Le handicap est encore mal intégré dans les entreprises dit Aktisea
Gaëlle Cloarec
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Selon l'Agefiph, en 2024, 3,1 millions de personnes sont reconnues en situation de handicap par l'administration. Soit 7,5% de la population active. Pourtant, on estime à plus de 20% le taux des actifs vivant avec un handicap. Parmi les cadres, seuls 2% le font reconnaître sur les 7% qui seraient en droit de le faire. Les raisons de ce silence sont nombreuses, entre la peur d'être stigmatisés ou freinés dans sa carrière. Elles sont aussi facilitées lorsque le handicap se fait discret. Car, le petit truc en plus d'Artus est invisible dans 80% cas. Handicaps psychiques, maladies invalidantes (asthme, allergies, diabète...), troubles musculosquelettiques ou DYS (dyslexie, dyspraxie...) : « En fait, on devrait changer le mot et plutôt parler de problèmes de santé de longue durée, avance Alban Grolleau. Cela colle plus à la réalité. »
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Le trentenaire sait de quoi il parle, lui qui travaille sur le sujet depuis 2012, date à laquelle il co-fonde Aktisea à Nice pour « démontrer que handicap et performance sont conciliables ». L'entreprise se positionne d'abord sur le segment du télémarketing mais se heurte à un mur de préjugés, au point de taire parfois son statut de société adaptée. A partir de 2015, l'occasion de bifurquer vers le recrutement et le traitement externalisée des candidatures, auxquels s'est ajouté depuis 2021 le conseil en inclusivité lui redonne de la cohérence. « En changeant d'activité, nous avons changé d'interlocuteurs et nous avons vite constaté que vendre une prestation à un RH, au courant du sujet, qui y voit de la pertinence, s'avérait beaucoup plus facile qu'à un commercial, souvent méfiant. » Quant à la méthode, elle reste la même, s'appuyant sur un management très gamifié qui embarque les 60 collaborateurs, dont 65% sont en situation de handicap. Le pivot est le bon. Une première expérience avec Thalès et un bouche-à-oreille positif placent la société dans les radars. Elle accompagne aujourd'hui de nombreux grands comptes, dont 80% des groupes du CAC40, et réalise un chiffre d'affaires de 3,2 millions d'euros, « en croissance de 35% chaque année depuis trois ans », revendique son dirigeant.
Gaëlle Cloarec