Menta monte en puissance. Spécialisée dans la reprogrammation de puces embarquées, la deeptech basée à Sophia Antipolis annonce la conclusion d'un accord de licence pluriannuel avec le fabricant de semi-conducteurs japonais Renesas portant sur sa technologie eFPGA. Un contrat présenté comme significatif qui permet à Menta de renforcer sa position sur le segment des circuits intégrés de type FPGA (Field Progammable Gate Array). Ceux-ci présentent l'avantage d'être reconfigurables, après fabrication, afin de répondre aux exigences spécifiques de chaque cas d'utilisation. Un marché évalué selon un rapport de Mordor Intelligence à 6,9 milliards de dollars en 2024, et qui devrait doubler dans les cinq prochaines années, porté notamment par le déploiement et le besoin en performance des centres de calcul.
Seule une poignée d'acteurs dans le monde est capable de produire ce type de circuits intégrés. Tous sont extra-européens. Excepté Menta. « Nous sommes à la croisée des besoins de la microélectronique », avance Vincent Markus, président de l'entreprise née en 2007, spin-off du Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM). Son domaine d'expertise : la fonction FPGA donc, qu'elle est en mesure d'embarquer (eFPGA), lui conférant ainsi plus de flexibilité, de vitesse et de fiabilité. Le temps de mise sur le marché des produits s'en trouve accéléré, le réajustement des fonctionnalités simplifié, la consommation d'énergie grandement diminuée. Surtout, « la qualité intrinsèque d'un FPGA tient en sa capacité à faire du calcul parallèle, d'où l'intérêt fort des secteurs de la cybersécurité et de la cryptologie pour cette technologie, explique le dirigeant. En l'embarquant, nous augmentons encore la puissance de calcul de la puce. » A l'ère de l'IA, on devine l'intérêt d'une telle valeur ajoutée.
« Nous sommes au début de l'histoire. Les différents contrats signés cette année actent le démarrage de ce marché de l'e-FPGA », reprend Vincent Markus. Qui revendique « un portefeuille de prospects de plus de 50 millions d'euros » et « des discussions bien avancées avec deux fabricants du top 10 des semi-conducteurs ». L'entreprise est également engagée dans différents projets de recherche d'envergure, à l'image du programme Mosaics (Modular Scalable AI Component) qui développe aux côtés du CEA-List un interposeur universel permettant de connecter entre elles la plus grande partie des puces (chiplets) produites dans le monde. Il est soutenu par France 2030 à hauteur de 8,3 millions d'euros au total via l'appel à projet « IA embarquée ». De quoi armer l'entreprise, qui table sur un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros en 2025 et entend porter son effectif de 28 à 40 collaborateurs, dans sa quête de fonds.