Industrie : spécialiste de la peinture bas carbone, Ecoat confirme ses positions aux Etats-Unis et en Chine
Laurence Bottero avec Gaëlle Cloarec
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Ecoat poursuit sa stratégie de développemet aux Etats-Unis, malgré la menace de la hausse des droits de douane et la guerre commerciale qui en découle.
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La deeptech déploie des peintures à base de polymères biosourcés, ciblant le marché de l’industrie, du bois et du bâtiment. Présente notamment en Asie et Outre-Atlantique, elle confirme poursuivre son déploiement sur ces deux marchés, aux dynamiques très diverses, malgré la guerre commerciale qui perturbe l’économie mondiale.
La levée de fonds pour un montant de 21 millions d'euros en série B qu'elle a conclu voici quelques semaines vient conforter son approche marché et ce malgré un contexte de recul sur la CSRD notamment, qui pourrait faire penser que les enjeux de décarbonation sont moins prégnants. Mais Ecoat analyse le contexte bien différemment. Depuis 2011, la deeptech installée à Grasse développe une technologie qui permet de remplacer les matières premières fossiles - responsables de 50% de l'émission de CO2 des revêtements - par des polymères biosourcés, ce qui lui permet de produire des peintures à basse empreinte carbone.
Ses clients étant les grands groupes, l'entreprise, présente sur les marchés de l'industrie, du bois et du bâtiment, est très vite partie sur les marchés internationaux, souvent en accompagnement de filiales de ces grands industriels. En 2016, c'est en Chine qu'elle met un pied, créant un joint-venture avec un groupe chinois. L'aventure dure trois ans avant que les chemins des deux entités finissent par se séparer et qu'Ecoat continue l'aventure chinoise seule.
Les Etats-Unis, toujours une priorité
En parallèle, les Etats-Unis sont rapidement devenus un relais de croissance, l'entreprise française y réalisant 10% de son chiffre d'affaires et étant plus largement, présente, grâce à son réseau de distribution, sur tous les continents.
Le tour de table conclu a précisément pour objectif de financer le déploiement à l'international. Et s'il a été officialisé dans un contexte de début de guerre commerciale avec les Etats-Unis, il est aussi le signe que c'est un conflit qu'Ecoat ne redoute pas.
Ce que confirme son dirigeant. « En Europe, les entreprises sont sensibilisées à la décarbonation. Mais moins de 5% des entreprises ont entamé cette transition. Aux Etats-Unis, la proportion de la population inquiète des évolutions climatiques et environnementales est en augmentation ». Et c'est elle, affirme le président Olivier Choulet qui va peser sur les choix de décarbonation des industriels. Lesquels, à leur tour, entraînent leurs fournisseurs, créant une sorte de cercle vertueux. « Si nos ventes seront immédiatement affectées par l'augmentation des droits de douane, ce n'est pas le cas de nos décisions stratégiques. Nous sommes sur du temps long, nos cycles de vente durent généralement trois ans. Cela nous laisse du temps », explique encore Olivier Choulet. Qui lors de l'annonce de la hausse de la taxation douanière par Donald Trump a tout de même poursuivi la livraison de deux commandes aux Etats-Unis - « le résultat de deux ans de travail » - prêt à absorber la hausse imposée, « quitte à vendre sans marge ». D'autant que les concurrents d'Ecoat fabriquent eux-mêmes très peu sur place, ce qui a pour effet de ne favoriser aucun acteur.
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