Marchés publics : les start-up fragilisées par l'instabilité politique
Maëva Gardet-Pizzo
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Terradona, spécialiste du tri intelligent, est menacée, mettant en danger une vingtaine d'emplois.
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Terradona, spécialiste du tri intelligent, est menacée, mettant en danger une vingtaine d'emplois.
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« Les pouvoirs publics n'imaginent pas les dégâts que provoquent leurs turpitudes sur les entreprises, surtout quand celles-ci dépendent des marchés publics », s'agace Mathieu Oliveri, directeur général de Terradona. « Après les Gilets jaunes, le Covid-19, la guerre en Ukraine, on espérait qu'en 2024 les politiques se mettraient en ordre de bataille. Mais non, on a une dissolution. Pas de gouvernement de juin à septembre. Puis cette motion de censure. Les collectivités locales n'osent plus investir ».
Fondée en 2013, Terradona a pour métier de récompenser le geste de tri au moyen de bons d'achat ou de réductions auprès d'un large réseau de partenaires locaux et nationaux. Pour cela, elle a développé avec un laboratoire de recherche du CEA un dispositif qui, installé sur les conteneurs, parvient à caractériser la matière pour évaluer la qualité du tri. L'enjeu est d'améliorer le tri, avec la promesse de réduire dépense des collectivités locales pour le traitement des ordures ménagères. Initiée dans le Pays de Grasse, près de Nice, la solution a essaimé partout en France, pour être désormais utilisée dans 45 intercommunalités.
Mais la situation politique actuelle rend difficile la signature de nouveaux marchés. Et les renouvellements ne sont pas épargnés, quand bien même l'entreprise propose à ses clients de garantir le retour sur investissement. « Si cette situation continue, il se pourrait que nous devions cesser notre activité en 2025 ». Une vingtaine d'emplois sont en jeu. Dix ont déjà été supprimés depuis un an. « On peut faire le dos rond pendant un an, deux éventuellement. Mais notre trésorerie a déjà souffert. Cette attente est mortifère pour nous ».
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« Alors que tout le monde a les yeux rivés sur le désordre politique actuel, les entreprises sont en souffrance, même les plus innovantes », s'inquiète Maxime Defous, directeur de l'incubateur inter-universitaire Impulse. « C'est encore plus marqué chez celles qui dépendent de la commande publique ». Et de citer en exemple la start-up H4D qui, liquidée en octobre dernier, a dû fermer ses cabines de téléconsultation. Il regrette que dans la « Start-up Nation tant prônée par le Président de la République», l'innovation ne soit pas davantage soutenue.
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