, même avec des aides de plusieurs milliers d'euros.
Finalement, seules cinq villes - les plus polluées - seront concernées, à savoir Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg et Rouen. Pour Agilenville, premier acteur de la cyclo-logistique à Marseille, ce recul est évidemment un peu décevant. Mais son fondateur, Michaël Mahut, de nuancer : « Cela ne nous arrange évidemment pas mais nous n'avons pas attendu les ZFE pour nous développer. C'est le sens de l'Histoire que d'avoir moins de camions et de plus en plus de vélos en ville ».
Le sens de l'Histoire
Un sens de l'histoire que Michaël Mahut flaire dès 2018, alors qu'il travaille pour Carrefour. En charge de dossiers juridiques et financiers, il sent que la livraison de courses à domicile constitue un potentiel de développement important.
« Mais ce besoin était mal comblé car les camions partaient pour des tournées de trois heures, avec des créneaux clients très longs ». Et lui qui a envie d'avoir un impact environnemental et social songe à la livraison à vélo, moins polluante mais aussi plus agile et économique.
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En septembre 2018, il quitte Carrefour à l'occasion d'un plan de départ volontaire. Deux mois plus tard, il crée Agilenville, recrute quatre livreurs et réalise ses premières livraisons. Des livraisons de courses pour des clients qu'il connaît bien : des franchisés Carrefour.