Givaudan réinvestit à Grasse… et dans les ingrédients naturels
Gaëlle Cloarec
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Chassez le naturel, il revient au galop. A Grasse, ce proverbe vaut mille discours tant il reflète son histoire des trois dernières décennies. L'annonce en ce début d'année de Givaudan, leader mondial des arômes et parfums, qui y renforce son ancrage en créant un centre d'excellence mondial dédié aux ingrédients naturels baptisé Campus 52, vient l'illustrer une nouvelle fois. Car cet investissement d'envergure, dont le montant n'a pas été précisé, signe un retour aux sources pour le géant suisse, né il y a 250 ans sur ces terres fertiles du Sud qu'une affaire de gants malodorants avait transformé, au XVIIe siècle, en berceau historique de la parfumerie. Mais la roue tourne... Et le XXe siècle, avec l'explosion des produits de synthèse, la concurrence des productions agricoles lointaines, moins chères en main-d'œuvre, sans omettre l'urbanisation galopante, ont bien failli avoir raison de cette filière multi-centenaire. Aux 5.000 tonnes de fleurs à parfums produites annuellement dans les années 1940, ne reste plus qu'une centaine de tonnes, toutes fleurs confondues, au début des années 2000. Logiquement, les industriels et transformateurs suivent le mouvement et désertent peu à peu les flancs de la ville. Le groupe Givaudan, lui, tire sa révérence au milieu des années 90.
Gaëlle Cloarec